vendredi 10 mai 2019

Wendy et la boîte à boutons, Stephen King, Richard Chizmar, Le livre de poche.


Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés. Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise. Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs.
La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n'a-t-il pas sa contrepartie ?
J’adore cette histoire.    J. J. Abrams.
Une nouvelle captivante par le grand maître de l’horreur.  Publishers Weekly.
Édition illustrée dont 4 illustrations inédites.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Pagel.




Avant Elevation, chronique juste avant, Le livre de poche publiait un autre court roman de Stephen King en collaboration avec Richard Chizmar : Wendy et la boîte à boutons. 
Recherche rapide : Chizmar est le fondateur d'une revue qui publie des nouvelles d'horreur dont celles de Stephen King et de Dean R Koontz. Rien que ça ! 

mercredi 24 avril 2019

Elevation, Stephen King, Le livre de poche.


Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ?
Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.
Un roman joyeux, exaltant et teinté de tristesse. Entertainment Weekly.
Édition illustrée.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Pagel.
  

Scott devient de plus en plus léger. Chaque jour, il se pèse et s'aperçoit qu'il perd du poids. Il se sent bien, très bien même. Dans la ville fétiche de Stephen King, Castle Rock, cet homme ne sait pas ce qu'il lui arrive. Mais cela n'a pas l'air de l'angoisser. Il vit la chose simplement.
Parallèlement, il va se lier d'amitié avec ses voisines, couple fraîchement arrivé en ville, qui tiennent un restaurant qui marche mal. En cause, leur homosexualité. Scott va alors entreprendre de les aider.
Mais lui-même ? Seront-elles capables de lui donner un coup de main ?

Ce (trop) court roman est sorti directement au Livre de Poche et est dédicacé à Richard Matheson. On comprend très bien pourquoi au fur et à mesure de la lecture. En effet, Elevation peut être vu comme un hommage à cet auteur et son fameux "L'homme qui rétrécit" publié en 1956 et qui raconte l'histoire d'un homme, exposé à une brume radioactive, qui constate après cet événement qu'il perd du poids et qu'il rétrécit inexorablement. L'hommage est évident ici.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Stephen King évoque Richard Matheson qui est l'un de ses auteurs favoris et en qui il a puisé son inspiration.
En 2015, King et son fils Joe Hill lui ont rendu hommage à travers un court roman "Plein Gaz" qui reprenait la trame du célèbre "Duel" adapté au cinéma par Spielberg.

J'ai beaucoup aimé ce livre car il est frais, parle de valeurs humaines, comme la solidarité et l'amitié, et on n'y trouve aucune violence ni animosité. C'est sympathique et un peu triste à la fois. De quoi passer un bon petit moment.

vendredi 12 avril 2019

Ceux que nous avons abandonnés, Stuart Neville, Rivages/Noir


Ceux que nous avons abandonnés

Stuart Neville


Fabienne Duvigneau (Traducteur)
Ciaran Devine avait 12 ans quand il avait avoué le meurtre de son beau-père. A l’époque, le sergent Serena Flanagan avait recueilli sa confession après avoir gagné sa confiance. Sept ans plus tard, Ciaran retrouve la liberté mais Paula, l’officier de probation chargée de lui, soupçonne que toute la vérité n’a pas été révélée dans cette affaire. Ciaran était jeune et influençable. Lorsque Paula fait part de ses doutes à Serena Flanagan, c’est le début d’une remontée dans un passé enfoui qui n’a pas fini de blesser tous les protagonistes de ce drame…


