samedi 9 septembre 2017

Quand sort la recluse, Fred Vargas, Flammarion





      «- Trois morts, c'est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n'est pas de notre compétence.
      - Ce qu'il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J'ai donc rendez-vous demain au Muséum d'Histoire naturelle.
      - Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais
      dans quelles brumes avez-vous perdu la vue?
      - Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
      - Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l'araignée recluse?»




      Quel plaisir de retrouver Fred Vargas en si bonne forme. Je l'avais laissé il y a plusieurs années car je trouvais que les ficelles étaient quand même bien difficiles à avaler. Trop de coïncidences bien heureuses, trop de trucs faciles. J'avais lâché l'auteur. Ce qui m'a fait revenir ? Les recluses. Arachnophobe moi-même, les araignées exercent sur moi une sorte de fascination. Donc, je n'ai pas hésité longtemps avant de me jeter dans la lecture des nouvelles aventures d'Adamsberg.
      Tout d'abord, l'intrigue est passionnante. L'auteur part d'un faits divers pour construire une histoire sordide qu'elle déroule petit à petit. Le commissaire sent quelque chose. Il y a un truc qu'il ressent. Il sent le crime.
      Et c'est là que ses ennuis commencent. Comment faire adhérer ses équipiers à sa théorie. Une araignée tue des vieux dans le sud de la France. C'est de la science fiction. C'est complètement farfelu ! Danglard lui-même n'y croit pas. L'équipe doit choisir, la cohésion est mise à mal. Le fidèle Danglard prend une place qu'il n'a pas l'habitude d'occuper. Il devient le trublion. La cause du mal. Le commissaire est ébranlé mais ne démord (sans jeu de mots) pas.

      Il y a toute une galerie de personnages fascinants dans ce roman. Fred Vargas prend son temps pour bien les analyser et l'on va de surprise en surprise jusqu'à la révélation finale.

      J'ai aussi particulièrement apprécié le travail sur la sémantique et sur l'étymologie de certains noms de famille. Je dois dire que l'auteur a réalisé ici un travail très intéressant et bien fourni.

      En revanche, j'ai trouvé le commissaire un peu en dessous de mes attentes. Il réfléchit bien, possède toujours une intuition qui fait mouche mais là, il est légèrement moins cultivé que d'habitude. Ses quelques ignorances sur des mots courants m'ont laissé perplexe (par exemple, il ne connaît pas le mot arachnophobe !). J'aurais bien aimé le voir plus vif.

      Pour conclure, j'ai passé un excellent moment avec ces recluses. A lire, allongé dans l'herbe.





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