jeudi 11 octobre 2018

Trauma zéro, Elly Rosemad, éditions De Saxus



Gabriel, un jeune médecin séduisant et talentueux, va profiter de cette opportunité pour assouvir ses pulsions criminelles et sadiques à l'insu de tous. Ses proies seront des femmes en fin de vie, mais leur mort sera tout sauf paisible. 

Dans le même hôpital, Maddy, une psychologue au caractère rebelle abîmée par la vie, a mis au point Trauma Zéro, un protocole expérimental destiné à effacer les traumatismes de la mémoire des patients. Mais l'expérience a été suspendue suite à un accident. 

Alors qu'elle tente de la remettre sur pied pour oublier ses propres souvenirs douloureux, elle essuie le refus de ses collègues. Désemparée, elle ne sait plus vers qui se tourner. Pourtant un événement va tout changer. Un jour, elle surprend Gabriel en plein meurtre. Mais contre toute attente, Maddy lui propose le plus inattendu des pactes : ne pas le dénoncer en échange de son aide pour s'appliquer le protocole Trauma Zéro. 
Un jeu dangereux débute alors entre eux et ses conséquences seront terribles... 

Un thriller psychologique intense !





Je suis bien embêté aujourd'hui pour écrire cette chronique. Le premier roman de Elle Rosemad ne m'a pas convaincu du tout. Etant auteur moi-même, je sais le travail que peut représenter l'écriture d'un roman. Des heures de recherches, d'écriture, de ratures, de corrections, de réflexion...Sans compter la recherche parfois fastidieuse d'un éditeur. Tout cela représente un énorme travail. Je respecte celui de l'auteur dans le cas présent. Aussi, je serai bref. Par honnêteté intellectuelle. 

L'histoire se passe dans un futur proche dans une ville fictive, Capitale Sud. On suppose qu'elle se trouve en France. L'auteur ne nous le précise jamais. 
Une psy en mal de vivre, un médecin brillant, beau, charismatique, adoré, adulé mais ...serial killer, voici les deux protagonistes principaux. Ils vont se livrer un drôle de manège, ces deux-là. Un jeu pervers. A côté, on trouve les personnages secondaires, Hank et le mystérieux Eissemme, par exemple. 

Bon à dire vrai, n'est pas Thomas Harris ou Graham Masterton qui veut. J'ai eu l'impression d'un mauvais copier-coller des livres de tueurs en série et de tortures déjà écrits. Les scènes sont parfois difficiles, détaillées et c'est dérangeant. Ce n'est pas ce côté qui me hérisse les poils des bras mais plutôt l'impression que l'auteur a voulu recréer un monstre avec toutes les perversités possibles. Une pincée de Ed Gein, un peu de Jeffrey Dahmer, un côté Ted Bundy. On mélange le tout et on obtient... Esseime. Too much pour moi. Dommage. 

Par ailleurs, je trouve l'écriture ampoulée. Elly Rosemad en fait des caisses. C'est trop et parfois indigeste. Des expressions comme "dire l'indicible", "croire l'incroyable", "penser et panser ses blessures"... Désolé, je ne marche pas. 

Côté positif, l'auteur semble avoir une culture musicale originale et intéressante. Dommage qu'elle n'en use pas plus au cours de ce roman. 

Je n'irai pas plus loin. Je m'attendais à mieux. Peut-être suis-je trop exigeant en la matière. 





jeudi 27 septembre 2018

Honky Tonk samouraïs, Joe R Landsale, Editions Denoël.

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Frédéric Brument




Les mecs qui s'émeuvent pour le sort d'un chien plus que pour celui d'un homme mauvais, ça met déjà dans l'ambiance et ça en dit beaucoup sur  eux : Hap et Léonard, un ancien activiste rebelle et un noir gay violent mais avec des valeurs humanistes. Pour cette nouvelle enquête (la douzième) du duo formé par Joe R Landsale, humour, action, suspens sont au programme.