Je n'avais encore jamais lu de roman de l'Irlandais Stuart Neville et autant dissiper tout suspens dès le début, plongez-vous sans hésiter dans "Ceux que nous avons abandonnés".
Le récit m'a tout de suite fait penser au roman de Jonathan Trigell, Jeux d'enfants (Boy A), paru chez Gallimard en 2004. Le point commun : des enfants meurtriers qui vont purger une peine de prison et dont on va suivre le chemin après leur libération. Si dans le livre de Trigell, "on a tous droit à une seconde chance",  ici ce qui prime c'est la recherche de la vérité. Car l'agent de probation Cunningham et l'inspectrice chef Flanagan sont persuadées que Ciaran s'est accusé du meurtre pour protéger son grand frère. Les trois quart du roman sont plutôt axés sur la relation entre les deux frères, sur leur personnalité ainsi que sur l'enquête des deux femmes.
Dans la dernière partie, tout s'accélère. On est dans le thriller. Du suspens, de l'action et des rebondissements. Et bien sûr, Stuart Neville nous tient en haleine jusqu'au bout.
Côté écriture, c'est fluide. Les paragraphes bien structurés sont courts, ce qui nous retient en haleine.
Le zoom sur les personnages est également très intéressant. Les deux femmes, protagonistes principales, ont un passé douloureux. Cunningham est hantée par une ancienne histoire d'amour, vit avec le fantôme de son ex-compagne dans sa maison, seule avec son chien.
Flannagan est plus écorchée. Mentalement mais aussi physiquement. Elle se remet d'un cancer du sein, reprend du service après des mois d'arrêt. Les relations avec son mari sont tendues. Il faut réapprendre à vivre, et avec ce nouveau corps dont les mutilations ne laissent aucun répit. Donc, Flannagan n'est pas forcément drôle, on la comprend, ni délicate. Elle fonce dans le tas même si cela doit mettre sa carrière en péril.

J'ai beaucoup aimé ce roman, très humain, terrifiant. Les deux frères sont aussi énigmatiques l'un que l'autre. On ne sait jamais vraiment qui ment, qui dit la vérité. Roman noir, thriller, polar, humaniste : Ceux que nous avons abandonnés est tout ça à la fois. Un vrai tour de force !
Ce roman est à découvrir aux éditions Rivages/noir, que je remercie et particulièrement Audrey. 



dimanche 31 mars 2019

Annabelle, Lina Bengtsdotter, Marabout édition, Black lab.



Présentation de l'éditeur : 

En quittant Gullspång à l'âge de 14 ans, Charlie Lager s'était juré de ne plus jamais y retourner. Mais cette petite ville perdue au coeur de la Suède, où chômage et alcool ont peu à peu érodé tout espoir d'un avenir meilleur, est aujourd'hui sous le feu des projecteurs.
Annabelle, 17 ans, a disparu au cours d'une fête à laquelle elle avait pourtant interdiction de participer. Cela fait quatre jours qu'elle n'a plus donné signe de vie.  

Devenue inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, Charlie est envoyée sur place pour enquêter. Fugue, enlèvement, suicide, meutre ? Toutes les hypothèses sont permises. Toutefois une chose est sûre : pour retrouver Annabelle, Charlie devra combattre ses vieux démons et déterrer ce qu'elle avait mis tant d'années à enfouir au plus profond d'elle-même.

Roman traduit du suédois par Anna Gibson





Ce mois ci, après Berlin (Le colis), après Le Havre (une année de cendres), après New York (Manhattan Chaos) et Paris (Snap Killer), bonjour la Scandinavie, me voici aujourd'hui en Suède. Annabelle est le titre d'un film d'horreur bien connu. Mais ici, point de poupée maléfique. Point de débordements d'hémoglobine mais une enquête forte et puissante. 
Une jeune fille de 17 ans, Annabelle, a disparu dans un bled paumé au fond de la Suède. Un bled qui n'intéresse personne, tout juste ses habitants. Qui survivent entre alcool et drogue. Une communauté renfermée sur elle-même comme peuvent l'être tous ces petits villages isolés. 
Qu'est-ce qui a bien pu arriver à Annabelle ? Sans doute un étranger serait-il à l'origine de sa disparition. Il ne peut pas en être autrement. Ce n'est sûrement pas quelqu'un du village. Tout le monde se connait ici. Personne ne peut faire du mal à l'un de ses concitoyens. 
Charlie Lager est dépêchée sur les lieux. Flic à Stockholm, elle est originaire de ce village, qu'elle a quitté très jeune, 13 ans. C'est donc avec réticence et inquiétude et flanqué d'Anders, son coéquipier, qu'elle va rejoindre le village. A la manière de Orwell dans son méconnu "Un peu d'air frais", livre que je trouve somptueux, Charlie va recoller avec ses souvenirs d'enfance, pas forcément tous très bons, renouer des liens avec des amitiés perdues. Et notamment Suzanne, caricature de femme au foyer, avec des gosses insupportables qui ne lui laissent aucune liberté ni moment de répit. 
Charlie qui se bat avec un alcoolisme fort et une forte envie de profiter des hommes uniquement pour le sexe, le reste, elle s'en contrefiche. 
Et puis, il y a deux autres récit en filigrane. On suit aussi Annabelle, la fameuse journée où elle a disparu. On est dans ses traces, on vit avec elle. 
Le deuxième récit se déroule des décennies plus tôt. Avec Rosa et Alice, deux jeunes filles intrépides, livrées à elles-mêmes. Jusqu'au drame. On ne sait pas qui elles sont vraiment. Mais dans les dernières pages, l'auteur nous livre un dénouement inattendu. 
Annabelle, c'est bien sûr l'histoire d'une disparition de jeune fille. C'est aussi, la description d'une communauté et parmi elles, d'une femme hantée par son histoire, son enfance, ses drames. Charlie. Ecartelée entre son enquête et son village. Entre ses fantômes d'enfant et les ombres qui tournent autour d'elle. Pourtant, elle ne voulait pas venir, surtout pas. Betty, sa mère, la hante tellement. Mais elle sent que pour tourner la page, elle doit s'y confronter. 

