mercredi 13 février 2019

La chambre des murmures, Dean Koontz, Editions de l'Archipel.



Jane Hawk face à la confrérie secrète
  
« Il n’est plus temps d’attendre… » 
Tels sont les mots qui résonnent dans l’esprit de Cora Gundersun, une enseignante appréciée de tous, au matin du « grand jour ». Juste avant qu’elle commette un attentat-suicide au volant de son 4×4 bourré de jerrycans d’essence.
« Accomplis la mission qui t’incombe… » 
L’effroyable contenu du journal intime de Cora corrobore l’hypothèse de la démence. Lorsque de nouveaux cas surviennent, Jane Hawk, inspectrice du FBI en disponibilité, comprend que chaque seconde compte. À jamais marquée par le deuil de son mari, un marine qui s’est mystérieusement donné la mort, elle sait qu’elle n’a plus rien à perdre.
« … et tu seras célèbre et adulée ! » 
Sa traque va conduire Jane sur la piste d’une confrérie secrète dont les membres se croient au-dessus des lois. Une quête de justice à la mesure de sa soif de vengeance…




Après Dark Web (dont la Chambre des murmures n'est pas tout à fait une suite), publié l'année dernière, nous retrouvons Dean Koontz et son personnage Jane Hawk. L'ancien agent du FBI est en fuite. Obligée de se cacher et de se dissimuler derrière des identités différentes, elle va mener une nouvelle enquête pour chercher à comprendre ce se cache derrière la mort de son mari. 
Tout commence par un attentat sanglant. Non perpétré par un terroriste extrémiste mais par une enseignante un peu plan plan qui a, semble t-il, perdu la boule. Très vite les agents du FBI prennent l'affaire en main et écartent les policiers du coin. A son grand désarroi, le Shérif Luther Tilman n'y participera pas. 
Malgré le professionnalisme du FBI, quelque chose cloche. Enquête bâclée ? 
Le shérif poursuivra tout seul et ira de découverte en découvertes. Celles-ci l'amèneront à un bled paumé Hautfourneau le Lac où les habitants sont trop gentils pour être sincères. Et que dire de cette absence d'animaux de compagnie. Pas un seul chien dans les rues ! 

Jane va aussi débarquer à Hautfourneau le lac et y rencontrer notre shérif. Ils vont s'associer pour tenter de mettre au jour le complot et démasquer les têtes pensantes. 

Dean Koontz nous plonge habilement dans un techno-thriller rythmé, subtil et passionnant avec quelques touches d'humour. Le personnage de Jane est touchant malgré sa carapace. On sent ses failles. Un peu comme dans James Bond, on a un vrai méchant en la personne de DJ Michael. Milliardaire sans scrupules qui n'a pas peur d'asservir son peuple. Seigneur rédempteur. 

La chambre des murmures amènera le lecteur aussi à réfléchir autour de la notion de la pensée unique. Elle pose aussi la question de l'éthique dans les nouvelles technologies. Attention aux sorciers 3.0 qui pourraient s'en emparer pour étendre le mal. 

Complot à grande échelle, les rescapés de La chambre des murmures se demandent bien comment ils vont pouvoir s'en sortir et faire entendre leurs voix. Jane est grillée, recherchée dans tout le pays. Tout comme son nouvel ami, le shérif Luther. 
Et ce n'est pas la fin qui va nous rassurer. 

Mon avis : 
J'ai beaucoup aimé ce roman parce que je retrouve tout d'abord un auteur que j'apprécie depuis une vingtaine d'année. Il aborde aussi des thèmes très actuels, sérieux, qui interrogent nos pratiques mais il sait aussi rester divertissant, passionnant. Même s'il faut rester concentré pour bien appréhender le texte, ce roman reste assez aisé à lire. 
Je remercie les éditions de l'Archipel. 

jeudi 17 janvier 2019

Les rats, James Herbert, Pocket.