Tout commence par une banale surveillance pour les détectives Hap et Léonard. Mais très vite, ça dégénère. Ils tombent face à un type qui massacre son chien. Le type en question, il faut le préciser, n'a rien à voir dans leur mission. Donc, Ils voient rouge et Léonard se déchaîne. Le problème, c'est que la scène a été filmée par une vieille dame qui va venir les voir. Chantage ? Un peu. La vieille a besoin d'aide. Elle veut retrouver sa petite fille disparue cinq ans auparavant. Dur dur pour les détectives. Brett, la compagne de Hap vient de reprendre la direction de l'agence. Ils ont besoin d'argent. Ils vont accepter bien qu'ils pensent que pour la jeune fille en question, le sort en est jeté.

Dans ce roman aux accents Redneck, on va de surprise en surprise. L'auteur nous trimballe avec délectation d'une concession auto un peu particulière à un campement de motards légèrement tarés jusqu'à l'antre des vrais méchants qu'auraient appréciés Thomas Harris.

Le rythme est fou, les personnages le sont également mais c'est jubilatoire. L'écriture de Joe R Landsale nous fait oublier l'horreur et la violence. On se délecte des scènes un peu hard car il nous fait passer la pilule comme s'il évoquait une banale scène de la vie quotidienne. Le talent de Landsale n'est plus à prouver mais ce Hanky tonk Samouraïs est un vrai délice.

Ce que je demande à un livre, c'est qu'il me fasse rêver, peur, pleurer ou rire. Ici, j'ai eu tout à la fois !
Chapeau également au traducteur qui a su retranscrit tout l'humour et la finesse de l'auteur. L'exercice n'était pourtant pas simple ! Merci à lui.
Je remercie les éditions Denoël et en particulier Joséphine Renard pour cette découverte.
En librairie à partir d'aujourd'hui.


Le rôle de la guêpe, Colin Winnette, Editions Denoël.


Un nouvel élève vient d’arriver à l’orphelinat, un établissement isolé aux mœurs aussi inquiétantes qu’inhabituelles. Il entend des murmures effrayants la nuit, et ses camarades se révèlent violents et hostiles. Quant au directeur, il lui souffle des messages cryptiques et accusateurs. Seul et rejeté par ses pairs, le nouveau tente de survivre à l’intérieur de cette société inhospitalière. 
Une rumeur court parmi les pensionnaires, selon laquelle un fantôme hanterait les lieux et tuerait une personne par an. Tous les ans, les garçons se réunissent, sous l’impulsion de quelques anciens, pour démasquer celui d’entre eux qu’ils pensent être le fantôme… et l’éliminer! 
Simple mascarade potache ou mise en scène sordide pour justifier les meurtres rituels? Cette année, le prétendu fantôme a été clairement désigné : c’est le petit nouveau. Pour une simple et bonne raison, on ne l’a jamais vu saigner, et les guêpes, très nombreuses dans cette bâtisse, ne le piquent pas. La chasse
...



Je reconnais que je n'avais encore jamais lu de livre de Colin Winnette, donc je n'ai pas de références le concernant. J'ai été attiré par le résumé et l'ambiance qui s'en dégage. Sorte de huis-clos intemporel, des garçons orphelins, tantôt cruels tantôt innocents. On ne sait d'ailleurs jamais vraiment qui est qui. On ne sait jamais non plus où la scène se déroule exactement.

Un jeune, dont on ne sait pas grand chose, débarque dans un orphelinat isolé. L'ambiance n'est pas vraiment à la fête et même si les jeunes ne sont pas maltraités, ils vivent de manière spartiate. Leur vie est rythmé par les études et quelques tâches ménagères. Le narrateur ne parvient pas à se lier d'amitié avec les autres, tout juste connaît-il certains prénoms. En échange, il reçoit insultes, menaces, coups et au mieux indifférence. D'entrée de jeu, ce garçon nous semble étrange. Qui est-il ? D'où vient-il ? Que veut-il ? Souffre t-il d'un mal quelconque ? On aimerait en savoir plus mais l'auteur ne distille que peu d'informations à son sujet. Est-il la victime idéale d'un groupe de garçons malintentionnés ? Est-il le coupable idéal ? D'autant que des corps sans vie sont retrouvés.

