mardi 3 avril 2018

La femme à la fenêtre, A.J. Fini, Presses de la cité.


Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bêtabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russell – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d’emménager en face. Un soir, Anna est témoin d’un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ?
« La Femme à la fenêtre appartient à ce type de livres singulier qu’il est impossible de lâcher. » Stephen King
« Stupéfiant. Palpitant. Finn nous offre un thriller digne de ce nouveau millénaire. » Gillian Flynn
« 10/10 sur l’échelle du twist ! » Val McDermid
« Une oeuvre sombre au dénouement époustouflant. » Ruth Ware










Bien sûr le pitch fait irrémédiablement penser à "Fenêtre sur cour", d'ailleurs, c'est ce film qui a inspiré l'auteur. Anna Fox, pédopsychiatre est seule, cloîtrée chez elle. Elle souffre d'agoraphobie. Elle ne peut plus mettre un pied dehors sous peine d'être prise de vertige, de malaise. Alors, elle boit du vin rouge, joue aux échec sur internet et prodigue moult conseils psy sur un forum en ligne.
Anna a aussi un passe-temps : elle espionne ses voisins par le biais de son appareil photo. Jusqu'au jour où elle va être témoin d'un crime.
A partir de ce moment, l'histoire prend une nouvelle dimension. Anna Fox va perdre pied petit à petit. Elle est-elle vraiment certaine de ce qu'elle a vu ? Elle qui s'abrutit au vin rouge et qui l'accompagne allègrement de somnifères et d'anxiolitiques. Elle perd donc les pédales et ne trouve aucun réconfort.

L'auteur dresse le portrait d'une jeune femme malade, paumée, séparée de sa famille qui pourtant pourrait bien lui rendre service.

Elle se passe en boucle les grands films classiques en noir et blanc. Et c'est d'ailleurs cela que la police retient. Les inspecteurs qui viennent chez elle ne croient pas à son histoire. Elle tourne donc en rond.

Pour son premier roman, l'auteur nous fait passer un agréable moment. Les cinq cent et quelques pages se lisent rapidement et l'écriture est plaisante. J'ai accroché immédiatement à son style et j'ai voulu en savoir plus à chaque page. Le personnage d'Anna Fox est bien sûr le plus travaillé. On sent une douleur chez cette femme et on aimerait lui dire d'aller de l'avant, elle qui est psy. Mais elle n'y parvient pas et on souffre avec elle. On aimerait croire à son histoire mais on doute également.
Les autres personnages ne sont pas en reste non plus, ils ont tous leur lot de mystères, de fêlures et de secrets. Comme les Russel et leur ado. Leurs relations semblent tendues mais la mère est si gentille !

C'est plutôt habile et je n'ai pas vu le coup de théâtre arriver. La fin est tragique, travaillée et surprenante. Ce roman est une excellente surprise de ce début d'année 2018.
Disponible aux éditions Presses de la cité.




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