mardi 11 décembre 2018

Le Club Stephen King


Une fois n'est pas coutume. Ce n'est pas de livres que je vais parler aujourd'hui mais d'un site internet. Et quel site ! Le Club Stephen King.

https://club-stephenking.fr



Incontournable pour tous les fans de l'auteur américain, le site est une mine d'information. Mis à jour quotidiennement, on reste connecté à l'actualité de l'auteur, les films et séries qui en sont adaptés, les romans à venir mais aussi ceux de ses fils Owen et Joe Hill et d'auteurs sévissant dans le même genre.
De plus, de nombreux concours sont organisés chaque année.

Cela représente un travail fabuleux et phénoménal !
Le Club SK est aussi présent sur les réseaux sociaux, alors n'hésitez plus foncez !

Yahooooo Silver !

Little Heaven, Nick Cutter, Editions Denoël.


Le passé est un molosse qui vous poursuit inlassablement à travers les collines, tenaillé par une faim dévorante, jusqu’à ce qu’une nuit vous l’entendiez gratter à la porte. Minerva, Micah et Ebenezer, chasseurs de primes, sont bien placés pour le savoir. En 1966, ils font équipe pour retrouver un enfant enlevé par une secte dans une forêt du Nouveau-Mexique, dans un endroit appelé Little Heaven. Outre un prêcheur illuminé de la grâce de Dieu et d’une violence inouïe, ils y découvrent de nombreux secrets inquiétants, ainsi que d’étranges créatures, conglomérats de toutes les formes de vie de la forêt et incarnations du mal pur. Une force magnétique qui attire à elle tous ceux qui osent s’approcher du rocher noir.
Quinze ans plus tard, la fille de Micah est enlevée. Le trio doit se confronter une fois de plus à l’horreur et finir ce qu’il a commencé au cœur des bois. Avec un plaisir manifeste et sa perversité habituelle, Nick Cutter démontre dans ce western sanglant et nerveux qu’il a su dompter les codes du roman d’épouvante.



Quand j'ai achevé la lecture de ce "Little Heaven" il y a deux semaines, je me suis demandé comment je pouvais écrire cette chronique. Il m'a fallu tout ce temps pour que je digère ce récit, que j'y repense, que je repense à cette histoire pas banale. Un livre mauvais n'est pas vraiment difficile à chroniquer. On sait tout de suite ce qui pêche, ce qui ne va pas.
En revanche, quand on a un très bon livre comme celui-ci, c'est plus compliqué. Tout d'abord, les personnages que l'on découvre dans les premières pages sont... étranges. Parmi eux, Micah semble le plus "ordinaire". Minerva est une (mauvaise) tueuse à gages qui collectionne les suicides ratés et Ebenezer (qui n'a pas grand chose à voir avec le personnage de Dickens) est bizarre. Il a les cheveux longs, un accent british, vit dans une maison isolé, ne parle à personne, fait des trucs louches avec un scorpion devant le barman du village.

Ces trois là se sont rencontrés quinze ans plus tôt mais la vie les a séparés. L'enlèvement de la fille de Micah va les réunir à nouveau. Pas forcément heureux d'être ensemble, ils vont devoir affronter les démons du passé. Terrible. Et pourtant, ces trois-là sont forts.

A travers un récit mêlant deux époques, Nick Cutter nous embarque dans un western gothique sanglant et terrifiant. On a toujours l'impression d'être sur un fil. Entre réalité et fantastique. C'est mouvant, instable, dérangeant parfois. L'horreur est bien présente, elle s'insuffle petit à petit dans le récit. On pressent une certaine violence qui explose peu à peu.
Il y a aussi un certain dynamisme dans le texte, les scènes se succèdent les unes après les autres et le lecteur n'aura que peu de temps mort pour reprendre son souffle.

Ce pavé (presque 600 pages) se lit plutôt facilement même s'il faut rester concentré. Il se passe de nombreuses choses et les personnages évoluent plutôt vite.