Trois adultes seulement gravitent autour de ces jeunes : la jolie institutrice, le directeur et la femme de celui-ci. Quels rôles vont bien pouvoir t'ils jouer dans la construction (ou destruction) de nos jeunes ? 
Lentement, Colin Winnette tisse une toile, un piège qui va se refermer dans une atmosphère apocalyptique que n'aurait pas boudé Denis Lehanne dans Shutter Island. 

Le rôle de la guêpe est un roman étrange, pas classique, étonnant. C'est aussi ce que je recherche dans la littérature. Etre surpris, bousculé, parfois malmené. C'est fin et bien amené. La fin est bien travaillée et laisse le lecteur en proie à ses propres interprétations. 

Je remercie les éditions Denoël et en particulier Joséphine Renard pour cette découverte. 


lundi 24 septembre 2018

Incontrôlable, James Patterson, David Ellis, éditions de l'Archipel.

Le cadavre d’une très belle femme
  
Ben Casper n’aurait jamais imaginé retrouver le corps de Diana, sa meilleure amie, une agente de la CIA, au pied de son immeuble. Elle se serait jetée par la fenêtre de son appartement. Suicide. Affaire classée.
  
Retrouvé au bas de son immeuble
  
Pourtant, Diana, dont Ben était secrètement amoureux, n’avait a priori aucun motif d’en finir avec la vie… Journaliste d’investigation, Ben pressent qu’on a cherché à la faire taire.
Peut-il mettre La maison blanche en danger ?
  
Bientôt, il va mettre au jour un complot qui pourrait impliquer les plus hautes instances du pouvoir. Mais, à trop approcher la vérité, c’est sa propre vie que Ben met en danger. Certains secrets ne doivent pas être ébruités…
  
« Un roman qui vous tient en haleine. Puissant, démarrant à toute allure : une vraie Porsche de compétition ! »
Publishers Weekly



Cela faisait un moment que je n'avais pas posté de billet sur ce blog. La faute aux vacances et à une rentrée sur les chapeaux de roue. Qu'est-ce qui m'attendait à mon retour ? Le nouveau James Patterson. Il signe ici avec David Ellis (écrivain reconnu, lauréat du prix Edgar Allan Poe du premier roman) avec qui il a déjà collaboré (Invisible ; Week en enfer) un roman dans les coulisses de la Maison Blanche.
Point de vue structurel, le récit est découpé un courts chapitres. L'écriture est ciselée, rapide, les auteurs ne s'embarrassent pas de détails superflus. Ce qui ne veut pas dire que c'est mal écrit. Au contraire, c'est fin, plein d'humour et de références cinématographiques que j'ai beaucoup appréciées. De plus, Ben Casper, personnage attachant, dont l'histoire familiale cache quelque secret, a très tôt été initié aux biographies des présidents américains. Grâce à son père, professeur d'université, il connaît tout d'eux. Le récit est donc émaillé d'anecdotes sur ces illustres personnages qui ont façonnés les Etats-Unis. Ce qui est fort intéressant.
Mais "Incontrôlable", c'est d'abord un thriller mené tambour battant. Casper, rédacteur en chef d'un journal modeste, veut découvrir pourquoi son amie a été assassinée. Plus il progresse plus le piège se referme sur lui. Quand on touche  à certains secrets, on risque la brûlure. Surtout quand ces secrets touchent à l'Etat. FBI ? CIA ? Maison Blanche ? Les pouvoirs sont représentés. Et ils n'aiment pas qu'on les bouscule. Des vies sont en danger ! Casper aura bien du mal à faire émerger la vérité.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. C'est ce que j'attend des livres. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Incontrôlable est vraiment un bon roman dans lequel il m'a été facile de plonger.
Disponible aux éditions de l'Archipel que je remercie vivement pour cette découverte.

