mercredi 25 mars 2015

Reflex, Maud Mayeras, Anne Carrière éditions


À chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu'aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question : Tu es disponible, Iris ? Je suis toujours disponible. " Iris, photographe de l'Identité Judiciaire, shoote comme d'autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Henry Witkin, fruit d'une lignée chaotique de filles-mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées. Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu'elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent. Ce n'est que lorsqu'il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines. Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.



Iris Baudry est photographe de l'identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d'écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu'Iris croyait éteint va s'enflammer à nouveau dans l'objectif de son reflex. 

Le roman de Maud Mayeras est plaisant à lire et l’atmosphère de l’histoire est souvent pesante, on ressent fortement les séquelles du passé dans le caractère de l’héroïne principale du livre, Iris Baudry. Cette dernière a dû faire face à un drame quelques années auparavant, le crime de son fils, une enquête jamais résolue, une déchirure qui aura été à la base d’un conflit ouvert avec sa mère, aujourd’hui internée dans un asile. Iris doit donc tenter de se reconstruire dans cette nouvelle vie, une vie de photographe de scène de crime dans lequel elle excelle. 
En parallèle, on assiste à une seconde histoire, bien lointaine, puisqu’elle démarre un bon siècle avant notre époque. Au fil des pages, on se rapproche doucement mais sûrement de notre époque, nous demandant souvent par quel miracle Maud Mayeras va réussir à lier nos deux histoires…deux histoires dont le destin semblent tout tracé, pas dans le bon sens malheureusement. 

Si Reflex est classé dans les romans dits « Thriller », c’est avant tout un thriller psychologique. Si vous voulez du suspense, de l’action, des retournements de situations à tout-va et une enquête policière…passez votre chemin ! 
Alors que les avis semblent plutôt positivement unanimes sur le roman, j’ai pour ma part deux regrets : le premier, c’est que selon moi Maud Mayeras n’a pas assez insisté sur le travail d’Iris, son poste de photographe de scènes de crime me laissait ‘’espérer’’ de grands moments de lecture de ce point de vue là…alors que l’héroïne aurait été boulangère (sans manquer de respect aux boulangers ! Wink) que ça n’aurait strictement rien changé au récit. Mon second regret et qui serait plutôt un reproche, c’est la conclusion du roman…la réponse à toute les questions que l’on se pose durant l’intégralité du roman repose sur quelque chose d’invraisemblable pour moi. J’ai du mal à trouver cela crédible et donc, même si dans l’ensemble j’ai passé un très bon moment de lecture (principalement la partie concernant l’histoire parallèle du début du XX° sicèle), le final me laisse un goût amer au moment de refermer le livre. 


Ben

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