Toute une kyrielle de monstres nous est présentée, avides de sang, terrifiants. On en frissonne.

Le précédent roman de Nick Cutter, Troupe 52, avait été une réussite. Celui-ci en sera une aussi et ravira les amateurs d'un genre longtemps oublié. On tient avec Cutter un auteur solide. Il a une vraie plume, d'ailleurs il publie sous son vrai nom dans des maisons d'éditions réputées, qui saura trouver son public.

C'est du King des années 70/80 !
Merci aux éditions Denoël pour ce superbe roman.

mercredi 14 novembre 2018

T comme Tombeau, Preston and Child, Editions l'Archipel.


ALORS QU’IL N’A PLUS QUE QUELQUES SEMAINES
À VIVRE, GIDEON CREW AFFRONTE
LA PLUS DANGEREUSE DES MISSIONS


L’intrépide Gideon Crew est sous le choc. Du jour au lendemain, son boss, Eli Glinn, ferme l’EEC, cette officine qui l’employait et agissait en sous-main pour le gouvernement américain. On lui donne une heure pour débarrasser les lieux !
Quand Gideon croise l’ex-bras droit de Glinn, ce dernier lui révèle avoir mis la main sur un disque dur permettant de déchiffrer le code de Phaistos, une tablette datant de plusieurs milliers d’années.
Bientôt, ils réalisent que la tablette ne livre pas un message, mais indique un lieu : le désert d’Hala’ib, à la limite de l’Égypte et du Soudan.
Sur place, épaulés par une égyptologue, ils découvrent un tombeau, qui pourrait bien être celui d’Akhenaton. Et si ce pharaon était le véritable auteur des dix commandements ? Et s’il en existait un onzième ?
Ce qui attend Gideon peut le sauver ou, au contraire, l’entraîner vers une fin horrible. Mais, quand il ne vous reste que quelques semaines à vivre, qu’avez-vous à perdre ?


Gideon Crew est de retour. Cependant, ses jours sont comptés. Il ne lui reste plus que deux mois à vivre. La fin approche pour notre aventurier, ex-cambrioleur. Il trouve porte close quand il veut rejoindre l'EEC fondée par Glinn. Dans cette cinquième aventure, il va faire équipe avec l'ingénieur, volontiers revêche, déjà croisé dans d'autres épisodes, Manuel Garza.
N'ayant pas apprécié la fermeture impromptue de leur société, les deux acolytes vont voler des données importantes à leur ex-patron, Glinn.

Cette nouvelle aventure va mener les deux compères aux confins de l'Egypte, à la limite du Soudan, dans une zone interdite. On dit même que personne n'y a jamais mis les pieds. Du moins, n'est jamais revenu pour en parler.

Sans revenir sur la manière dont Gideon et Manuel vont évoluer, je peux dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. Des chapitres courts, une écriture fluide, simple, sans fioriture. Avec Preston et Child on a l'impression de lire un film. Un peu à la Indiana Jones. Il y a peu de temps mort et les scènes d'actions s'enchaînent avec rythme.

Même si j'ai trouvé un tantinet longuet les scènes avec la tribu (sciemment, je n'en dis pas plus), j'ai été emporté dans cette aventure. On s'imagine très bien, on visualise les paysages, les décors, les personnages.

J'ai appris aussi certaines choses sur Akhénaton, notamment. Il est vrai que n'étant pas spécialiste de l'Egyptologie, mais néanmoins amateur d'histoire, j'ignorais que ce pharaon avait prôné le culte à un dieu unique, en l'occurence Aton, dieu solaire, créateur de l'Univers selon lui. Si certaines théories scientifiques sont inventées celle-ci est réelle. Cependant, il vaut mieux vérifier car ce roman n'est pas un ouvrage de vulgarisation sur l'Egypte Antique, c'est juste un (bon) roman d'aventure.