jeudi 19 juillet 2018

Moteur ! Pascal Louvrier, Editions Tohu Bohu


James Katenberg, scénariste autrefois adulé à Hollywood, attend Eden à sa sortie de prison. Séducteur désabusé et mélancolique, James poursuit en France, avec succès mais sans conviction, une carrière chaotique.
Une sombre histoire de came contraint James et Eden à retourner aux États-Unis, à quitter le ciel perclus de nuages de la vieille Europe pour le bleu presque transparent de l’Ouest américain. James retrouve son ranch, dans un coin paumé du désert de l’Arizona. Mais il retrouve aussi un passé qui le hante…
Pourquoi Robin Bakker, l’agent du FBI protège-t-il James ?
Pourquoi James déteste-t-il l’océan Pacifique ?
Et surtout, pourquoi sa mère, célèbre actrice d’Hollywood, s’est-elle suicidé ce 24 décembre 1962, alors qu’elle était enceinte de neuf mois ?
Toutes ses questions trouvent réponse dans la Vallée de la mort…
Avec Moteur!, Pascal Louvrier nous fait revivre l’âge d’or du cinéma d’Hollywood, entre Technicolor, voitures décapotables et acteurs de légende.


James, scénariste talentueux se morfond en France. Accompagné par Eden qui est folle amoureuse de lui, il décide de retourner aux Etats-Unis. Il veut retrouver l'immensité du désert, la tranquillité de son ranch, le ciel limpide et la possibilité de travailler sereinement, se lancer dans d'autres projets et tourner la page. Pourtant, plus que jamais et plus que n'importe où il va devoir se confronter à son passé. Beaucoup de questions sont en suspens tout au long du roman. Pourquoi est il suivi/protégé par le FBI ? Pourquoi sa mère s'est-elle suicidée alors qu'elle était enceinte ? 
Moteur ! tient autant à son intrigue qui se tisse peu à peu qu'à ses personnages. Je dois dire d'emblée que j'ai bien aimé ce roman pour ces deux aspects. Tout d'abord l'intrigue. L'auteur nous présente succinctement les deux personnages principaux. Le couple improbable James/Eden. Elle l'aime comme un fou, lui l'apprécie. Il ne veut pas dire qu'il l'aime mais on pressent qu'il a de l'affection pour elle. Il a trente ans de plus qu'elle. Elle a fait un séjour en prison, il l'a attendue, est venu la voir au parloir, l'héberge. Donc on peut effectivement penser qu'il éprouve quelques sentiments pour elle. 
Eden est nature, jolie, naïve et surtout très addict à la dope. De leur rencontre on ne sais pas grand-chose. Mais très vite, ils vont s'apprivoiser même si parfois, entre les deux, c'est conflictuel. Après un différend avec des trafiquants, James décide de rentrer aux States. Seul. Finalement, il acceptera qu'Eden le suive. 
Une nouvelle vie sous le soleil de l'Arizona. Eden prend ses marques tandis que James retrouve les siennes. Le trio qu'ils forment avec ..., en quelque sorte le gardien du ranch, fonctionne plutôt bien. Le vieil homme est attaché à James. Et c'est réciproque. 
Mais très vite James se renferme, tourne en rond, ressasse, pique des crises, boit plus que de raison. Il rencontre Bakker, le flic du FBI à plusieurs reprises. Il lui faut des réponses. Sa mère le hante. 
Ce roman se lit vraiment très bien. Les chapitres sont assez courts, l'écriture est fluide et agréable. Ce n'est pas véritablement un thriller même s'il en a l'air. C'est aussi l'occasion de découvrir le monde du cinéma, de Hollywood, des magouilles, de la célébrité. On fait des rencontres : le passage où James rencontre Marlon Brando est anthologique. Je crois que c'est le moment que j'ai préféré dans ce roman. Je revois l'immense Brando comme lorsqu'il joue Kurtz dans Apocalypse Now. Un grand homme, mystique, charismatique, énigmatique mais qui se détruit. Enorme. 
Puis, dans les dernières pages la vérité éclate. C'est bien fichu et passionnant. 
Un très bon roman à découvrir aux éditions Tohu Bohu que je remercie de m'avoir permis de lire. 