Ils avaient appris à vivre dans l'ombre, furtivement, à sortir surtout la nuit et à craindre les hommes. Et soudain ils commencèrent à réaliser leur force et à prendre goût à la chair humaine. A leurs dents tranchantes comme des rasoirs, à leur nombre venait s'ajouter une arme supplémentaire : l'horreur et le dégoût qu'inspirait leur multiple grouillante. Bientôt on découvrit les restes ensanglantés des premières victimes...




Voilà un moment que je m'étais dit qu'il fallait que je lise la trilogie de James Herbert, dont je connais mal l'oeuvre. A part Tengu, je n'ai rien lu de lui. Chose faite aujourd'hui, enfin en ce qui concerne le premier, simplement intitulé "les rats". 
Une invasion aussi étrange que soudaine frappe Londres. Des rats, gros comme des ragondins, terriblement agressifs et dont les morsures tuent, envahissent petit à petit la capitale britannique. 
Bien sûr, scientifiques et soldats sont de la partie pour lutter contre cette vermine. 
Harris, prof sans histoire, sera malgré lui un acteur essentiel dans cette lutte. 

Le roman file vite, court et rythmé, sans perdre de temps. Les personnages ne sont pas excessivement travaillés mais pour un roman d'ouverture, ça va. On est davantage pris par la chasse aux rongeurs. C'est sale, horrible et parfois gore. Les rats, comme chacun le sait, sont des animaux intelligents, sociables mais qui s'adaptent très vite. D'où la grande difficulté pour éradiquer cette espèce qui vient d'on-ne-sait-où. 

"Les rats" est le premier roman de l'auteur, publié en 1974. Il décrit une ville sombre, froide et détruite (après la seconde guerre mondiale) et dans laquelle les bêtes semblent à l'aise. 
La fin est assez épique. Harris évolue rapidement jusqu'à devenir l'un des plus féroce chasseur. Lorsqu'il trouve le nid, il s'acharne mais les dernières phrases servent d'introduction au second épisode. 

Si j'ai pris du plaisir à lire cette aventure, j'avoue avoir un peu été déçu et être resté sur ma faim (sans jeu de mots). Les très bonnes critiques que j'ai pu lire ça et là m'avaient peut-être préparé à autre chose. 
Cela dit, il reste une référence dans les livres horrifiques. 
Suite au prochain épisode. 

jeudi 10 janvier 2019

Jeu de massacres, James Patterson


UN MEURTRIER…
Le professeur Dylan Reinhart est l’auteur d’un ouvrage de référence sur les « comportements déviants ». Lorsque Elizabeth Needham, du NYPD, en reçoit un exemplaire accompagné d’une carte à jouer tachée de sang, tout porte à croire qu’un tueur s’intéresse à l’éminent docteur en psychologie…
DEUX ENQUÊTEURS…
Mais il apparaît vite que ce sang est celui d’un homme retrouvé poignardé à son domicile. Quant à la carte, un roi de trèfle, elle prend tout son sens lorsque Needham et Reinhart comprennent qu’elle désigne la deuxième victime d’un tueur que les journaux surnomment déjà le « Dealer ». Ces cartes ne sont donc pas une signature, mais les indices d’un jeu de piste dont Manhattan est le décor…
… ET 52 CARTES
Deux de cœur, neuf de carreau, valet de pique… Une à une, les cartes s’abattent. Et les victimes tombent. Une partie s’engage, qu’il faudra jouer jusqu’au bout. Jusqu’au moment où le Dealer perdra la main… à moins qu’il ait gardé un atout dans sa manche ?



Le nouveau roman  de James Patterson (et le co-auteur Howard Roughan) commence avec le discours du serial killer nommé le Dealer. Oh non, j'allais dire. Pas ça. Encore un livre qui va aller dans la surenchère de gore, de meurtres sadiques en tortures. Mais c'était sans compter le talent de James Patterson, dont le succès international n'est plus à démontrer.
Le ton est donné dès les premières pages avec la présentation du héros du jour : le professeur de psychologie Dylan Reinhart, homme à la répartie cinglante et bourré d'humour.
La flic de service est Elizabeth Needham, dynamique, rentre-dedans, efficace.
Des meurtres se succèdent sans avoir de lien apparent. Le mode opératoire est différent à chaque fois. Donc, on est loin des tueurs psychopathes qui agissent toujours de la même façon. Seul point commun, une carte à jouer est laissé sur les corps, annonçant le prochain. Une course débute alors entre le tueur et le duo d'enquêteurs. Toujours avec un train de retard.

