jeudi 27 septembre 2018

Le rôle de la guêpe, Colin Winnette, Editions Denoël.


Un nouvel élève vient d’arriver à l’orphelinat, un établissement isolé aux mœurs aussi inquiétantes qu’inhabituelles. Il entend des murmures effrayants la nuit, et ses camarades se révèlent violents et hostiles. Quant au directeur, il lui souffle des messages cryptiques et accusateurs. Seul et rejeté par ses pairs, le nouveau tente de survivre à l’intérieur de cette société inhospitalière. 
Une rumeur court parmi les pensionnaires, selon laquelle un fantôme hanterait les lieux et tuerait une personne par an. Tous les ans, les garçons se réunissent, sous l’impulsion de quelques anciens, pour démasquer celui d’entre eux qu’ils pensent être le fantôme… et l’éliminer! 
Simple mascarade potache ou mise en scène sordide pour justifier les meurtres rituels? Cette année, le prétendu fantôme a été clairement désigné : c’est le petit nouveau. Pour une simple et bonne raison, on ne l’a jamais vu saigner, et les guêpes, très nombreuses dans cette bâtisse, ne le piquent pas. La chasse
...



Je reconnais que je n'avais encore jamais lu de livre de Colin Winnette, donc je n'ai pas de références le concernant. J'ai été attiré par le résumé et l'ambiance qui s'en dégage. Sorte de huis-clos intemporel, des garçons orphelins, tantôt cruels tantôt innocents. On ne sait d'ailleurs jamais vraiment qui est qui. On ne sait jamais non plus où la scène se déroule exactement.

Un jeune, dont on ne sait pas grand chose, débarque dans un orphelinat isolé. L'ambiance n'est pas vraiment à la fête et même si les jeunes ne sont pas maltraités, ils vivent de manière spartiate. Leur vie est rythmé par les études et quelques tâches ménagères. Le narrateur ne parvient pas à se lier d'amitié avec les autres, tout juste connaît-il certains prénoms. En échange, il reçoit insultes, menaces, coups et au mieux indifférence. D'entrée de jeu, ce garçon nous semble étrange. Qui est-il ? D'où vient-il ? Que veut-il ? Souffre t-il d'un mal quelconque ? On aimerait en savoir plus mais l'auteur ne distille que peu d'informations à son sujet. Est-il la victime idéale d'un groupe de garçons malintentionnés ? Est-il le coupable idéal ? D'autant que des corps sans vie sont retrouvés.

Trois adultes seulement gravitent autour de ces jeunes : la jolie institutrice, le directeur et la femme de celui-ci. Quels rôles vont bien pouvoir t'ils jouer dans la construction (ou destruction) de nos jeunes ? 
Lentement, Colin Winnette tisse une toile, un piège qui va se refermer dans une atmosphère apocalyptique que n'aurait pas boudé Denis Lehanne dans Shutter Island. 

Le rôle de la guêpe est un roman étrange, pas classique, étonnant. C'est aussi ce que je recherche dans la littérature. Etre surpris, bousculé, parfois malmené. C'est fin et bien amené. La fin est bien travaillée et laisse le lecteur en proie à ses propres interprétations. 

Je remercie les éditions Denoël et en particulier Joséphine Renard pour cette découverte. 


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