mercredi 17 juin 2015

L.A pour les intimes, David Guinard, Librinova

Dix ans déjà que David Marquan a fui son passé et la France pour s’exiler à Los Angeles. Devenu un « privé » spécialisé dans les relations extraconjugales, il est aussi écrivain le dimanche, et se prend à rêver, parfois, d’une vie mouvementée, digne de son héros de papier. Et puis un jour, une femme vient le trouver pour une enquête banale : un mari volage qu’il s’agit de pister. Oui mais voilà : l’homme disparaît, et ne réapparaît qu’une fois suicidé dans d’étranges circonstances, celles d’une affaire vieille d’un an !
Marquan prend sur lui de résoudre l’affaire. Il n’a aucun indice tangible, aucune piste sérieuse, seulement cette intuition : chercher la femme… Cette femme, serait-ce Deborah McClure, épouse du sénateur et amante du mari suicidé ? L’hypothèse est… séduisante.


Quand l'auteur a contacté Terre du noir, nous ne pouvions faire autrement que d'accepter de lire et de chroniquer un premier roman, qui plus est publié uniquement en ebooks sur une plate-forme quasi inconnue. 
Ce fut une bonne surprise. 
Reprenons. David Marquan est un privé traînant ses guêtres en Californie. Tiens tiens, ça nous rappelle quelqu'un. Il aime les femmes, a embauché une jolie secrétaire, a un penchant pour l'écriture à laquelle il s'adonne dans ses moments de repos ou quand il s'ennuie. 
Ses journées, il les passe donc à ressasser l'intrigue de son roman et à photographier les cas d'adultères. Rien de bien exaltant. On est loin des romans de James Ellroy. On est plus proches cependant de ceux de Raymond Chandleur. Ce LA pour les intimes résonne légèrement comme un hommage à Philip Marlow, le privé préféré de l'auteur américain. 
David Guinard prend son temps pour mettre en place intrigue et personnages. Peut-être un peu trop à mon goût. Le rythme est lent mais cela va bien avec ce type d'ouvrage. L'auteur joue à entremêler sa propre enquête, la vie de son enquêteur et le roman qu'il est en train d'écrire. C'est une bonne chose. Le lecteur s'y perd parfois et ce procédé permet d'épaissir le récit. Toutefois, j'ai trouvé la chose un peu longuette et je me suis même demandé quand est-ce que ça allait vraiment démarrer. 
Autre point que je soulignerais, c'est le temps utilisé par l'auteur pour raconter son histoire. Je ne suis pas spécialiste de la langue française mais en tant que lecteur je dis que le genre de phrase qui suit est légèrement difficile :
- ... il y avait neuf chances sur dix pour qu'elle rentrât directement chez elle, bien que j'espérasse secrètement qu'elle eût choisi un emploi du temps autrement plus passionnant, afin que je pusse en savoir davantage..."
Quelques phrases comme celle-ci parsèment le livre et cela m'a un peu gêné. 

Notre privé va de donc de rencontre en rencontres, profitant de son charme et de son accent français plus que de son statut. Ces rencontres ont pour conséquences des dialogues dans lesquels l'auteur peut s'exprimer sur des sujets d'actualité comme la politique ou la parité. Personnellement, j'ai trouvé ces passages intéressants. On a aussi droit au regard d'un français sur l'Amérique. 

Je ne connais pas l'histoire de ce manuscrit. J'ignore donc si David Guinard a contacté des maisons d'éditions pour la publication de son roman mais je pense qu'il aurait pu trouver "chaussure à son pied" car malgré les défauts que j'ai pu souligner, LA pour les intimes est un bon roman qui m'a fait replonger dans le monde des privés américains des années 30 même s'il situe son intrigue de nos jours. 

A découvrir chez Librinova. 

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