Power play, Mike Nicol, Editions du Seuil


Le Cap est une ville de gangsters, de violence et de corruption des élites politiques qui n’a, dans l’histoire du polar, rien à envier au Chicago des années 1930 ou au Los Angeles des romans d’Ellroy.
Deux gangs s’y livrent une guerre impitoyable pour s’approprier le marché de la drogue. La fille de Titus Anders, le vénérable chef des Pretty Boyz, qui essaie de s’acheter une respectabilité tout en blanchissant de l’argent à tout va, a été enlevée par la féroce Tamora, chef des Mongols, le nouveau gang dominant. L’escalade des représailles est sanglante et brutale, les membres des deux clans tombent comme des mouches. Dans le même temps, Krista, qui dirige une agence de sécurité spéciale filles, est contrainte par les services secrets d’accepter un contrat : il s’agit de protéger des Chinois venus investir dans les mines. En réalité, ils convoitent le commerce incroyablement lucratif des ormeaux. Quand il apparaît que les gangs sont manipulés au plus haut niveau de l’État, où se disputent les vrais enjeux financiers, le lecteur soupçonne que la fiction n’est pas forcément très loin de la réalité.
Né en 1951, Mike Nicol vit au Cap. Journaliste, éditeur, auteur anglophone de romans non policiers pour commencer, il se consacre désormais au polar hard-boiled et engagé politiquement. Il est aussi l’auteur d’une biographie autorisée de Nelson Mandela.
« Ce n’est pas juste de la superbe littérature de genre, c’est de la superbe littérature, point barre. » John Connolly

Pour ce nouveau roman du Sud Africain Mike Nicol, on change de personnage et on délaisse le duo qui nous a fait vibrer (Mace et Pylon) pour s'intéresser à la fille de Mace, Krista. Elle devient l'un des personnage principal après avoir repris l'entreprise de son père. Fini les magouilles, fini les coups foireux. L'entreprise de protection et de surveillance est clean, respectable et respectée. Avec Tamy, Krista est devenue grande. Elle est le pilier de la société spécialisée aujourd'hui dans la protection des femmes d'affaires. Tout se passe bien. Jusqu'au jour où Titus, malfrat bien connu du Cap l'oblige à prendre sous sa coupe sa propre fille.
L'homme essaie (du moins en surface) de se ranger, de s'acheter une respectabilité. Mais Krista n'est pas dupe. Elle sait qu'un escroc restera toujours un escroc. Pourtant Titus souffre. On lui fait du mal. Quelqu'un cherche à le rayer de la carte.
C'est risqué, Titus est l'un des trois intouchables de la ville.

Avec une précision chirurgicale, une écriture sans concession, Mike Nicol continue sa dissection de la vie sud-africaine. Loin des clichés post-apartheid, il met le doigt sur les dysfonctionnements, le racisme et les magouilles. C'est toujours très efficace car la nation "arc-en-ciel" n'en a pas encore fini avec son histoire.

C'est violent aussi. L'auteur ne s'embarrasse pas avec les états d'âme, ce qui peut toutefois manquer aux lecteurs. De fait, on a du mal à éprouver de l'empathie pour eux. Tous les personnages semblent dénuer de sentiments. Sauf peut-être Krista, qui est l'une des mieux dessinées. C'est juste le seul point noir à ce livre. C'est sans doute un parti pris de l'auteur et ça ne m'a pas empêché de prendre du plaisir, comme chaque fois avec cet auteur.

Pour autant, il nous offre aussi de belles descriptions d'un pays entre mer et montagne. A la jonction de deux océans puissants. Une idée pour un prochain voyage ? Pourquoi pas ? En tout cas, j'attends avec impatience son prochain livre. Avec Mike Nicol, je n'ai encore jamais été déçu.
Power Play est disponible aux éditions du Seuil.








dimanche 8 juillet 2018

Le souffle court, Frédéric H Fajardie, Editions la Table Ronde




" Toepfer bondit. " Il avait entrevu la silhouette près de la Rolls, juste avant l'explosion. " Il savait, quelque part en lui, que tout était superflu et qu'en cet instant son patron grillait déjà, mais on l'avait dressé à ne jamais laisser échapper une proie. " Passant en courant près d'un épais massif de laurier, il flaira le danger, avec une seconde de retard. " Il fixa dans son esprit, pour une brève éternité, la silhouette d'un homme mince, de type balkanique et correctement vêtu. " Il reconnut même l'arme. " Un croc de boucher qui se planta dans son oeil gauche. " 

