lundi 7 décembre 2015

Tout un poème, Ursula Poznanski, Presses de la cité


Le tueur était sur les réseaux sociaux
Deux corps sans vie sont découverts au bord d'un lac, à Salzbourg. Un jeune homme et une jeune femme. Leur seul lien : un groupe de poésie sur Facebook.
Beatrice Kaspary, inspecteur expert en nouveaux médias, est déterminée à percer ce mystère. Sous pseudonyme, elle ne tarde pas à remarquer sur la Toile quelques usagers suspects postant des bribes de poèmes, qui, selon toute vraisemblance, constituent des messages codés. Mais quelle en est la clé ? Alors que la liste des cadavres ne fait qu'augmenter, Beatrice se retrouve au coeur d'une machination des plus singulière...




Pour son deuxième roman, Ursula Poznanski nous emmène dans une intrigue qui tourne autour des réseaux sociaux et de Facebook en particulier. 
On retrouve les enquêteurs Béa Kaspary et son collègue Florin dans un roman qui se déroule en Autriche. Deux corps sont retrouvés près d'un camping. Tout semble à croire qu'il s'agit d'un meurtre et d'un suicide. Le légiste et les techniciens sont formels. Seule Béatrice pense qu'en fait, ils sont face à un double meurtre. De fait, elle va persévérer dans son enquête et filer la quenouille du groupe de poésie sur facebook. Quenouille pourtant ténue. Mais têtue, elle ne lâchera rien. 
Evidemment, elle aura gain de cause. Ce qui va amener Ursula Pozanski à nous décortiquer les relations "amicales" qui peuvent se nouer virtuellement par le biais des réseaux sociaux. Sujet brûlant et d'actualité ! 
La première partie du roman est plaisante sans être trépidante. On suit l'avancée de l'enquête tranquillement, patiemment. Je dirais même sagement. Kaspary est une policière dont la vie de famille est compliquée. Coincée avec ses enfants dont elle a la charge, elle se fait régulièrement rappeler à l'ordre par un ex-mari rancunier. 
Ajoutons à cela un collègue qui aimerait être plus qu'un collègue et nous avons une histoire d'amour qui se tisse. Sauf que le collègue en question, Florin, est aussi en couple...
Malgré la liste de morts qui s'allongent. Malgré les extraits de poème qui parsèment le livre, le lecteur ressentira un je ne sais pas quoi qui manque. Peut-être une épice. Peut-être un morceau de piment. 
Pour autant, cette première partie est originale. L'utilisation du réseau social le plus connu mérite d'être rappelé. Le groupe de poésie, également. Surtout que les membres de ce groupe évoquent sans vergogne des poètes connus, comme Rilke, et d'autres moins célèbres. Chose que j'ai beaucoup apprécié. 
De ci delà, des textes sont insérés dans le récit comme un journal écrit par un mystérieux personnage mais dont on soupçonne rapidement l'appartenance au groupe de poésie. 

Dans les 150 dernières pages, l'auteur accélère. Là, le roman prend une autre dimension et tenaille le lecteur aux tripes. 
Les sombres motivations commencent à s'apercevoir. Elles prennent leur terreau dans une histoire terrible et sordide. L'auteur, avec habileté, va nous mener loin dans les tréfonds d'un pays en décomposition (je ne serai pas plus précis pour laisser au futur lecteur un certain suspens). 

En revanche, j'ai été déçu par l'atmosphère. Je m'explique : quand je lis un roman ancré dans un territoire ou un pays, j'ai bien que l'auteur s'en serve pleinement. Ici, je me suis dit :"chouette, un livre qui se déroule en Autriche, ce sera une première." Hélas, Ursula Poznanski ne joue pas du tout cette carte et l'intrigue aurait tout aussi bien se passer à Munich ou Paris. 

Pour conclure, Tout un poème est un roman original que j'ai bien aimé même si la première partie mériterait plus de consistance. La fin est énorme et laissera au lecteur un goût amer en bouche. 
Un roman à découvrir. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire