mardi 8 octobre 2013

Mauvaise étoile, R.J Ellory, Sonatine éditions

Texas, 1960. Elliott et Clarence sont deux demi-frères nés sous une mauvaise étoile. Après l’assassinat de leur mère, ils ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maisons de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otages pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, ils se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan, accompagné des deux adolescents, sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, la police, lancée à leurs trousses, et en particulier l’inspecteur Cassidy ne sont pas au bout de leurs surprises.

Avec ce récit au suspense implacable et à la noirceur absolue, R. J. Ellory se consacre de la façon la plus flamboyante qui soit à son sujet de prédilection : le mal. Tout comme Shane Stevens dans Au-delà du mal, il aborde les thèmes de l’innocence corrompue et de l’origine des déviances. On y retrouve ici intact tout l’art d’Ellory, qui a fait la force de Seul le silence : une écriture à la fois poétique et très réaliste ; des personnages d’une humanité complexe et déchirante aux prises avec leur face sombre ; une intrigue qui tient le lecteur captif jusqu’à la dernière page. Un thriller intense, poignant et inoubliable.


C’est avec un grand plaisir que j’ai vu arriver le nouveau roman de R. J Ellory, auteur que j’avais découvert grâce à l’excellent « Seul le silence ».
Ce nouveau roman sonne comme un road movie terriblement sanglant. Mais il n’est pas que ça. Bien sûr, on trouve des meurtres atroces et violents à la limite du supportable. Le périple de Shéridan, psychopathe que personne ne voudrait rencontrer, d’Elliott et Clarence s’étalent sur des milliers de kilomètres et rappelle évidemment le roman de Shane Stevens mais là s’arrête la comparaison. Là où ce livre est plus qu’une succession de boucherie, se trouve dans la psychologie des personnages, tous bien étudiés par l’auteur et chacun avec ses certitudes, ses doutes, ses peurs, ses envies et ses démons. Car tous font partie d’une danse morbide dans laquelle la fin ne peut être que malheureuse. Nous sommes au milieu des années 60 et Kennedy a été assassiné l’année précédente. La police est sur les dents. Les tueurs doivent tous croupir en prison et tous les moyens sont bons pour les arrêter. Or, ses moyens sont encore limités et le temps passe vite. Ce qui en laisse beaucoup pour Sheridan et Elliott.
On sent la fracture entre les deux frères arriver inéluctablement. Chacun partant de son côté. L’un filant du côté obscur l’autre choisissant la voie inverse. Deux frères nés sous une mauvaise étoile qui veille sur eux et ne les oublie pas.
Le personnage de Cassidy, flic tenace et intelligent, est bien construit. Sa plus grande force étant encore… sa femme. Toujours perspicace et de bons conseils. Personnage lui aussi important, on le voit dans les discussions qu’elle entretient avec son flic de mari.
Au final, Ellory nous livre un roman violent mais rempli d’humanité, ce qui pourrait paraître contradictoire dans un road movie où les principaux personnages sont des psychopathes dénués d’empathie. Les questionnements sont présents tout au long du livre en même temps que l’évolution de ses protagonistes.
Un très bon cru 2013 !
Disponible aux éditions Sonatine.

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