Comme souvent avec cet auteur, on prend du plaisir à suivre les aventures des protagonistes. Très humains, avec leurs failles, ce qui les rend très crédibles. Les chapitres sont courts et rappellent un film. L'écriture est simple et sans fioriture, le but étant d'être divertissant et efficace. Pour ça, c'est réussi.

Ce que j'ai apprécié également dans ce roman, c'est une certaine légèreté de ton malgré parfois des meurtres horribles. Patterson et son comparse d'écriture ne tombent pas dans le morbide. Le roman est bourré d'humour et d'accent léger, de bons mots et des réparties cinglantes. Ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais et qu'on avance très vite dans la lecture.
Jusque dans les dernières pages où la vérité éclate dans des scènes d'actions passionnantes.

Bref, cette première lecture de l'année est à ne pas louper !
Merci aux éditions de l'Archipel.

dimanche 30 décembre 2018

Crimes et fantômes de Noël, Jean-Pierre Croquet, Editions l'Archipel



Convier spectres et assassins au traditionnel festin de Noël ? Se réunir autour du pied du sapin pour entendre une histoire à dresser les cheveux sur la tête ? Pourquoi donc mêler, à ces moments de bonheur familial, tant de récits effrayants ?
C’est un fait, depuis Charles Dickens, le conte horrifique de Noël est devenu presque aussi rituel que la bûche et les cadeaux. Il traduit la noirceur des nuits les plus longues de l’année, traversées de vents hurleurs que les ombres projetées par les flammes dans l’âtre rendent plus inquiétantes encore… Il est si bon de se faire peur, au coin d’un feu de bois !
Composée par Jean-Pierre Croquet, romancier et spécialiste de littérature fantastique, cette anthologie rassemble douze histoires angoissantes signées Charles Dickens, Arthur Conan Doyle, Erckmann-Chatrian, Robert Louis Stevenson, Sheridan Le Fanu, Gaston Leroux ou Thomas Hardy. D’autres nouvelles criminelles, issues de la plume de Saki, W.W. Jacobs ou Edith Nesbit, constituent d’agréables découvertes.


En cette période de fêtes de fin d'année, les éditions l'Archipel nous offrent 12 textes sélectionnés par Jean-Pierre Croquet, passionné de mystères et de fantômes. Dans un ordre chronologique, les auteurs se succèdent, certains très connus (Dickens, Stevenson...) d'autres moins, dans des récits se déroulant pendant la période de Noël.
La peur, le mystère et le suspens sont au rendez-vous. J'ai été agréablement surpris par certains auteurs dont je n'avais jamais entendu parler ou jamais lu.
Le texte de Robert Louis Stevenson est un peu plus difficile à mon goût et j'avoue ne pas avoir tout compris, peut-être faudra t'il que je le relise car avec Markheim on est plus dans le suggestif que la description.
Sans les détailler toutes, je proposerai ici certaines qui sortent du lot :

- Figures de cire, Ethel Lina White : une journaliste décide de passer la nuit dans un musée de cire dans lequel, on dit que des assassinats ont eu lieu. Prête à tout pour écrire un article inédit, la jeune femme ne sait pas ce qui l'attend. Ce texte est très fort et l'angoisse monte peu à peu jusqu'à un final qui m'ont fait dresser les poils sur les bras. C'est la nouvelle que j'ai préféré dans ce recueil.