Pour conclure, T comme tombeau (j'espère que ce n'est pas celui de Gideon) est un très bon roman. Ce que je demande à un livre, c'est de m'étonner, de me divertir. Je ne cherche pas toujours les belles phrases alambiquées, l'excellence du verbe, la profusion de vocabulaire. Comme pour les films, j'aime aussi l'action et juste me laisser porter. Avec T comme tombeau, j'ai été comblé.

Je remercie les Editions l'Archipel et Audrey Daragon pour ce livre.


La mère parfaite, Aimée Molloy, Editions Les Escales.


Un thriller électrisant – lorsqu'un enfant disparaît, les masques tombent au sein d'un paisible quartier de Brooklyn.
traduction : Emmanuelle Aronson

Nell, Francie et Colette font partie d'un groupe de jeunes mères de Brooklyn qui ont fait connaissance pendant leur grossesse. Le soir du 4 Juillet, pour échapper quelques heures à leur quotidien, elles décident d'organiser une virée dans un bar : un répit bienvenu en ce premier mois d'été caniculaire. Elles parviennent même à convaincre Winnie, la mère célibataire du groupe, de confier son nouveau-né à une baby-sitter. Mais lorsque Winnie rentre chez elle et découvre que son fils a disparu, la soirée tourne au drame.
Dans un Brooklyn étouffant, alors que l'enquête piétine et que la police accumule les erreurs, Nell, Francie et Colette se lancent dans une course effrénée pour retrouver l'enfant.
Jusqu'à ce que les médias s'emparent de l'affaire et fassent de leurs vies, en apparence si parfaites, le centre de toutes les attentions...

En faisant exploser le vernis d'existences bien ordonnées, Aimee Molloy livre une critique grinçante des pressions subies par les mères dans notre société. un roman rare, à la fois captivant et pertinent.

Un best-seller du New York Times dès sa première semaine de parution.



Le bandeau rouge fait son effet mais place la barre haute. Avant même d'ouvrir ce roman, le lecteur s'attend donc à un livre choc ! 
J'ai ouvert ce livre avec curiosité. Entre ce bandeau qui me promet un beau moment et le quatrième de couverture, je suis partagé. 
Dès les premières pages, je me suis dit, mince. Qu'est-ce que c'est que ce livre de "mamans poussettes" ? Sans vouloir être méchant, bien sûr, ce n'est pas ma tasse de thé. Après trois enfants, je n'ai plus envie de parler de couches, de nuits hachées, d'allaitement, de poussettes, de biberons, d'accouchements... Du moins, je n'ai pas trop envie de monopoliser mes conversations sur ces sujets. Alors d'en faire mon livre de chevet, non merci. 
Donc, dans les premières pages, on fait connaissance avec ces mères de mai. Elles ont crée un forum, elles se rencontrent au parc, s'échangent des conseils, discutent langes, persuadées qu'elles ont accouché de la huitième merveille du monde qui deviendra (on n'en doute pas) un individu à haut potentiel. Evidemment. Ces femmes ont des difficultés à retourner bosser, pourtant certaines d'entre elles  ont de bonnes situations. 
On a donc tous les ingrédients pour que je m'ennuie. Ah oui, j'ai oublié de dire que déjà, quand Dexter était devenu papa, ça m'avait un peu gonflé. Même dans ma série préféré, on voyait des couches et des bébés !!! 
Et pourtant, la magie a opéré. Je me suis pris au jeu. J'ai littéralement dévoré ce livre. J'ai été pris au piège tendu par l'auteur. Car, elle fait preuve de beaucoup de subtilité. A travers des situations que tous les parents ont vécu un jour où l'autre, elle tisse son intrigue. Ses personnages, bien que sans intérêt de prime abord, sont plutôt complexes. On voudrait savoir d'où ils viennent, ce qu'ils ont fait, leurs blessures. 
Peu à peu, Aimée Molloy donne des indices. 
La disparition du bébé est le point de départ. Nell, Collette, Winnie, Francie. Toutes ces femmes aimeraient connaître la vérité. Mais des détails leur échappe. La vérité semble floue, loin. Elles ont toutes assisté à la soirée des mères de mai. Cependant, aucune n'a le même souvenir. 
L'enquête piétine, la police est débordée, incompétente. 

