jeudi 25 octobre 2018

Au coeur de la folie, Luca D'Andrea, Denoël.


Trad. de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobza



Après le surprenant et fabuleux "L'essence du Mal", j'attendais beaucoup Luca d'Andrea. Il revient fort ici avec une toute autre histoire. Il place encore une fois sa nouvelle intrigue au coeur de son pays natal, au fin fond d'une vallée italienne coincée entre la Suisse et l'Autriche. Mais le reste du roman n'a pas grand chose à voir avec le premier. Et c'est tant mieux. Luca d'Andrea prend des risques. 
Le récit commence avec la fuite de Marlène. Elle quitte son mari, mafieux sans état d'âme, cruel et immensément puissant. Du moins, dans cette partie du monde. Mais comme Paul Sheldon dans Misery, Marlène chute dans un ravin avec sa voiture. Elle est secouru par Simon, un Bau'r. Un homme des montagnes, qui vit replié sur lui-même et qui perpétue la tradition familiale. Un type bourru mais gentil. Il lui vient en aide et la recueille chez lui. Dans son maso, son chalet. 
Evidemment Wegener, le mari floué veut récupérer sa femme et surtout le trésor avec lequel elle a mis les voiles. Car ce trésor ne lui appartient pas vraiment. Alors, il se fait aider. L'homme de Confiance, celui qui n'a pas de nom, va partir à la recherche de Marlène. Il n'a jamais échoué. Il est terrible. Invincible. Il enquête, pose des questions, se fait ami avec les bonnes personnes. Il en veut. 

La comparaison avec le livre de Stephen King s'arrête là et sans dévoiler l'intrigue, la relation entre Simon et Marlène n'est pas du même style que celle entretenue entre Sheldon et Annie Wilkes. Les deux êtres vont s'apprivoiser, s'apprécier, se respecter et s'entreaider. 
Peu à peu, Simon se met à nu. Il dévoile une personnalité complexe. Toujours aussi attaché à ses bêtes, des cochons qu'il élève comme ses propres enfants. 
Et puis, il y a Lizzie. Qui le hante. 


"Au coeur de la folie" est un roman qui porte vraiment bien son titre pourtant l'auteur ne se précipite pas. Il prend son temps pour nous présenter ses personnages et l'on se demande un moment où la folie ira se nicher. Petit à petit, comme un couturier consciencieux, comme une araignée besogneuse, D'Andrea nous enferme dans un piège terrible. La fin est inéluctable. Elle sera fatale, à n'en point douter. Mais qui en fera les frais ? Qui verse dans la folie ? Simon, reclus dans son maso, dont l'enfance lointaine semble laisser des traces ? Marlène qui cache quelques secrets ? Wegener, la mafieux en colère ? L'homme de confiance qui ne lâchera rien ? 

Sorte de jeu de chats et la souris terrible, avec une pointe de fantastique, Luca D'Andrea confirme son talent pour raconter des histoires. Des contes modernes que les lecteurs les plus exigeants apprécieront. 

Je remercie vivement Joséphine Renard et les éditions Denöel pour ce livre qui m'a fasciné. Sans nul doute que l'on entendra parler de cet auteur pendant longtemps ! 






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