Parfois, des auteurs placent leurs romans dans un pays, dans une ville particulière. Mais on pourrait en changer que ça toucherait en rien le récit. Ce que je trouve dommage, d'ailleurs. Quand on évoque un lieu, il faut en parler comme s'il faisait partie du récit. Je suis allé en vacances pendant un mois en Suède il y a quelques années. Et j'ai bien apprécié les éléments que l'auteur distille au fil du texte et qui font réellement partie des traditions et du décor suédois : le jour qui ne finit pas à certaines saisons, les chaussures qu'on enlève avant de rentrer dans une maison... tous ces détails ajoutent une touche exotique que j'ai bien aimé. 
La traduction y est aussi pour beaucoup. C'est fluide et intelligent. 

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment accroché avec "Annabelle". Disponible aux éditions Marabout. 
Merci encore à Nadia de me l'avoir fait découvrir. 

samedi 30 mars 2019

Snap Killer, Sylvie Allouche, Syros éditions.


La fascinante commissaire Clara di Lazio (Stabat Murder) est l’héroïne du nouveau roman de Sylvie Allouche. Un roman ADDICTIF à très fort potentiel.  
Un élève de terminale est retrouvé mort un dimanche à l’aube, pendu par les pieds à une branche de platane, au milieu de la cour de son lycée. 980 élèves suspects, sans compter le directeur, les profs et le reste du personnel, l’enquête s’annonce complexe. Pourquoi le meurtrier a-t-il pris le risque fou de cette mise en scène ? Y a-t-il un lien entre ce meurtre et le suicide d’une élève de seconde, victime d’un harcèlement brutal sur les réseaux sociaux quelques mois plus tôt ? Pour la commissaire Clara Di Lazio et son équipe, aucun indice ni aucune piste ne sont à négliger.



Le nouveau roman de Sylvie Allouche est disponible aux éditions Syros depuis le 13 mars. Dans Snap Killer, un an après Stabat Murder, nous retrouvons Clara Di Lazio, notre commissaire au caractère bien trempé, dans une enquête qui va la malmener.
Un jeune est retrouvé pendu dans la cour de son lycée. Tous les élèves deviennent suspects, certains membres du personnel le sont également.  L'enquête s'annonce difficile et laborieuse. Les différents protagonistes sont troublants, parfois louches, d'autres antipathiques. Pour Clara et son équipe, il va falloir jouer fin pour démêler l'écheveau sous fond de harcèlement et je dirais même de cyber-harcèlement.
Roman destiné à un public "Young adults", il peut bien sûr être lu par tous. L'écriture est fluide et simple sans être simpliste. C'est bien écrit, c'est clair. Les chapitres sont courts et la construction du roman est solide.
Le sujet abordé ici, le harcèlement, est sensible, brûlant. Bien sûr, il y a toujours eu du harcèlement entre jeunes mais avec le développement des nouvelles technologies, d' Internet, des réseaux sociaux, celui-ci est continuel, ne s'arrête jamais, n'offre pas la possibilité aux victimes de bénéficier d'un SAS de décompression. De plus, il ne s'agit plus d'une affaire entre un bourreau et sa victime et une poignée de témoins. L'utilisation des réseaux sociaux en fait que des milliers de témoins, voire de complices, peuvent connaître les faits. Et tout se propage très vite.
Le dispositif décrit dans le livre (Sylvie Allouche fait référence à Sentinelles et référents) existe bien. Travaillant dans un établissement scolaire, je l'ai vu en pratique. Ce dispositif, bien qu'il ne m'ait pas tout à fait conquis pour des raisons qui me sont propres, est essentiel pour les victimes, pour parler de ce phénomène qui fait des ravages. Phénomène que l'on cantonne trop à l'école. C'est pour cette raison que je n'aime pas l'expression "harcèlement scolaire". On n'est plus seulement à l'école. Ce n'est pas une responsabilité que seuls les enseignants doivent porter. C'est un phénomène de société où tout le monde peut agir : les parents tout d'abord, les responsables des réseaux sociaux, les services de police, les politiques...

