dimanche 30 décembre 2018

Crimes et fantômes de Noël, Jean-Pierre Croquet, Editions l'Archipel



Convier spectres et assassins au traditionnel festin de Noël ? Se réunir autour du pied du sapin pour entendre une histoire à dresser les cheveux sur la tête ? Pourquoi donc mêler, à ces moments de bonheur familial, tant de récits effrayants ?
C’est un fait, depuis Charles Dickens, le conte horrifique de Noël est devenu presque aussi rituel que la bûche et les cadeaux. Il traduit la noirceur des nuits les plus longues de l’année, traversées de vents hurleurs que les ombres projetées par les flammes dans l’âtre rendent plus inquiétantes encore… Il est si bon de se faire peur, au coin d’un feu de bois !
Composée par Jean-Pierre Croquet, romancier et spécialiste de littérature fantastique, cette anthologie rassemble douze histoires angoissantes signées Charles Dickens, Arthur Conan Doyle, Erckmann-Chatrian, Robert Louis Stevenson, Sheridan Le Fanu, Gaston Leroux ou Thomas Hardy. D’autres nouvelles criminelles, issues de la plume de Saki, W.W. Jacobs ou Edith Nesbit, constituent d’agréables découvertes.


En cette période de fêtes de fin d'année, les éditions l'Archipel nous offrent 12 textes sélectionnés par Jean-Pierre Croquet, passionné de mystères et de fantômes. Dans un ordre chronologique, les auteurs se succèdent, certains très connus (Dickens, Stevenson...) d'autres moins, dans des récits se déroulant pendant la période de Noël.
La peur, le mystère et le suspens sont au rendez-vous. J'ai été agréablement surpris par certains auteurs dont je n'avais jamais entendu parler ou jamais lu.
Le texte de Robert Louis Stevenson est un peu plus difficile à mon goût et j'avoue ne pas avoir tout compris, peut-être faudra t'il que je le relise car avec Markheim on est plus dans le suggestif que la description.
Sans les détailler toutes, je proposerai ici certaines qui sortent du lot :

- Figures de cire, Ethel Lina White : une journaliste décide de passer la nuit dans un musée de cire dans lequel, on dit que des assassinats ont eu lieu. Prête à tout pour écrire un article inédit, la jeune femme ne sait pas ce qui l'attend. Ce texte est très fort et l'angoisse monte peu à peu jusqu'à un final qui m'ont fait dresser les poils sur les bras. C'est la nouvelle que j'ai préféré dans ce recueil.

- Le Tarnhelm, Hugh Walpole : quand un jeune garçon orphelin s'installe dans le château de deux de ses oncles, il ne sait pas encore qu'il s'y passe de biens drôles de choses. Là aussi, l'angoisse monte progressivement. Avec pour décor un ancien château et des personnages énigmatiques, le lecteur va pouvoir frissonner en lisant ce texte au coin du feu.

- L'Escarboucle bleue, Conan Doyle : on retrouve ici notre détective préféré à la recherche d'une oie disparue. Tout y est dans ce court texte, une énigme, une ambiance et Watson. Habile, comme d'habitude et efficace.

Pour conclure, dans ce recueil on retrouvera l'ambiance de l'Angleterre du XIX ème siècle. Parfait pour une lecture de fin d'année.


mardi 11 décembre 2018

Le Club Stephen King


Une fois n'est pas coutume. Ce n'est pas de livres que je vais parler aujourd'hui mais d'un site internet. Et quel site ! Le Club Stephen King.

https://club-stephenking.fr



Incontournable pour tous les fans de l'auteur américain, le site est une mine d'information. Mis à jour quotidiennement, on reste connecté à l'actualité de l'auteur, les films et séries qui en sont adaptés, les romans à venir mais aussi ceux de ses fils Owen et Joe Hill et d'auteurs sévissant dans le même genre.
De plus, de nombreux concours sont organisés chaque année.