Le suspens va grandissant tout au long de ses pages. On a envie de connaître la vérité. Qu'est devenu le bébé ? Qui a osé le kidnapper en présence de la baby sitter ? 
Grâce à un vocabulaire précis, une construction élaborée, des chapitres relativement courts, des personnages bien travaillés, l'auteur nous livre un roman passionnant. 

Seul hic, je trouve que certains prénoms utilisés (surtout ceux des bébés) sont un peu ridicules. 

Pour conclure, je dirais que pour une fois, nous avons droit à un bandeau rouge qui présente bien le livre. La mère parfaite est un vrai bon thriller. Une très bonne surprise des éditions de l'Escale. 

jeudi 25 octobre 2018

Rituels, Ellison Cooper, Cherche Midi.

Des meurtres étranges, des enquêtes captivantes, un univers inédit dans le thriller.
Vous avez aimé Le Silence des agneaux ? Vous allez adorer Rituels.

Spécialiste des neurosciences, Sayer Altair étudie pour le FBI les profils psychologiques de tueurs en série. Déroutée par une scène de crime très particulière, sa hiérarchie fait appel à elle. On vient de trouver, dans une maison abandonnée de Washington, le corps d’une jeune fille à qui l’on a injecté une drogue hallucinogène utilisée par les shamans d’Amazonie durant les cérémonies rituelles. Lorsque l’on découvre d’étranges symboles mayas sur les lieux, l’enquête se dirige vers un tueur aussi passionnant qu’insaisissable.

Docteur en anthropologie, Ellison Cooper ouvre avec Rituels une série consacrée à Sayer Altair, qui mêle meurtres, neurologie et superstitions. Un univers aussi inédit que fascinant, des intrigues captivantes, un personnage inoubliable… on attend déjà avec impatience son prochain thriller, Sacrifices, à paraître en 2019 au cherche midi.



Encore un thriller sur un tueur en série vous allez me dire ! Alors quand le quatrième de couverture cite Le Silence des agneaux, on est soit intrigué soit méfiant, ou les deux à la fois. Comme j'ai pu l'être en ouvrant ce roman. Dès le début, l'auteur a réussi à m'embarquer avec elle. Je venais pourtant de sortir d'un médiocre roman sur un tueur en série (http://terredunoir.blogspot.com/2018/10/trauma-zero-elly-rosemad-editions-de.html) alors j'en attendais beaucoup. Son écriture m'a séduit. C'est simple, sans fioriture ni excès de zèle. Et c'est efficace. Le personnage principal tout d'abord. Ceux qui me lisent ici savent que j'apprécie les bons persos, bien travaillés, énigmatiques, avec une Histoire derrière eux. Ici, avec l'agent spécial Altair, on est bons ! Spécialiste des neurosciences, doctorat en poche, elle mène des recherches sur le cerveau des tueurs en série. Parallèlement, elle bosse pour le FBI. L'enquête qu'elle va devoir mener ici est singulière et terriblement éprouvante. Des filles disparaissent. Un tueur particulièrement retors est à l'oeuvre. Une course contre la montre va démarrer. Sayer Altair va être profondément touchée. Autant dans sa tête que dans sa chair. Oui ben ça, on l'a déjà lu, vous me direz ! En effet, ce n'est pas le plus original des traitements dans un thriller. Mais avec Ellison Cooper, on accepte. 
On accepte car la manière dont elle tisse sa toile est passionnant. Les motivations du tueur sont originales. Le traitement qu'elle lui donne est délicat, si on peut dire ça. Elle ne tombe pas dans le piège de la torture, des sévices gores et des descriptions de scènes plus dérangeantes les unes que les autres. C'est plus subtil. 
De mauvais pas en fausses pistes, Rituels est un roman que j'ai lu d'une traite. Un vrai page-tuner bien travaillé et intelligent. On sent aussi la pâte de l'auteur, anthropologue de son état, mais qui n'en fait jamais trop. 
Bref, un très bon thriller. 
Je remercie les éditions du Cherche Midi pour cette découverte. 