- Le Tarnhelm, Hugh Walpole : quand un jeune garçon orphelin s'installe dans le château de deux de ses oncles, il ne sait pas encore qu'il s'y passe de biens drôles de choses. Là aussi, l'angoisse monte progressivement. Avec pour décor un ancien château et des personnages énigmatiques, le lecteur va pouvoir frissonner en lisant ce texte au coin du feu.

- L'Escarboucle bleue, Conan Doyle : on retrouve ici notre détective préféré à la recherche d'une oie disparue. Tout y est dans ce court texte, une énigme, une ambiance et Watson. Habile, comme d'habitude et efficace.

Pour conclure, dans ce recueil on retrouvera l'ambiance de l'Angleterre du XIX ème siècle. Parfait pour une lecture de fin d'année.


mardi 11 décembre 2018

Le Club Stephen King


Une fois n'est pas coutume. Ce n'est pas de livres que je vais parler aujourd'hui mais d'un site internet. Et quel site ! Le Club Stephen King.

https://club-stephenking.fr



Incontournable pour tous les fans de l'auteur américain, le site est une mine d'information. Mis à jour quotidiennement, on reste connecté à l'actualité de l'auteur, les films et séries qui en sont adaptés, les romans à venir mais aussi ceux de ses fils Owen et Joe Hill et d'auteurs sévissant dans le même genre.
De plus, de nombreux concours sont organisés chaque année.

Cela représente un travail fabuleux et phénoménal !
Le Club SK est aussi présent sur les réseaux sociaux, alors n'hésitez plus foncez !

Yahooooo Silver !

Little Heaven, Nick Cutter, Editions Denoël.


Le passé est un molosse qui vous poursuit inlassablement à travers les collines, tenaillé par une faim dévorante, jusqu’à ce qu’une nuit vous l’entendiez gratter à la porte. Minerva, Micah et Ebenezer, chasseurs de primes, sont bien placés pour le savoir. En 1966, ils font équipe pour retrouver un enfant enlevé par une secte dans une forêt du Nouveau-Mexique, dans un endroit appelé Little Heaven. Outre un prêcheur illuminé de la grâce de Dieu et d’une violence inouïe, ils y découvrent de nombreux secrets inquiétants, ainsi que d’étranges créatures, conglomérats de toutes les formes de vie de la forêt et incarnations du mal pur. Une force magnétique qui attire à elle tous ceux qui osent s’approcher du rocher noir.
Quinze ans plus tard, la fille de Micah est enlevée. Le trio doit se confronter une fois de plus à l’horreur et finir ce qu’il a commencé au cœur des bois. Avec un plaisir manifeste et sa perversité habituelle, Nick Cutter démontre dans ce western sanglant et nerveux qu’il a su dompter les codes du roman d’épouvante.



Quand j'ai achevé la lecture de ce "Little Heaven" il y a deux semaines, je me suis demandé comment je pouvais écrire cette chronique. Il m'a fallu tout ce temps pour que je digère ce récit, que j'y repense, que je repense à cette histoire pas banale. Un livre mauvais n'est pas vraiment difficile à chroniquer. On sait tout de suite ce qui pêche, ce qui ne va pas.
En revanche, quand on a un très bon livre comme celui-ci, c'est plus compliqué. Tout d'abord, les personnages que l'on découvre dans les premières pages sont... étranges. Parmi eux, Micah semble le plus "ordinaire". Minerva est une (mauvaise) tueuse à gages qui collectionne les suicides ratés et Ebenezer (qui n'a pas grand chose à voir avec le personnage de Dickens) est bizarre. Il a les cheveux longs, un accent british, vit dans une maison isolé, ne parle à personne, fait des trucs louches avec un scorpion devant le barman du village.

Ces trois là se sont rencontrés quinze ans plus tôt mais la vie les a séparés. L'enlèvement de la fille de Micah va les réunir à nouveau. Pas forcément heureux d'être ensemble, ils vont devoir affronter les démons du passé. Terrible. Et pourtant, ces trois-là sont forts.