Le personnage principal, Clara, va être bousculée pendant cette enquête. Son passé va lui revenir comme un boomerang, ajoutant du piment à ce récit.

Bref, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce roman que j'ai dévoré.
Je remercie Manon et les éditions Syros pour cette découverte.
Et si jamais Sylvie Allouche lit ses lignes, qu'elle sache qu'elle serait bienvenue dans mon établissement pour parler de son livre.

jeudi 21 mars 2019

Une année de cendres, Philippe Huet, Rivages.


Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Guerini règnent sur la pègre marseillaise. Mais les ambitions des parrains corses ne s'arrêtent pas à la cité phocéenne. Ils envoient deux émissaires au Havre, qui apparaît comme le nouvel Eldorado du crime en cette période trouble de la reconstruction.
Trente ans plus tard, en 1976, les deux parrains Ange et Baptiste ont réussi mais ils sont un peu fatigués. Et surtout, ils sont menacés sur leur territoire par la bande des "Libanais". Il faut réagir et compromettre définitivement les concurrents. Ils trouvent une méthode originale qui va dégénérer en un sac d'embrouilles auxquelles se retrouve mêlés Bernard, un retraité teigneux, et Gus, un jeune journaliste qui a la passion de l'enquête dans le sang... Sans compter la police qui n'a pas complètement disparu du paysage. 





Mon premier Huet. J'ai déjà, bien sûr, entendu parler de cet auteur mais je n'avais jamais encore eu l'occasion de le lire. Avec "Une année de cendres", c'est chose faite et je découvre un auteur talentueux (Grand prix de littérature policière en 1995 pour la Main Morte).
Le récit commence sitôt la seconde guerre mondiale terminée. Des mafieux corses perçoivent tout le potentiel du Havre, en pleine reconstruction, dont le port se tournera vers les Etats-Unis. Ils ont le nez creux les corses ! 

Donc nos deux compères, Ange et Baptiste, ont construit un petit empire dans le port du Havre. Trente ans plus tard, ils sont toujours là. Mais il faut évoluer. La concurrence est proche, met la pression, pousse les vieux à la faute. Derrière les big boss corses tirent les ficelles. Alors, il y a des magouilles et des coups foireux. Comme cet assassinat et ce moribond placé dans une caisse, avec des dollars de et de la blanche qu'un pêcheur va voler.

Il a mis le bazar, le pêcheur. Bien mal lui a pris. Il va se trouver au coeur d'une lutte de pouvoir, de territoire.

Dans "Une année de cendres", Philippe Huet s'éclate. Les personnages sont truculents. Drôles, touchants, énervants parfois. Une belle galerie de personnages à commencer par Toussaint Cozzoli, corse lui aussi mais flic. Désabusé, se sent nul, mauvais. Déjà, à même pas trente ans.
Et puis, son copain le journaliste, Gus. Tenace. A la recherche du scoop.
Et puis, on a le couple improbable Raoul et Nanar, pas piqués des vers ceux-là.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman qui évoque aussi la French connexion, un pan de l'histoire d'après-guerre que je ne connaissais pas vraiment. Philippe Huet manie son texte en distillant des doses d'humour et de suspens.

