jeudi 6 juin 2019

London Nocturne, Cathi Unsworth, Rivages Noir.


Londres, en février 1942. La ville est sous le régime du couvre-feu. Au milieu des ruines et des bombardements, une vie nocturne continue dans les pubs, clubs et autres music-halls. Des lieux où se presse une population avide d’échapper à la guerre mais où rôdent toutes sortes d’individus louches, escrocs,  journalistes à l’affût du scandale, cartomanciennes, joueurs professionnels et trafiquants du marché noir. L’inspecteur Greenaway, ancien de la brigade des jeux, connaît cette faune par coeur. Mais il y a autre chose: dans la nuit, un tueur sème la panique en tuant et mutilant ses victimes…


Une rapide recherche sur internet m'apprend que Cathi Unsworth dont je n'avais jamais entendu parler est une critique rock et une auteur britannique. Elle a publié à ce jour cinq romans dont quatre d'entre eux chez Rivages. Autant dire qu'elle a donc de l'expérience. 
Le pitch m'a plu tout de suite. J'ai été immédiatement attiré par l'ambiance du livre, le Londres dévasté par les bombes de la seconde guerre mondiale, les malfrats qui continuent leurs activités frauduleuses, des meurtres en série. Un cocktail détonnant ! 
Une femme est trouvée morte, mutilée. L'inspecteur Greenaway est chargé de l'enquête. Le policier est un peu mystérieux. Et c'est ce qui est dommage, on n'en apprend peu sur lui. Il semble toutefois bien connaître les bas-fonds de sa ville ainsi que les parasites qui la gangrènent. Le monde de la nuit, il connaît bien. Il a fréquenté et mis en prison nombre d'escrocs en tout genre. 
Pendant un bon tiers du livre, j'ai été pris par la lecture mais sans toutefois ressentir un choc. J'ai trouvé qu'il manquait un peu de piment ou au moins de sel. Et puis, le récit prend de l'intensité. Les personnages se multiplient et s'étoffent. L'auteur nous présente des personnalités étonnantes et aux relations parfois ambiguës. 
C'est ce qui fait aussi la force de ce roman. Des personnages travaillés dans une ambiance de guerre où (besoin est-il de le rappeler ?) certains en profitent pour se faire de l'argent. 
London Nocturne prend aussi parfois des airs de chasse à l'éventreur. Cela nous rappelle bien sûr le fameux Jack de White Chapel. Son ombre plane tout au long du roman. Les habitants y pensent, auraient voulu l'oublier. Mais le mal est revenu. 
Alors, certes on a découvre le tueur assez tôt mais l'auteur nous embarque avec elle jusque dans les dernières pages. Car son arrestation ne signe pas la fin du roman. D'autres rebondissements nous attendent. 
Extrêmement bien documenté, ce livre est aussi un témoignage de la vie londonienne sous les bombes du Reich.  L'auteur nous gratifie d'ailleurs de plusieurs pages de remerciements ce qui nous permet de suivre son cheminement dans son écriture. Très intéressant. 

Je vous conseille donc la lecture de ce London Nocturne qui vient de paraître aux éditions Rivages et traduit par Isabelle Maillet. 

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