mardi 13 mars 2018

Mange des tes morts, Jack Heath, Super 8 éditions


Cameron Hall, 14 ans. Disparu en rentrant de l’école ; rançon exigée. L’horloge tourne, la police est impuissante : c’est une mission pour Timothy Blake.
Timothy (nom de code « le pendu ») a un don. Il lit dans l’esprit des gens. Comprend tout avant tout le monde. Résout les énigmes les plus ardues. Le genre à s’ennuyer avec un Rubik’s Cube ou à connaître votre numéro de sécurité sociale par cœur. Mais Timothy a aussi un problème. Pas le fait d’être pauvre, non. Pas le fait d’être affublé d’un coturne toxicomane et parano prénommé Johnson. Un vrai problème, un problème, disons, comportemental. Qui fait que même le FBI répugne à travailler avec lui. Une vie sauvée, une récompense : ainsi fonctionne Timothy. Mais cette fois, et malgré l’appui de l’agent spécial Reese Thistle, il se pourrait que notre sympathique génie psychopathe ait trouvé à qui parler.

Ce thriller survolté et sans tabou ne vous laissera aucun répit. Accessoirement, il se pourrait qu’il vous incite à devenir végétarien.




Timothy n'est pas un flic, c'est une sorte de consultant de luxe mais un peu embarrassant. Car ce qu'il demande en échange de ses précieuses prévisions, ce n'est pas de l'argent. Il préfère être rémunéré en nature. Sa survie en dépend. C'est le deal qu'il a passé avec le directeur du FBI. Tim a donc un don que la police utilise pour résoudre des affaires complexes. 
Dans ce roman, Jack Heath dresse donc une sorte d'anti-héros, pas vraiment ragoutant mais pour qui, je dois bien l'admettre, j'ai quelque sympathie même si je n'accepterais pas une invitation à dîner. Un ado est kidnappé. Grâce à Tim, la police le retrouve. Mais l'histoire ne s'arrête pas là... Un peu comme dans la série Dexter, Tim évolue sur le fil du rasoir. Il est proche de se faire démasquer mais il parvient à s'en sortir. Mais jusqu'à quand ? Pourra-t-il toujours cacher sa véritable personnalité d'autant qu'une policière semble s'intéresser fortement à lui. 
"Mange tes morts" est un thriller original avec des personnages bien singuliers. Les dialogues ne sont pas dénués d'humour et force est de constater que la recette de Jack Heath fonctionne plutôt bien. 
J'ai bien aimé ce roman pour toutes ces raisons, l'intrigue, les personnages, les dialogues et surtout Tim qui n'est pas pour autant un ersatz de Dexter. Il vit en colocation avec un junkie-dealer, il n'a pas de vrais amis, gagne sa vie en résolvant des énigmes, ne semble pas à sa place dans ce monde. Pas glamour pour deux sous, Tim. 
Le rythme est rapide, on ne s'ennuie pas une seule seconde. C'est plaisant et divertissant même si, assister aux repas de Tim peut être un peu répugnant. 
Un clin d'oeil également au traducteur Charles Bonnot qui a fait un remarquable travail pour bien retranscrire les états d'âmes des personnages et les expressions parfois crues. 

Jack Heath est un auteur australien plutôt habitué à écrire des romans pour les jeunes. Il est l'auteur de la série "MonstreVille" disponible aux éditions Bayard. 
Pour sa première incursion en territoire adulte, c'est aux Editions Super 8 qu'on pourra le découvrir. Une vraie bonne surprise. Nous pouvons être sûr que Jack Heath saura conquérir les grands lecteurs comme il l'a fait avec les ados. 

Disponible aux éditions Super 8. 

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