A travers un récit mêlant deux époques, Nick Cutter nous embarque dans un western gothique sanglant et terrifiant. On a toujours l'impression d'être sur un fil. Entre réalité et fantastique. C'est mouvant, instable, dérangeant parfois. L'horreur est bien présente, elle s'insuffle petit à petit dans le récit. On pressent une certaine violence qui explose peu à peu.
Il y a aussi un certain dynamisme dans le texte, les scènes se succèdent les unes après les autres et le lecteur n'aura que peu de temps mort pour reprendre son souffle.

Ce pavé (presque 600 pages) se lit plutôt facilement même s'il faut rester concentré. Il se passe de nombreuses choses et les personnages évoluent plutôt vite.

Toute une kyrielle de monstres nous est présentée, avides de sang, terrifiants. On en frissonne.

Le précédent roman de Nick Cutter, Troupe 52, avait été une réussite. Celui-ci en sera une aussi et ravira les amateurs d'un genre longtemps oublié. On tient avec Cutter un auteur solide. Il a une vraie plume, d'ailleurs il publie sous son vrai nom dans des maisons d'éditions réputées, qui saura trouver son public.

C'est du King des années 70/80 !
Merci aux éditions Denoël pour ce superbe roman.

mercredi 14 novembre 2018

T comme Tombeau, Preston and Child, Editions l'Archipel.


ALORS QU’IL N’A PLUS QUE QUELQUES SEMAINES
À VIVRE, GIDEON CREW AFFRONTE
LA PLUS DANGEREUSE DES MISSIONS


L’intrépide Gideon Crew est sous le choc. Du jour au lendemain, son boss, Eli Glinn, ferme l’EEC, cette officine qui l’employait et agissait en sous-main pour le gouvernement américain. On lui donne une heure pour débarrasser les lieux !
Quand Gideon croise l’ex-bras droit de Glinn, ce dernier lui révèle avoir mis la main sur un disque dur permettant de déchiffrer le code de Phaistos, une tablette datant de plusieurs milliers d’années.
Bientôt, ils réalisent que la tablette ne livre pas un message, mais indique un lieu : le désert d’Hala’ib, à la limite de l’Égypte et du Soudan.
Sur place, épaulés par une égyptologue, ils découvrent un tombeau, qui pourrait bien être celui d’Akhenaton. Et si ce pharaon était le véritable auteur des dix commandements ? Et s’il en existait un onzième ?
Ce qui attend Gideon peut le sauver ou, au contraire, l’entraîner vers une fin horrible. Mais, quand il ne vous reste que quelques semaines à vivre, qu’avez-vous à perdre ?


Gideon Crew est de retour. Cependant, ses jours sont comptés. Il ne lui reste plus que deux mois à vivre. La fin approche pour notre aventurier, ex-cambrioleur. Il trouve porte close quand il veut rejoindre l'EEC fondée par Glinn. Dans cette cinquième aventure, il va faire équipe avec l'ingénieur, volontiers revêche, déjà croisé dans d'autres épisodes, Manuel Garza.
N'ayant pas apprécié la fermeture impromptue de leur société, les deux acolytes vont voler des données importantes à leur ex-patron, Glinn.

Cette nouvelle aventure va mener les deux compères aux confins de l'Egypte, à la limite du Soudan, dans une zone interdite. On dit même que personne n'y a jamais mis les pieds. Du moins, n'est jamais revenu pour en parler.

Sans revenir sur la manière dont Gideon et Manuel vont évoluer, je peux dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. Des chapitres courts, une écriture fluide, simple, sans fioriture. Avec Preston et Child on a l'impression de lire un film. Un peu à la Indiana Jones. Il y a peu de temps mort et les scènes d'actions s'enchaînent avec rythme.

Même si j'ai trouvé un tantinet longuet les scènes avec la tribu (sciemment, je n'en dis pas plus), j'ai été emporté dans cette aventure. On s'imagine très bien, on visualise les paysages, les décors, les personnages.

