L'enfant de février, Alan Parks, Rivages.


A Glasgow, le 10 février 1973, le corps mutilé de Charlie Jakson, étoile montante du football professionnel, est retrouvé sur le toit d'un immeuble en construction. En outre, on peut lire "bye bye" sur son torse. L'oeuvre d'un dingue ? Pourquoi pas, mais la balle qui lui a traversé le crâne fait penser à une exécution. Le jeune homme devait épouser Elaine, la fille de Jake Scobie, un gros bonnet du trafic de drogue. Et le meurtre a peut-être pour  mobile la jalousie, car le bras droit du caïd en pinçait pour Elaine.
Dans une Glasgow pluvieuse et plus noire que jamais, l'inspecteur Harry Mc Coy et son adjoint Wattie vont avoir fort à faire pour atteindre une vérité qui semble sans cesse se dérober.

Traduction : Olivier Deparis



Deuxième enquête de l'inspecteur Mc Coy de Glasgow, deux ans après l'étonnant et percutant "Janvier noir", "L'enfant de février" débute trois semaines après les événements de janvier 1973. Nous sommes donc au début de février et Mc Coy, après s'être fait salement malmené dans la première enquête, est appelé sur le lieu d'un crime. Il a bénéficié de 3 semaines de congé, rien de trop pour se remettre autant physiquement que psychologiquement.

Mc Coy, fan de football, est donc appelé à enquêter sur le meurtre d'un jeune footballeur professionnel. Meurtre sordide et violent. Digne des grands serial killer américains. Il va alors devoir à nouveau se frotter à la pègre locale car la victime n'était autre que le fiancé de la fille du caïd du coin. Pratique.

Tout comme pour "Janvier noir", ce nouveau roman de Alan Parks reprend la même trame et les mêmes personnages. On retrouve le chef Murray, l'adjoint Wattie, Susan et bien sûr Cooper. Cooper le trafiquant de drogue, proxénète, violent mais malgré tout attachant.
Il vaut donc avoir lu le premier roman avant de se plonger dans celui-ci. Il ne s'agit pas d'une suite mais bien d'une enquête différente. Cependant, l'auteur fait beaucoup référence à "Janvier noir", il creuse aussi davantage ses personnages. Il entretient encore plus la relation entre Cooper et Mc Coy, ce qui faisait déjà la force de la première enquête. On en apprend encore plus sur l'enfance et l'adolescence de Mc Coy et ce qui lie vraiment les deux hommes.

Mc Coy picole toujours autant. Il s'enfile pinte sur pinte et entre deux bières parfois il avale un whisky. Il ne dédaigne pas non plus une ligne de coke ou un gros joint. Qu'il partage avec Steeve ou Susan, toujours à écrire sa thèse. La seule chose qu'il se refuse à faire, c'est s'injecter de l'héroïne dans le sang.

"L'enfant de février" est donc un polar bien noir, bien poisseux. Alan Parks traîne ses personnages dans des lieux sordides, glauques. On trouve dans les pubs des types peu fréquentables qui ne pensent qu'à cogner, à trafiquer et à étendre leur territoire dans Glasgow.

Pourtant, la lecture est plaisant. Les dialogues sont bien menés et on y trouve beaucoup d'humour. Le duo Wattie-Mc Coy fonctionne bien, les deux policiers adorent s'asticoter et même si Mc Coy paraît bourru avec son jeune apprenti, on sent bien qu'il l'apprécie.
De même avec le chef Murray qui n'hésite pas à bousculer Mc Coy mais qui finalement l'écoute, lui paie des pintes pendant le boulot et cherche toujours à le protéger même quand il fait les pires bêtises.

"L'enfant de février", vous l'aurez compris m'a bien happé. J'ai été complètement passionné par cette lecture, son intrigue et ses personnages torturés. Il a fallu deux ans pour avoir la suite de "Janvier noir". Espérons que le prochain arrive plus vite car Alan Parks est un auteur sur qui on va bien compter dans le paysage du roman policier.

Je remercie vivement les éditions Rivages pour cette découverte.

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