Comme son titre l'indique, Le souffle court est un roman très court, qui se lit d'une traite quasiment en bloquant sa respiration. Dans ce livre, initialement édité en 1982 on retrouve le commissaire Padovani et sa bande. flic hors norme, un peu insolent, limite subversif, Padovani n'est pas le bon toutou du Divisionnaire. Il attaque, n'a pas la langue dans sa poche, joue dans l'impoliquement correct, ce prend des baffes, n'hésite pas à contourner la loi et c'est ça qui est bon.
Ici, un gros Richard a été tué, chez lui. Le garde du corps a reçu le même traitement. L'attaque est sauvage et très vite la signature va être connue. Les Yougoslaves sont de la partie.
L'occasion pour l'auteur pour nous décrire un contexte géopolitique explosif bien avant l'éclatement des années 90. Même s'il ne rentre pas dans les détails (et heureusement d'ailleurs) des inimitiés, des amitiés, des coups foireux des forces en présence, Fajardie nous décrit une situation qui dépasse les frontières balkaniques.
On retrouve la galerie de personnages propres à l'univers de Fajardie. Des flics et des méchants. Parfois avec des flics plus méchants que les méchants. "Le souffle court" se lit vite, pas de temps mort, de l'humour et de l'action. Sans oublier la dénonciation de certains faits de l'époque font que ce petit roman, je ne suis pas prêt de l'oublier. Un bon polar que réédite la Table Ronde.

Je connais des îles lointaines, Louis Brauquier, Editions de la Table Ronde

Il existe une légende autour de Louis Brauquier comme autour de Levet, de Toulet et de Larbaud. 
Né en 1900 à Marseille, mort en 1976, agent des Messageries Maritimes, Brauquier fut en poste à Sydney, Nouméa, Alexandrie, Djibouti, Shanghaï et Diégo-Suarez. 
Loin des modes, des écoles et des engouements de son époque, cet homme libre, fier de son métier de négociant, consacra sa poésie au monde maritime, au mouvement des navires, à l'attente dans les ports et à la vie ailleurs. 
Dans son Voyage en Chine, Jules Roy a écrit : «Mon ami Brauquier... connaissait la gloire d'être l'un des plus grands poètes vivants méconnus et s'en trouvait orgueilleusement bien...» 
Louis Brauquier s'impose aujourd'hui comme l'un des plus attachants nomades de la poésie française.




Même si ce blog est consacré principalement aux polars et aux thrillers, j'apprécie d'autres lectures. Un peu (beaucoup ) de poésie fait du bien, surtout celle qui parle des marins qui partent, des océans, des ports, des dockers, des femmes qui attendent, qui se font aimer ou détester. 
Louis Brauquier a bourlingué en France, en Australie, en Egypte. Il a raconté sa vie à travers les gens de mer. Selon Olivier Frebourg, son préfacier, Brauquier est "plus connu des registres des affaires maritimes que des manuels littéraires". Ce qui est bien dommage car on sent dans ses vers le sel marin, les embruns et le vent chaud des mers du Sud. Il y a du Conrad et du Rimbaud. 

Des Navires, dans l'Atlantique,
Sans faiblir ni se dérouter, 
Toute la nuit et les jours d'après, 
Prirent des lignes nostalgiques
Pour obéir aux volontés
De cet homme mort un soir de dimanche
Qui ne devait pas les voir retourner. 


On peut remercier vivement les éditions de la Table Ronde pour leur réédition des poésies complètes de Brauquier et à la lecture desquelles on peut suivre la carrière entière dans les affaires maritimes. 
En fin de volume, on trouvera également avec plaisir "Le cyprès couronné de Myrte", oeuvre provençale qui chante Marseille, la Bonne Mère, la Camargue, la mer et le Vieux Port. 

Tu es la gloire de Marseille, de ma Ville, 
la clarté se levant aux rivages latins. 
Voilà pourquoi mon chant s'élève à son matin
vers toi, peu de fierté tranquille, 
toi qui, malgré la vie âpre et les hommes faux, 
passes, âpre et farouche, comme Dante à Vérone, 
les yeux perdus dans le rêve qui t'environne, 
toi, roi de mes exaltations. 