Au coeur de la folie, Luca D'Andrea, Denoël.


Trad. de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobza



Après le surprenant et fabuleux "L'essence du Mal", j'attendais beaucoup Luca d'Andrea. Il revient fort ici avec une toute autre histoire. Il place encore une fois sa nouvelle intrigue au coeur de son pays natal, au fin fond d'une vallée italienne coincée entre la Suisse et l'Autriche. Mais le reste du roman n'a pas grand chose à voir avec le premier. Et c'est tant mieux. Luca d'Andrea prend des risques. 
Le récit commence avec la fuite de Marlène. Elle quitte son mari, mafieux sans état d'âme, cruel et immensément puissant. Du moins, dans cette partie du monde. Mais comme Paul Sheldon dans Misery, Marlène chute dans un ravin avec sa voiture. Elle est secouru par Simon, un Bau'r. Un homme des montagnes, qui vit replié sur lui-même et qui perpétue la tradition familiale. Un type bourru mais gentil. Il lui vient en aide et la recueille chez lui. Dans son maso, son chalet. 
Evidemment Wegener, le mari floué veut récupérer sa femme et surtout le trésor avec lequel elle a mis les voiles. Car ce trésor ne lui appartient pas vraiment. Alors, il se fait aider. L'homme de Confiance, celui qui n'a pas de nom, va partir à la recherche de Marlène. Il n'a jamais échoué. Il est terrible. Invincible. Il enquête, pose des questions, se fait ami avec les bonnes personnes. Il en veut. 

La comparaison avec le livre de Stephen King s'arrête là et sans dévoiler l'intrigue, la relation entre Simon et Marlène n'est pas du même style que celle entretenue entre Sheldon et Annie Wilkes. Les deux êtres vont s'apprivoiser, s'apprécier, se respecter et s'entreaider. 
Peu à peu, Simon se met à nu. Il dévoile une personnalité complexe. Toujours aussi attaché à ses bêtes, des cochons qu'il élève comme ses propres enfants. 
Et puis, il y a Lizzie. Qui le hante. 


"Au coeur de la folie" est un roman qui porte vraiment bien son titre pourtant l'auteur ne se précipite pas. Il prend son temps pour nous présenter ses personnages et l'on se demande un moment où la folie ira se nicher. Petit à petit, comme un couturier consciencieux, comme une araignée besogneuse, D'Andrea nous enferme dans un piège terrible. La fin est inéluctable. Elle sera fatale, à n'en point douter. Mais qui en fera les frais ? Qui verse dans la folie ? Simon, reclus dans son maso, dont l'enfance lointaine semble laisser des traces ? Marlène qui cache quelques secrets ? Wegener, la mafieux en colère ? L'homme de confiance qui ne lâchera rien ? 

Sorte de jeu de chats et la souris terrible, avec une pointe de fantastique, Luca D'Andrea confirme son talent pour raconter des histoires. Des contes modernes que les lecteurs les plus exigeants apprécieront. 

Je remercie vivement Joséphine Renard et les éditions Denöel pour ce livre qui m'a fasciné. Sans nul doute que l'on entendra parler de cet auteur pendant longtemps ! 






jeudi 11 octobre 2018

Trauma zéro, Elly Rosemad, éditions De Saxus



Gabriel, un jeune médecin séduisant et talentueux, va profiter de cette opportunité pour assouvir ses pulsions criminelles et sadiques à l'insu de tous. Ses proies seront des femmes en fin de vie, mais leur mort sera tout sauf paisible. 

