mercredi 17 février 2016

Les petites filles, Julie Ewa, Albin Michel



Bénévole dans une association qui s'occupe d'enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d'enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d'espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l'enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle... 

Belle découverte que ce premier roman de Julie Ewa, une jeune auteure d’à peine vingt-quatre ans. Ce livre nous permet de plonger dans l’univers chinois et de ces pays qui ont fait le pari de la politique de l’enfant unique dans les années soixante-dix. Une politique qui, des décennies plus tard, s’avère être un échec total. 
Nous suivons donc les aventures de Lina, jeune étudiante française qui s’en va poursuivre ses études en Chine. Dés son arrivée, elle est approchée par une ONG qui enquête sur la disparition d’enfants dans la région. Le prétexte est un peu gros mais permet à l’histoire de débuter et à la trame de fond de prendre place. Lina se retrouve intégrée dans une communauté paysanne qui est encore fortement influencée par les décisions de l’état et qui regorge de sombres secrets passés bien gardés. 

Le roman se passe en deux temps : une histoire en 1991 et celle du présent, en 2013, avec les mêmes personnages à ces deux périodes différentes. L’écriture est juste et les chapitres se succèdent à toute vitesse (quatre ou cinq pages maximum pour un chapitre), on jongle alors entre les années et le suspense, accentué, est bien réel. 

C’est une réalité de la Chine qu’on oublie trop souvent, nous qui ne pouvons nous rendre compte de ce qu’une politique telle que celle mise en place pendant trente ans engendre : abandon ou meurtre de nourrissons filles, prostitution, vente d’enfants pour l’adoption à l’international, recrutement pour la fabrication de marchandises dans les usines, trafic d’organes… Tout ceci est parfaitement évoqué dans le livre, qui nous pousse à nous poser la question d’une telle politique, surtout sur une période aussi longue… 

Au rayon des quelques défauts, je dirais que j’ai préféré la partie centrée sur le passé, qui me semble bien plus complète, détaillée, riche, comme si l’auteure avait plus travaillé cette époque là. Sinon, ce qui m’a le plus dérangé, c’est la « naïveté » de Lina qui semble découvrir en temps réel ce qu’est la politique de l’enfant unique et ce que vit la population chinoise. C’est un peu difficile à avaler qu’une personne connaissant parfaitement cette langue difficile ne se soit jamais intéressée à ce que peut vivre cette population. Ça n’a cependant rien enlevé au plaisir que j’ai eu à découvrir cette auteure et également à (r)ouvrir les yeux sur ce qu’a pu être le quotidien des chinois durant trente ans quant à cette politique de l’enfant unique (qui semblait à l’époque une bonne solution pour freiner une démographie qui explosait). Roman à découvrir !

Ben

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