vendredi 1 mars 2019

Le zéro et le un, Ryan Ruby, Presses de la cité, traduit par Lucie Monde.


Owen, jeune boursier timide et solitaire, détonne à Oxford, parmi les étudiants bien nés qui en peuplent les couloirs séculaires. Lors d’un tutorat de philosophie, il fait la connaissance d’un autre
outsider : Zach, riche, charismatique, américain. Zach prend Owen sous son aile et l’entraîne dans des expériences dont le jeune Anglais n’avait eu connaissance que par les livres – la première d’entre toutes, l’amour. Avec Claire et Victoria, ils forment un quatuor inséparable.
Des cours carrées d’Oxford au monde interlope de Berlin, guidés par les préceptes d’un philosophe allemand tombé dans l’oubli pour lequel Zach a développé une dévorante fascination, les deux amis se mettent au défi de braver les frontières de la morale et des conventions.
Jusqu’au jour où Zach propose la plus grave de toutes les transgressions…
Porté par un style fiévreux, un thriller d’initiation à la fois cérébral et sensuel d’une grande justesse psychologique.


Owen est étudiant à Oxford. Il s'est  lié d'amitié avec un étudiant étranger, Zach. Fasciné par un philosophe inconnu, Zach embarque son nouvel ami avec lui. Ensemble, ils renverseront les codes de l'amitié, de la vie. Ils rencontreront des filles, boiront de l'alcool des week ends entiers, se poseront des questions existentielles, réfléchiront à la vie jusqu'au moment où ils prendront une décision qui va changer leur vie, irrémédiablement. 

Impossible pour moi de ne pas penser à un autre livre. Au début des années 90 est sorti un roman qui m'a subjugué. Il s'agissait du "Maître des illusions" de Donna Tartt (qui mériterait d'ailleurs une chronique ici) avec ses étudiants brillants et dont le narrateur est aussi bénéficiaire d'une bourse. Ce détail est important peut-être d'ailleurs encore plus que pour "Le zéro et le un" pour bien afficher les statuts de ces jeunes. 
Dans son roman, Tartt décrit avec passion, intelligence et subtilité les rouages d'une amitié vénéneuse. Comment peuvent-il en être arrivés là ? 

C'est aussi la question que le lecteur du roman de Ryan Ruby vont se poser car dès les premières pages, l'on pressent déjà un drame. Mais lequel ? Dans quelles conditions ? Et surtout, pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que ces jeunes vont basculer ? 
Le roman est écrit en deux temps qui s'alternent en fonction des chapitres. L'on suit Owen à New York venu pour assister à un enterrement. Parallèlement, l'on revient quelques mois en arrière et on remonte le temps jusqu'au moment fatidique. 

Les personnages sont fascinants. Zach justement parce qu'il en fait un peu trop par moment est la clé de l'énigme. Il dirige la vie de ses compagnons sans pour autant se rendre compte de son charisme. 
Owen semble plus facile, plus docile. Il n'en reste pas moins un personnage solitaire, qui n'a pas d'ami, en marge de la bonne société Oxfordienne. Il tient les discours philosophiques avec Zach. Ensemble, ils iront à la recherche du fameux philosophe dont Zach s'est entiché. 
Les filles ne sont pas en reste non plus. A commencer par la soeur de Zach. Terriblement marquée par le drame mais qui ne veut rien laisser paraître. 

Le "zéro et le un" est un roman initiatique, sur l'amitié, la philosophie -j'ai beaucoup aimé les quelques dialogues et questionnement liés à cette discipline- et l'érudition. Le récit gagne en intensité de pages en pages jusqu'au final épique. Petit point noir : j'ai trouvé que les derniers chapitres n'étaient pas forcément les mieux écrits. Un peu confus, comme si l'auteur s'était précipité pour finir. Ou bien, c'est juste moi qui n'ai pas tout compris. 

Un roman étonnant à découvrir aux Presses de la cité, que je remercie vivement. 

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