Dans le même hôpital, Maddy, une psychologue au caractère rebelle abîmée par la vie, a mis au point Trauma Zéro, un protocole expérimental destiné à effacer les traumatismes de la mémoire des patients. Mais l'expérience a été suspendue suite à un accident. 

Alors qu'elle tente de la remettre sur pied pour oublier ses propres souvenirs douloureux, elle essuie le refus de ses collègues. Désemparée, elle ne sait plus vers qui se tourner. Pourtant un événement va tout changer. Un jour, elle surprend Gabriel en plein meurtre. Mais contre toute attente, Maddy lui propose le plus inattendu des pactes : ne pas le dénoncer en échange de son aide pour s'appliquer le protocole Trauma Zéro. 
Un jeu dangereux débute alors entre eux et ses conséquences seront terribles... 

Un thriller psychologique intense !





Je suis bien embêté aujourd'hui pour écrire cette chronique. Le premier roman de Elle Rosemad ne m'a pas convaincu du tout. Etant auteur moi-même, je sais le travail que peut représenter l'écriture d'un roman. Des heures de recherches, d'écriture, de ratures, de corrections, de réflexion...Sans compter la recherche parfois fastidieuse d'un éditeur. Tout cela représente un énorme travail. Je respecte celui de l'auteur dans le cas présent. Aussi, je serai bref. Par honnêteté intellectuelle. 

L'histoire se passe dans un futur proche dans une ville fictive, Capitale Sud. On suppose qu'elle se trouve en France. L'auteur ne nous le précise jamais. 
Une psy en mal de vivre, un médecin brillant, beau, charismatique, adoré, adulé mais ...serial killer, voici les deux protagonistes principaux. Ils vont se livrer un drôle de manège, ces deux-là. Un jeu pervers. A côté, on trouve les personnages secondaires, Hank et le mystérieux Eissemme, par exemple. 

Bon à dire vrai, n'est pas Thomas Harris ou Graham Masterton qui veut. J'ai eu l'impression d'un mauvais copier-coller des livres de tueurs en série et de tortures déjà écrits. Les scènes sont parfois difficiles, détaillées et c'est dérangeant. Ce n'est pas ce côté qui me hérisse les poils des bras mais plutôt l'impression que l'auteur a voulu recréer un monstre avec toutes les perversités possibles. Une pincée de Ed Gein, un peu de Jeffrey Dahmer, un côté Ted Bundy. On mélange le tout et on obtient... Esseime. Too much pour moi. Dommage. 

Par ailleurs, je trouve l'écriture ampoulée. Elly Rosemad en fait des caisses. C'est trop et parfois indigeste. Des expressions comme "dire l'indicible", "croire l'incroyable", "penser et panser ses blessures"... Désolé, je ne marche pas. 

Côté positif, l'auteur semble avoir une culture musicale originale et intéressante. Dommage qu'elle n'en use pas plus au cours de ce roman. 

Je n'irai pas plus loin. Je m'attendais à mieux. Peut-être suis-je trop exigeant en la matière. 





jeudi 27 septembre 2018

Honky Tonk samouraïs, Joe R Landsale, Editions Denoël.

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Frédéric Brument




Les mecs qui s'émeuvent pour le sort d'un chien plus que pour celui d'un homme mauvais, ça met déjà dans l'ambiance et ça en dit beaucoup sur  eux : Hap et Léonard, un ancien activiste rebelle et un noir gay violent mais avec des valeurs humanistes. Pour cette nouvelle enquête (la douzième) du duo formé par Joe R Landsale, humour, action, suspens sont au programme.