J'ai appris aussi certaines choses sur Akhénaton, notamment. Il est vrai que n'étant pas spécialiste de l'Egyptologie, mais néanmoins amateur d'histoire, j'ignorais que ce pharaon avait prôné le culte à un dieu unique, en l'occurence Aton, dieu solaire, créateur de l'Univers selon lui. Si certaines théories scientifiques sont inventées celle-ci est réelle. Cependant, il vaut mieux vérifier car ce roman n'est pas un ouvrage de vulgarisation sur l'Egypte Antique, c'est juste un (bon) roman d'aventure.

Pour conclure, T comme tombeau (j'espère que ce n'est pas celui de Gideon) est un très bon roman. Ce que je demande à un livre, c'est de m'étonner, de me divertir. Je ne cherche pas toujours les belles phrases alambiquées, l'excellence du verbe, la profusion de vocabulaire. Comme pour les films, j'aime aussi l'action et juste me laisser porter. Avec T comme tombeau, j'ai été comblé.

Je remercie les Editions l'Archipel et Audrey Daragon pour ce livre.


La mère parfaite, Aimée Molloy, Editions Les Escales.


Un thriller électrisant – lorsqu'un enfant disparaît, les masques tombent au sein d'un paisible quartier de Brooklyn.
traduction : Emmanuelle Aronson

Nell, Francie et Colette font partie d'un groupe de jeunes mères de Brooklyn qui ont fait connaissance pendant leur grossesse. Le soir du 4 Juillet, pour échapper quelques heures à leur quotidien, elles décident d'organiser une virée dans un bar : un répit bienvenu en ce premier mois d'été caniculaire. Elles parviennent même à convaincre Winnie, la mère célibataire du groupe, de confier son nouveau-né à une baby-sitter. Mais lorsque Winnie rentre chez elle et découvre que son fils a disparu, la soirée tourne au drame.
Dans un Brooklyn étouffant, alors que l'enquête piétine et que la police accumule les erreurs, Nell, Francie et Colette se lancent dans une course effrénée pour retrouver l'enfant.
Jusqu'à ce que les médias s'emparent de l'affaire et fassent de leurs vies, en apparence si parfaites, le centre de toutes les attentions...

En faisant exploser le vernis d'existences bien ordonnées, Aimee Molloy livre une critique grinçante des pressions subies par les mères dans notre société. un roman rare, à la fois captivant et pertinent.

Un best-seller du New York Times dès sa première semaine de parution.



Le bandeau rouge fait son effet mais place la barre haute. Avant même d'ouvrir ce roman, le lecteur s'attend donc à un livre choc ! 
J'ai ouvert ce livre avec curiosité. Entre ce bandeau qui me promet un beau moment et le quatrième de couverture, je suis partagé. 
Dès les premières pages, je me suis dit, mince. Qu'est-ce que c'est que ce livre de "mamans poussettes" ? Sans vouloir être méchant, bien sûr, ce n'est pas ma tasse de thé. Après trois enfants, je n'ai plus envie de parler de couches, de nuits hachées, d'allaitement, de poussettes, de biberons, d'accouchements... Du moins, je n'ai pas trop envie de monopoliser mes conversations sur ces sujets. Alors d'en faire mon livre de chevet, non merci. 
Donc, dans les premières pages, on fait connaissance avec ces mères de mai. Elles ont crée un forum, elles se rencontrent au parc, s'échangent des conseils, discutent langes, persuadées qu'elles ont accouché de la huitième merveille du monde qui deviendra (on n'en doute pas) un individu à haut potentiel. Evidemment. Ces femmes ont des difficultés à retourner bosser, pourtant certaines d'entre elles  ont de bonnes situations. 
On a donc tous les ingrédients pour que je m'ennuie. Ah oui, j'ai oublié de dire que déjà, quand Dexter était devenu papa, ça m'avait un peu gonflé. Même dans ma série préféré, on voyait des couches et des bébés !!! 
Et pourtant, la magie a opéré. Je me suis pris au jeu. J'ai littéralement dévoré ce livre. J'ai été pris au piège tendu par l'auteur. Car, elle fait preuve de beaucoup de subtilité. A travers des situations que tous les parents ont vécu un jour où l'autre, elle tisse son intrigue. Ses personnages, bien que sans intérêt de prime abord, sont plutôt complexes. On voudrait savoir d'où ils viennent, ce qu'ils ont fait, leurs blessures. 
Peu à peu, Aimée Molloy donne des indices. 
La disparition du bébé est le point de départ. Nell, Collette, Winnie, Francie. Toutes ces femmes aimeraient connaître la vérité. Mais des détails leur échappe. La vérité semble floue, loin. Elles ont toutes assisté à la soirée des mères de mai. Cependant, aucune n'a le même souvenir. 
L'enquête piétine, la police est débordée, incompétente. 