Un roman à découvrir aux éditions Rivages, que je remercie pour cette découverte. 


 

Christine, Stephen King, Albin Michel.


Christine est belle, racée, séduisante.
Elle aime les sensations fortes, les virées nocturnes et le rock n'roll des années héroïques. Depuis qu'elle connaît Arnie, elle est amoureuse. Signe particulier : Christine est une Plymouth « Fury », sortie en 1958 des ateliers automobiles de Detroit.
Une seule rivale en travers de sa route : Leigh, la petite amie d'Arnie…
Ce roman légendaire de Stephen King, rythmé par la musique de Chuck Berry et de Janis Joplin, a déjà pris place parmi les classiques de l'épouvante.





Christine a été publié en 1983 et raconte une histoire d'amour, que dis-je de possession entre Arnie Cunningham, étudiant sans problème et sa voiture, Christine, une Plymouth cabossée. Dès qu'il l'a voit, il a un véritable coup de foudre et va tout faire pour la retaper et lui rendre sa beauté dès premiers jours. Plus rien ne va alors compter pour Arnie qui peu à peu, va s'éloigner de ses amis. car Christine est jalouse. Christine est exclusive. Et Christine est dangereuse. Elle peut tuer les personnes qui se mettent entre elle et Arnie. 
Arnie est possédé, ne jure que par sa voiture, s'engueule avec ses parents, avec son meilleur ami Dennis, avec sa petite amie Leigh, délaisse ses études. C'est l'occasion aussi pour Stephen King d'évoquer ce genre de soumission dans un registre qu'il connaît bien : l'horreur. Pour son huitième roman, le héros principal est une auto. Mais quelle auto ! 

Le roman se dévore, se lit d'une traite. La lente descente d'Arnie aux enfers est passionnante. La tension monte crescendo jusqu'à un final épique. 
Un roman qui commence à dater mais qui a très bien vieilli. Il est servi par une musique vraiment sympa qui a fait l'histoire des Etats-Unis. C'est très rock and roll. 

Le film qui en a été adapté est également très convaincant. Les acteurs sont vraiment crédibles. On ressent bien aussi toute la tension qui se joue entre les différents protagonistes. 
Un livre et un film à (re)découvrir. 

mardi 19 mars 2019

Manhattan Chaos, Michaël Mention, Editions 10/18.


New York, 13 juillet 1977. 
Un black-out total paralyse Manhattan et fait basculer la vie de Miles Davis.
New-York, 1977.
 L’été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Son of Sam rôde dans les rues.
 Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s’enlise dans la dépression. Mais nous sommes le 13 juillet, et tout va basculer. Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d’habitants sont alors plongés dans l’obscurité : c’est le black-out et la panique s’empare de la ville. Forcé de sortir, Miles va errer dans les rues prises d’assaut par la foule et entamer un trip halluciné qui lui fera revivre certains des épisodes les plus marquants, les plus tragiques, de l’histoire de la grosse pomme.



13 juillet 1977, canicule à New York. Un orage provoque une panne d'électricité dans toute la ville qui va durer 24 heures. La population va se retrouver dans la rue, partager la nourriture réfrigérée pour ne pas la perdre, faire la fête. Mais dans le quartier pauvre du Bronx, c'est l'apocalypse. Pillages, criminalité, vols, agressions. C'est dans ce contexte que Michaël Mention plante le décor de son nouveau livre mi-roman mi-documentaire. Le personnage principal n'est autre que la star du jazz : Miles Davis.  

Personnage que je ne connais pas vraiment, n'étant pas du tout fan de ce style de musique. Le portrait qu'en fait Michaël Mention est celui d'un homme en proie à des délires, un drogué en manque, bourré d'hallucinations, une ancienne star qui n'a plus touché à son instrument (la trompette) depuis plusieurs années. 

L'auteur du "Fils de Sam" (Ring éditions) ou encore de "Jeudi noir" (Ombres noires éditions) trimballe son anti-héros à travers la ville mais aussi à travers différentes époques charnières dans l'Histoire. A la recherche de sa dose, Miles Davis va être ainsi malmené par un certain John qui agit sur lui comme une machine à remonter le temps. Il va ainsi le mettre en difficulté face à des racistes primaires, des membres du Ku Klux Klan, des fans endiablés et bien d'autres personnages bien trempés. 