Tout commence par une banale surveillance pour les détectives Hap et Léonard. Mais très vite, ça dégénère. Ils tombent face à un type qui massacre son chien. Le type en question, il faut le préciser, n'a rien à voir dans leur mission. Donc, Ils voient rouge et Léonard se déchaîne. Le problème, c'est que la scène a été filmée par une vieille dame qui va venir les voir. Chantage ? Un peu. La vieille a besoin d'aide. Elle veut retrouver sa petite fille disparue cinq ans auparavant. Dur dur pour les détectives. Brett, la compagne de Hap vient de reprendre la direction de l'agence. Ils ont besoin d'argent. Ils vont accepter bien qu'ils pensent que pour la jeune fille en question, le sort en est jeté.

Dans ce roman aux accents Redneck, on va de surprise en surprise. L'auteur nous trimballe avec délectation d'une concession auto un peu particulière à un campement de motards légèrement tarés jusqu'à l'antre des vrais méchants qu'auraient appréciés Thomas Harris.

Le rythme est fou, les personnages le sont également mais c'est jubilatoire. L'écriture de Joe R Landsale nous fait oublier l'horreur et la violence. On se délecte des scènes un peu hard car il nous fait passer la pilule comme s'il évoquait une banale scène de la vie quotidienne. Le talent de Landsale n'est plus à prouver mais ce Hanky tonk Samouraïs est un vrai délice.

Ce que je demande à un livre, c'est qu'il me fasse rêver, peur, pleurer ou rire. Ici, j'ai eu tout à la fois !
Chapeau également au traducteur qui a su retranscrit tout l'humour et la finesse de l'auteur. L'exercice n'était pourtant pas simple ! Merci à lui.
Je remercie les éditions Denoël et en particulier Joséphine Renard pour cette découverte.
En librairie à partir d'aujourd'hui.


Le rôle de la guêpe, Colin Winnette, Editions Denoël.


Un nouvel élève vient d’arriver à l’orphelinat, un établissement isolé aux mœurs aussi inquiétantes qu’inhabituelles. Il entend des murmures effrayants la nuit, et ses camarades se révèlent violents et hostiles. Quant au directeur, il lui souffle des messages cryptiques et accusateurs. Seul et rejeté par ses pairs, le nouveau tente de survivre à l’intérieur de cette société inhospitalière. 
Une rumeur court parmi les pensionnaires, selon laquelle un fantôme hanterait les lieux et tuerait une personne par an. Tous les ans, les garçons se réunissent, sous l’impulsion de quelques anciens, pour démasquer celui d’entre eux qu’ils pensent être le fantôme… et l’éliminer! 
Simple mascarade potache ou mise en scène sordide pour justifier les meurtres rituels? Cette année, le prétendu fantôme a été clairement désigné : c’est le petit nouveau. Pour une simple et bonne raison, on ne l’a jamais vu saigner, et les guêpes, très nombreuses dans cette bâtisse, ne le piquent pas. La chasse
...



Je reconnais que je n'avais encore jamais lu de livre de Colin Winnette, donc je n'ai pas de références le concernant. J'ai été attiré par le résumé et l'ambiance qui s'en dégage. Sorte de huis-clos intemporel, des garçons orphelins, tantôt cruels tantôt innocents. On ne sait d'ailleurs jamais vraiment qui est qui. On ne sait jamais non plus où la scène se déroule exactement.

Un jeune, dont on ne sait pas grand chose, débarque dans un orphelinat isolé. L'ambiance n'est pas vraiment à la fête et même si les jeunes ne sont pas maltraités, ils vivent de manière spartiate. Leur vie est rythmé par les études et quelques tâches ménagères. Le narrateur ne parvient pas à se lier d'amitié avec les autres, tout juste connaît-il certains prénoms. En échange, il reçoit insultes, menaces, coups et au mieux indifférence. D'entrée de jeu, ce garçon nous semble étrange. Qui est-il ? D'où vient-il ? Que veut-il ? Souffre t-il d'un mal quelconque ? On aimerait en savoir plus mais l'auteur ne distille que peu d'informations à son sujet. Est-il la victime idéale d'un groupe de garçons malintentionnés ? Est-il le coupable idéal ? D'autant que des corps sans vie sont retrouvés.