Le suspens va grandissant tout au long de ses pages. On a envie de connaître la vérité. Qu'est devenu le bébé ? Qui a osé le kidnapper en présence de la baby sitter ? 
Grâce à un vocabulaire précis, une construction élaborée, des chapitres relativement courts, des personnages bien travaillés, l'auteur nous livre un roman passionnant. 

Seul hic, je trouve que certains prénoms utilisés (surtout ceux des bébés) sont un peu ridicules. 

Pour conclure, je dirais que pour une fois, nous avons droit à un bandeau rouge qui présente bien le livre. La mère parfaite est un vrai bon thriller. Une très bonne surprise des éditions de l'Escale. 

jeudi 25 octobre 2018

Rituels, Ellison Cooper, Cherche Midi.

Des meurtres étranges, des enquêtes captivantes, un univers inédit dans le thriller.
Vous avez aimé Le Silence des agneaux ? Vous allez adorer Rituels.

Spécialiste des neurosciences, Sayer Altair étudie pour le FBI les profils psychologiques de tueurs en série. Déroutée par une scène de crime très particulière, sa hiérarchie fait appel à elle. On vient de trouver, dans une maison abandonnée de Washington, le corps d’une jeune fille à qui l’on a injecté une drogue hallucinogène utilisée par les shamans d’Amazonie durant les cérémonies rituelles. Lorsque l’on découvre d’étranges symboles mayas sur les lieux, l’enquête se dirige vers un tueur aussi passionnant qu’insaisissable.

Docteur en anthropologie, Ellison Cooper ouvre avec Rituels une série consacrée à Sayer Altair, qui mêle meurtres, neurologie et superstitions. Un univers aussi inédit que fascinant, des intrigues captivantes, un personnage inoubliable… on attend déjà avec impatience son prochain thriller, Sacrifices, à paraître en 2019 au cherche midi.



Encore un thriller sur un tueur en série vous allez me dire ! Alors quand le quatrième de couverture cite Le Silence des agneaux, on est soit intrigué soit méfiant, ou les deux à la fois. Comme j'ai pu l'être en ouvrant ce roman. Dès le début, l'auteur a réussi à m'embarquer avec elle. Je venais pourtant de sortir d'un médiocre roman sur un tueur en série (http://terredunoir.blogspot.com/2018/10/trauma-zero-elly-rosemad-editions-de.html) alors j'en attendais beaucoup. Son écriture m'a séduit. C'est simple, sans fioriture ni excès de zèle. Et c'est efficace. Le personnage principal tout d'abord. Ceux qui me lisent ici savent que j'apprécie les bons persos, bien travaillés, énigmatiques, avec une Histoire derrière eux. Ici, avec l'agent spécial Altair, on est bons ! Spécialiste des neurosciences, doctorat en poche, elle mène des recherches sur le cerveau des tueurs en série. Parallèlement, elle bosse pour le FBI. L'enquête qu'elle va devoir mener ici est singulière et terriblement éprouvante. Des filles disparaissent. Un tueur particulièrement retors est à l'oeuvre. Une course contre la montre va démarrer. Sayer Altair va être profondément touchée. Autant dans sa tête que dans sa chair. Oui ben ça, on l'a déjà lu, vous me direz ! En effet, ce n'est pas le plus original des traitements dans un thriller. Mais avec Ellison Cooper, on accepte. 
On accepte car la manière dont elle tisse sa toile est passionnant. Les motivations du tueur sont originales. Le traitement qu'elle lui donne est délicat, si on peut dire ça. Elle ne tombe pas dans le piège de la torture, des sévices gores et des descriptions de scènes plus dérangeantes les unes que les autres. C'est plus subtil. 
De mauvais pas en fausses pistes, Rituels est un roman que j'ai lu d'une traite. Un vrai page-tuner bien travaillé et intelligent. On sent aussi la pâte de l'auteur, anthropologue de son état, mais qui n'en fait jamais trop. 
Bref, un très bon thriller. 
Je remercie les éditions du Cherche Midi pour cette découverte. 