   Ce recueil complet sera un parfait compagnon pour la plage cet été. Même si certains textes sont empreints de nostalgie et de mélancolie, l'ensemble est plaisant et invite au voyage. 

Les Poésies complètes de Brauquier sont disponibles aux éditions la Table Ronde. 



Sekt, Vincent Ravalec, Editions Tohu Bohu.

Le chef gLe chef gendarme y va de son laïus. Ils ont toutes les raisons de penser qu'il est arrivé quelque chose au fils de la femme ici présente et il précise qu'il serait dans l'intérêt de tous de collaborer. Aucune réponse. Silence de mort. Le jour se lève. Les yeux de la femme s'agrandissent d'horreur, ceux de Serge et de Marie-Hélène de stupeur. Dans le jardin, flottant sur des lambeaux de brouillard, scène d'épouvante, un homme est crucifié. On voit qu'il est encore vivant. Pour Serge, flic déclassé et Marie-Hélène juge fautive, c'est la possibilité du rachat. Résoudre ce mystère démoniaque c'est la rédemption ; échouer, la plongée professionnelle aux enfers. L'Origine du venin est un thriller diabolique au coeur des forces du mal qui nous côtoient dans l'ombre de notre quotidien. 
Un roman qui nous emmène loin, très loin, dès la première page et qui nous laisse pantois à sa conclusion.

endarme y va de son laïus. Ils ont toutes les raisons de penser qu’il est arrivé quelque chose au fils de la femme ici présente et il précise qu’il serait dans l’intérêt de tous de collaborer. Aucune réponse. Silence de mort. LSekit, le titre e jour se lève. Les yeux de la femme s’agrandissent d’horreur, ceux de Serge et de Marie-Hélène de stupeur. Dans le jardin, flottant sur des lambeaux de brouillard, scène d’épouvante, un homme est crucifié. OnSSekt. Le titre résonne comme un avertissement. Attention, le nouveau Ravalec débarque. le sujet est délicat : les sectes et l'emprise mentale. Deux enquêteurs tombés en disgrâce après des fautes professionnelles graves. Serge, le flic, a tué un malfrat. Ce geste ne lui a pas été pardonné et il va devoir le traîner comme un boulet pour le restant de ses jours. Marie-Hélène, la juge laxiste qui a remis en liberté un meurtrier qui a récidivé. Réunis sous la houlette de Tirson, un politique aux dents longues et sa (très) proche collaboratrice, ils vont devoir faire équipe au sein d'une nouvelle unité chargé de lutter contre les dérives sectaires : la MIOLDS.
Le roman commence par une scène très forte avec une espèce de messe noire et une crucifixion. Beurk. Le ton est donné. Vincent Ravalec utilise un procédé narratif original et déconcertant à la fois. Sa façon de raconter l'histoire de ses personnages peut rapidement nous faire perdre le fil. On ne vit pas l'instant. Après coup, on apprend ce qu'ils font. De fait, il faut toute sa concentration pour ne pas décrocher.
L'immersion dans la vie privée des enquêteurs met du piment au roman. Serge est en conflit avec son fils qui ne lui pardonne pas le meurtre qu'il a commis. Marie-Hélène vit seule avec sa fille qui cumule les bêtises. AU fil du livre, sans devenir des personnages centraux, leur rôle va déterminer une partie des actes des deux protagonistes. A côté d'eux, l'auteur nous envoie quelque part dans une île du Pacifique (sans doute), en tout cas loin de la France, en compagnie d'un vieux chaman et de son "abruti" de neveu. J'avoue que je me suis demandé ce que ces deux types venaient faire là. Les liens entre eux et les sectes me paraissent bien ténus.  Pourtant, ils jouent un rôle important dans le déroulement de l'histoire.
Pour conclure, je reconnais avoir été un peu déçu par ce roman. La première partie est plutôt bonne et m'a vraiment conquis. En revanche, j'ai trouvé la seconde plus confuse, plus métaphysique. Ce côté m'a gêné et empêché de profiter pleinement du récit. Cela dit, il faut aussi reconnaître le travail énorme de documentation de l'auteur qui s'attache à décrire les processus d'emprises mentales utilisées par les gourous de toutes sortes.
Je surveillerai bien sûr la publication du second tome de cette trilogie. our Serge, flic déclassé et Marie-Hélène juge fautive, c’est la possibilité du rachat. Résoudre ce mystère démoniaque c’est la rédemption ; échouer, la plongée professionnelle aux enfers.
L’Origine du venin est un thriller diabolique au coeur des forces du mal qui nous côtoient dans l’ombre de notre quotidien.
Un roman qui nous emmène loin, très loin, dès la première page et qui nous laisse pantois à sa conclusion.
L’Origine du venin, le premier volume de la trilogie SEKT