Le chaos de 1977 devient alors un prétexte pour revisiter l'histoire de New York et le jazzman un protagoniste bien malgré lui.
Comme à son habitude, Michaël Mention écrit sur un rythme endiablé, saute d'un paragraphe à un autre en usant de ponctuation, ce qui peut lasser par moment mais c'est pour mieux servir le texte. C'est aussi son identité. On le reconnaît immédiatement. 

Etant fan de l'auteur, je ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé. Oui, partir du black out de 1977 pour tisser une intrigue autour de Miles Davis, c'est une bonne idée. Oui, les bonds dans le passé pour raconter l'histoire de la ville, comment elle s'est construite sur des luttes ouvrières, raciales... Oui aussi aux multiples références musicales. 
En revanche, j'ai eu du mal à bien appréhender le texte que j'ai trouvé un peu too much par moments. Je regrette vraiment de le dire car j'apprécie Michaël Mention et je respecte son travail. Mais j'ai éprouvé quelques difficultés avec la construction de ce roman. 

Mais bon, ce n'est qu'un détail car il serait dommage de passer à côté de ce boulet de canon ! 

Je remercie vivement Michaël Mention pour la dédicace et les éditions 10/18.

lundi 18 mars 2019

Le colis, Sébastian Fitzek, Editions l'Archipel



Le nouveau thriller du n°1 des ventes de thrillers en Allemagne

Psychiatre, Emma Stein a été victime d’une agression nocturne dont elle s’est miraculeusement sortie. Depuis, elle vit recluse dans sa maison, de peur de croiser à nouveau la route de ce psychopathe que la presse a surnommé le Coiffeur
Un jour, son facteur lui demande d’accepter un colis pour l’un de ses voisins. Emma connaît tous ceux qui habitent dans sa rue. Or, jamais elle n’a entendu parler de cet homme…
« Fitzek excelle à balayer toutes les certitudes
et les hypothèses de ses lecteurs. »
Kölner Stadt-Anzeiger
« Un livre aussi surprenant que diabolique. » 
Freundin
« Sebastian Fitzek n’a pas prévu de vous laisser dormir. »Donna



Emma Stein est une psychiatre plutôt controversé. Lors d'un colloque délicat, elle est agressée dans sa chambre d'hôtel. Commence alors une longue descente aux enfers. Entre mensonges et fausses vérités, la jeune femme va s'enfermer chez elle jusqu'à devenir agoraphobe. Quand elle reçoit la visite de son facteur qui lui remet un colis à transmettre à un voisin qu'elle ne connaît pas, sa descente va devenir vertigineuse. 
Son mari, profileur reconnu dans le pays entier, va tenter de lui venir en aide. Mais est-il le mieux placé ? 
Sébastian Fitzek nous a habitué à nous livrer des thrillers tortueux. Son nouveau roman "le colis" n'échappe à la règle : une intrigue labyrinthique, plusieurs suspects potentiels, une action à chaque chapitre qui tient en haleine et capte le lecteur, des certitudes qui s'effritent... mais aussi parfois, des ficelles un peu dures à avaler. Et pourtant, cela fonctionne plutôt bien. 

J'ai été capté par l'intrigue dès les premières pages pour ne plus lâcher ce roman jusqu'à la fin. Bien sûr, à plusieurs reprises j'ai cru trouver le coupable et le mobile mais à chaque fois, je me suis trompé. 

L'écriture de Fitzek est plaisante et sobre. On se laisse embarquer même si certaines scènes sont invraisemblables. On adhère. On a l'impression d'être dans un film, on sait que c'est parfois "too much" mais ce n'est pas grave. On est bon spectateur, en l'occurrence ici : bon lecteur.

Le livre est découpé en chapitres courts, ce qui en facilite la lecture. L'auteur allemand a une  bonne recette, il la garde et nous en fait profiter. Il n'a pas son pareil pour nous gratifier de nombreux "Cliffhanger", ces scènes qui nous laissent un rebondissement tel que l'on est obligé de tourner la page. C'est addictif. 