Au coeur de la folie, Luca D'Andrea, Denoël.


Trad. de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobza



Après le surprenant et fabuleux "L'essence du Mal", j'attendais beaucoup Luca d'Andrea. Il revient fort ici avec une toute autre histoire. Il place encore une fois sa nouvelle intrigue au coeur de son pays natal, au fin fond d'une vallée italienne coincée entre la Suisse et l'Autriche. Mais le reste du roman n'a pas grand chose à voir avec le premier. Et c'est tant mieux. Luca d'Andrea prend des risques. 
Le récit commence avec la fuite de Marlène. Elle quitte son mari, mafieux sans état d'âme, cruel et immensément puissant. Du moins, dans cette partie du monde. Mais comme Paul Sheldon dans Misery, Marlène chute dans un ravin avec sa voiture. Elle est secouru par Simon, un Bau'r. Un homme des montagnes, qui vit replié sur lui-même et qui perpétue la tradition familiale. Un type bourru mais gentil. Il lui vient en aide et la recueille chez lui. Dans son maso, son chalet. 
Evidemment Wegener, le mari floué veut récupérer sa femme et surtout le trésor avec lequel elle a mis les voiles. Car ce trésor ne lui appartient pas vraiment. Alors, il se fait aider. L'homme de Confiance, celui qui n'a pas de nom, va partir à la recherche de Marlène. Il n'a jamais échoué. Il est terrible. Invincible. Il enquête, pose des questions, se fait ami avec les bonnes personnes. Il en veut. 

La comparaison avec le livre de Stephen King s'arrête là et sans dévoiler l'intrigue, la relation entre Simon et Marlène n'est pas du même style que celle entretenue entre Sheldon et Annie Wilkes. Les deux êtres vont s'apprivoiser, s'apprécier, se respecter et s'entreaider. 
Peu à peu, Simon se met à nu. Il dévoile une personnalité complexe. Toujours aussi attaché à ses bêtes, des cochons qu'il élève comme ses propres enfants. 
Et puis, il y a Lizzie. Qui le hante. 


"Au coeur de la folie" est un roman qui porte vraiment bien son titre pourtant l'auteur ne se précipite pas. Il prend son temps pour nous présenter ses personnages et l'on se demande un moment où la folie ira se nicher. Petit à petit, comme un couturier consciencieux, comme une araignée besogneuse, D'Andrea nous enferme dans un piège terrible. La fin est inéluctable. Elle sera fatale, à n'en point douter. Mais qui en fera les frais ? Qui verse dans la folie ? Simon, reclus dans son maso, dont l'enfance lointaine semble laisser des traces ? Marlène qui cache quelques secrets ? Wegener, la mafieux en colère ? L'homme de confiance qui ne lâchera rien ? 

Sorte de jeu de chats et la souris terrible, avec une pointe de fantastique, Luca D'Andrea confirme son talent pour raconter des histoires. Des contes modernes que les lecteurs les plus exigeants apprécieront. 

Je remercie vivement Joséphine Renard et les éditions Denöel pour ce livre qui m'a fasciné. Sans nul doute que l'on entendra parler de cet auteur pendant longtemps !