Trois adultes seulement gravitent autour de ces jeunes : la jolie institutrice, le directeur et la femme de celui-ci. Quels rôles vont bien pouvoir t'ils jouer dans la construction (ou destruction) de nos jeunes ? 
Lentement, Colin Winnette tisse une toile, un piège qui va se refermer dans une atmosphère apocalyptique que n'aurait pas boudé Denis Lehanne dans Shutter Island. 

Le rôle de la guêpe est un roman étrange, pas classique, étonnant. C'est aussi ce que je recherche dans la littérature. Etre surpris, bousculé, parfois malmené. C'est fin et bien amené. La fin est bien travaillée et laisse le lecteur en proie à ses propres interprétations. 

Je remercie les éditions Denoël et en particulier Joséphine Renard pour cette découverte. 


lundi 24 septembre 2018

Incontrôlable, James Patterson, David Ellis, éditions de l'Archipel.

Le cadavre d’une très belle femme
  
Ben Casper n’aurait jamais imaginé retrouver le corps de Diana, sa meilleure amie, une agente de la CIA, au pied de son immeuble. Elle se serait jetée par la fenêtre de son appartement. Suicide. Affaire classée.
  
Retrouvé au bas de son immeuble
  
Pourtant, Diana, dont Ben était secrètement amoureux, n’avait a priori aucun motif d’en finir avec la vie… Journaliste d’investigation, Ben pressent qu’on a cherché à la faire taire.
Peut-il mettre La maison blanche en danger ?
  
Bientôt, il va mettre au jour un complot qui pourrait impliquer les plus hautes instances du pouvoir. Mais, à trop approcher la vérité, c’est sa propre vie que Ben met en danger. Certains secrets ne doivent pas être ébruités…
  
« Un roman qui vous tient en haleine. Puissant, démarrant à toute allure : une vraie Porsche de compétition ! »
Publishers Weekly



Cela faisait un moment que je n'avais pas posté de billet sur ce blog. La faute aux vacances et à une rentrée sur les chapeaux de roue. Qu'est-ce qui m'attendait à mon retour ? Le nouveau James Patterson. Il signe ici avec David Ellis (écrivain reconnu, lauréat du prix Edgar Allan Poe du premier roman) avec qui il a déjà collaboré (Invisible ; Week en enfer) un roman dans les coulisses de la Maison Blanche.
Point de vue structurel, le récit est découpé un courts chapitres. L'écriture est ciselée, rapide, les auteurs ne s'embarrassent pas de détails superflus. Ce qui ne veut pas dire que c'est mal écrit. Au contraire, c'est fin, plein d'humour et de références cinématographiques que j'ai beaucoup appréciées. De plus, Ben Casper, personnage attachant, dont l'histoire familiale cache quelque secret, a très tôt été initié aux biographies des présidents américains. Grâce à son père, professeur d'université, il connaît tout d'eux. Le récit est donc émaillé d'anecdotes sur ces illustres personnages qui ont façonnés les Etats-Unis. Ce qui est fort intéressant.
Mais "Incontrôlable", c'est d'abord un thriller mené tambour battant. Casper, rédacteur en chef d'un journal modeste, veut découvrir pourquoi son amie a été assassinée. Plus il progresse plus le piège se referme sur lui. Quand on touche  à certains secrets, on risque la brûlure. Surtout quand ces secrets touchent à l'Etat. FBI ? CIA ? Maison Blanche ? Les pouvoirs sont représentés. Et ils n'aiment pas qu'on les bouscule. Des vies sont en danger ! Casper aura bien du mal à faire émerger la vérité.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. C'est ce que j'attend des livres. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Incontrôlable est vraiment un bon roman dans lequel il m'a été facile de plonger.
Disponible aux éditions de l'Archipel que je remercie vivement pour cette découverte.