dimanche 24 juin 2018

Souvenirs effacés, Arno Strobel, Editions de l'Archipel.



Et si vous aviez été rayée de la mémoire de vos proches ?
  
L’enlèvement de son fils… Sa fuite nocturne a travers le parc… Le coup sur la tête… A son réveil d’un coma de deux mois, Sibylle a l’impression de se souvenir de tout. Elle a 34 ans, vit avec son mari dans une ville voisine.
Étrangement, le médecin a son chevet lui assure qu’elle n’a jamais eu d’enfant. Sibylle décide alors de fuir l’hôpital en pleine nuit pour rentrer chez elle.
Une automobiliste stoppe et la raccompagne jusqu’a son domicile. Mais, lorsque son mari ouvre la porte, il ne la reconnaît pas, malgré les détails intimes qu’elle lui livre.
A qui Sibylle peut-elle faire encore confiance ? Et qui est-elle vraiment ?
Avec Souvenirs effacés, le thriller qui l’a propulse au premier rang des maîtres allemands du suspense, Arno Strobel signe un roman qui vous fera douter de tout, jusqu’au bout.


Une femme se réveille dans une chambre d'hôpital après deux mois de coma. Un médecin lui explique ce qui lui est arrivé. Elle n'y croit pas, s'échappe et va errer à la recherche de la vérité. Dès lors une course va débuter pour celle qui croit être Sybille mais que personne ne reconnaît. Pourtant, elle en a tous les souvenirs.
Arno Strobel, auteur allemand, emmène son lecteur entre Rastibonne et Munich en compagnie de Sybille. Elle va  devoir faire confiance à une vieille dame providentiel, un homme dont la soeur a aussi connu pareille mésaventure et qui cherche la vérité ou encore un policier revêche. Evidemment, comme dans tout bon thriller qui se respecte, tout va aller de travers. Rien ne sera simple et ce que devra affronter Sybille pour avancer ressemblera plus à un parcours du combattant qu'à une tranquille promenade dominicale. Arno Strobel maîtrise tous les codes du thriller : fausses pistes, suspens, révélations parcimonieuses, personnages énigmatiques...
Si j'ai bien aimé dans l'ensemble ce roman, d'un auteur que je n'avais jamais lu auparavant, il ne me laissera pas un grand souvenir (sans faire de jeux de mots avec le titre).
L'écriture est simple, les paragraphes se suivent rapidement, les scènes s'enchaînent les unes après les autres sans temps mort. Ce qui en fait un bon divertissement. Cependant, je n'ai pas ressenti ni de frissons ni d'émotions particulières. Je n'ai pas vraiment eu de l'empathie pour la pauvre Sybille. Je n'ai fait que suivre ses péripéties, avec intérêt certes, mais sans plus. C'est un peu dommage.

 Je ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé. C'est un livre avec beaucoup de qualités que j'espère avoir réussi à souligner plus haut mais aussi avec quelques défauts qui m'ont empêché de rentrer pleinement dedans. Je trouve que l'auteur "fait le job" mais je trouve qu'il manque un petit quelque chose,  la flamme qui permettrait à ce roman de passer de la mention bien à la mention très bien.

Je remercie les éditions de l'Archipel pour cette découverte car je ne connaissais pas du tout cet auteur et mis à part avec Sebastian Fitzek, je ne m'étais pas aventuré dans le polar allemand.