Cela représente un travail fabuleux et phénoménal !
Le Club SK est aussi présent sur les réseaux sociaux, alors n'hésitez plus foncez !

Yahooooo Silver !

Little Heaven, Nick Cutter, Editions Denoël.


Le passé est un molosse qui vous poursuit inlassablement à travers les collines, tenaillé par une faim dévorante, jusqu’à ce qu’une nuit vous l’entendiez gratter à la porte. Minerva, Micah et Ebenezer, chasseurs de primes, sont bien placés pour le savoir. En 1966, ils font équipe pour retrouver un enfant enlevé par une secte dans une forêt du Nouveau-Mexique, dans un endroit appelé Little Heaven. Outre un prêcheur illuminé de la grâce de Dieu et d’une violence inouïe, ils y découvrent de nombreux secrets inquiétants, ainsi que d’étranges créatures, conglomérats de toutes les formes de vie de la forêt et incarnations du mal pur. Une force magnétique qui attire à elle tous ceux qui osent s’approcher du rocher noir.
Quinze ans plus tard, la fille de Micah est enlevée. Le trio doit se confronter une fois de plus à l’horreur et finir ce qu’il a commencé au cœur des bois. Avec un plaisir manifeste et sa perversité habituelle, Nick Cutter démontre dans ce western sanglant et nerveux qu’il a su dompter les codes du roman d’épouvante.



Quand j'ai achevé la lecture de ce "Little Heaven" il y a deux semaines, je me suis demandé comment je pouvais écrire cette chronique. Il m'a fallu tout ce temps pour que je digère ce récit, que j'y repense, que je repense à cette histoire pas banale. Un livre mauvais n'est pas vraiment difficile à chroniquer. On sait tout de suite ce qui pêche, ce qui ne va pas.
En revanche, quand on a un très bon livre comme celui-ci, c'est plus compliqué. Tout d'abord, les personnages que l'on découvre dans les premières pages sont... étranges. Parmi eux, Micah semble le plus "ordinaire". Minerva est une (mauvaise) tueuse à gages qui collectionne les suicides ratés et Ebenezer (qui n'a pas grand chose à voir avec le personnage de Dickens) est bizarre. Il a les cheveux longs, un accent british, vit dans une maison isolé, ne parle à personne, fait des trucs louches avec un scorpion devant le barman du village.

Ces trois là se sont rencontrés quinze ans plus tôt mais la vie les a séparés. L'enlèvement de la fille de Micah va les réunir à nouveau. Pas forcément heureux d'être ensemble, ils vont devoir affronter les démons du passé. Terrible. Et pourtant, ces trois-là sont forts.

A travers un récit mêlant deux époques, Nick Cutter nous embarque dans un western gothique sanglant et terrifiant. On a toujours l'impression d'être sur un fil. Entre réalité et fantastique. C'est mouvant, instable, dérangeant parfois. L'horreur est bien présente, elle s'insuffle petit à petit dans le récit. On pressent une certaine violence qui explose peu à peu.
Il y a aussi un certain dynamisme dans le texte, les scènes se succèdent les unes après les autres et le lecteur n'aura que peu de temps mort pour reprendre son souffle.

Ce pavé (presque 600 pages) se lit plutôt facilement même s'il faut rester concentré. Il se passe de nombreuses choses et les personnages évoluent plutôt vite.

Toute une kyrielle de monstres nous est présentée, avides de sang, terrifiants. On en frissonne.

Le précédent roman de Nick Cutter, Troupe 52, avait été une réussite. Celui-ci en sera une aussi et ravira les amateurs d'un genre longtemps oublié. On tient avec Cutter un auteur solide. Il a une vraie plume, d'ailleurs il publie sous son vrai nom dans des maisons d'éditions réputées, qui saura trouver son public.

C'est du King des années 70/80 !
Merci aux éditions Denoël pour ce superbe roman.