Le colis est vraiment un bon moment de lecture, c'est passionnant, effrayant par moments, émouvant à d'autres. J'ai sursauté à plusieurs reprises tellement j'ai été happé par cette histoire de colis qui prend une tournure étonnante. 
Mais je n'en dirai pas plus, Le colis est à découvrir d'urgence aux éditions de l'Archipel (que je remercie vivement).


mardi 5 mars 2019

Animal, Sandrine Collette, Editions Denoël.


Humain, animal, pour survivre ils iront au bout d’eux-mêmes. Un roman sauvage et puissant. 

Dans l’obscurité dense de la forêt népalaise, Mara découvre deux très jeunes enfants ligotés à un arbre. Elle sait qu’elle ne devrait pas s’en mêler. Pourtant, elle les délivre, et fuit avec eux vers la grande ville où ils pourront se cacher. 
Vingt ans plus tard, dans une autre forêt, au milieu des volcans du Kamtchatka, débarque un groupe de chasseurs. Parmi eux, Lior, une Française. Comment cette jeune femme peut-elle être aussi exaltée par la chasse, voilà un mystère que son mari, qui l’adore, n’a jamais résolu. Quand elle chasse, le regard de Lior tourne à l’étrange, son pas devient souple. Elle semble partie prenante de la nature, douée d’un flair affûté, dangereuse. Elle a quelque chose d’animal. 
Cette fois, guidés par un vieil homme à la parole rare, Lior et les autres sont lancés sur les traces d’un ours. Un ours qui les a repérés, bien sûr. Et qui va entraîner Lior bien au-delà de ses limites, la forçant à affronter enfin la vérité sur elle-même. 

Humain, animal, les rôles se brouillent et les idées préconçues tombent dans ce grand roman où la nature tient toute la place.



Aujourd'hui, sort le nouveau roman de Sandrine Collette aux éditions Denoël. Bonne nouvelle pour ceux qui, comme moi, apprécient la plume de l'auteur. 

Tout commence au Népal. Deux enfants recueillis par une femme seule et pauvre. Elle va devoir se battre pour les garder, les élever jusqu'au jour où elle devra faire un choix horrible. 
Vingt ans plus tard, au bout de la Russie, la péninsule du Kamtchatka, bien éloignée du monde humain, territoire des ours. Les fameux ours que Lior et son mari sont venus chasser en compagnie d'autres chasseurs. C'est la chasse poussée à l'extrême, loin de la partie du dimanche où dix chasseurs traquent un lapin dans un bosquet. Ici, c'est tuer ou mourir. On traque la bête, on la sent, on la suit, on pense comme elle pour la piéger. Si le chasseur échoue, c'est la mort pour lui. Lior adore ce moment où elle traque l'ours à travers un paysage hostile. Mais tout ne se passe pas comme prévu, évidemment. Le drame se noue. Lior face à elle-même va puiser loin pour se trouver autant qu'elle trouvera l'ours. Mais pour autant, en aura t'elle assez ? Il y a peut-être d'autres réponses à trouver ailleurs...

Le ton est donné, on retrouve bien ici la patte de Sandrine Collette. Son écriture est toujours aussi sèche, sans concession avec peu de dialogue et une narration brute. Pour autant, il y a de l'émotion. Comme dans son roman précédent "Juste après la vague", on est à l'heure des choix, terribles, parfois inhumain. Cet "Animal" fait partie de cette trempe-là. 
Le roman est divisé en deux livres. Dans le premier, les chapitres alternent entre Hadrien (le mari de Lior) et l'ours. Dans le second livre, on change de décor. Lior part dans sa quête. Hadrien l'accompagne, sans vraiment se rendre compte des enjeux. 

Jusque là, j'avais dévoré ce roman. Cette traque, cette quête m'avait passionné. Cependant, j'ai moins accroché sur le deuxième livre. C'est fort, puissant et cohérent mais pourtant, j'ai éprouvé quelques difficultés à la lecture. Un peu déçu aussi par les toutes dernières pages, où l'on est encore à l'heure des choix. 

J'en ressors donc avec un sentiment mitigé mais qui bascule toutefois du côté positif. Parce que c'est un livre qui prend aux tripes, parce que c'est un roman qui m'a fait réfléchir. 
Je remercie vivement les éditions Denoël.