samedi 18 novembre 2017

Love murder, Saul Black, Presses de la cité


Une nymphe à la beauté inquiétante, Katherine Glass, patiente dans le couloir de la mort pour avoir torturé puis assassiné une dizaine de femmes. Mais son partenaire dans le crime, l'Homme au masque, court toujours... Et six ans après les meurtres, il recommence à tuer. Valerie Hart, l'inspectrice à qui l'on doit l'arrestation de Katherine, est décidée à enfin clore le chapitre. Pour parvenir à ses fins, elle est même prête à rendre visite à la vénéneuse détenue – cette femme qui éveille en elle des pulsions dangereuses et semble lire dans l'intimité de son couple.
Avec cette nouvelle enquête de Valerie Hart, intrépide femme flic et fumeuse impénitente, Saul Black renouvelle son tour de force : emporter le lecteur dans une course-poursuite qui mêle humour, intelligence, suspense et tourments de l'âme.






Un jeu machiavélique / Une relation malsaine

Nouvelle enquête pour l'inspecteur Valérie Hart ou plutôt une enquête qui va lui revenir de plein fouet. Six auparavant, elle a mis en prison la cruelle Katherine Glass, meurtrière diabolique, belle, intelligente (trop ?) mais son comparse, l'homme au masque court toujours. 
Quand un nouveau meurtre est perpétré, quand Hart reçoit un message du meurtrier, elle sait qu'elle devra collaborer avec Glass pour le retrouver. Glass est fascinante, vénéneuse mais Hart ne peut s'empêcher de lui demander de l'aide. D'autres victimes en perspective. Elle se résout alors à plonger dans l'antre de la bête qui va se faire un malin plaisir à malmener la policière. Tour à tour charmeuse voire dragueuse, provocatrice et méchante, Glass se joue d'elle à l'image de Hannibal Lecter face à la jeune Clarisse Starling. 
Je dois dire que les relations entre Hart et Glass ne m'ont pas vraiment convaincu. J'y ai trop vu une copie fade du "Silence des agneaux". Trop d'intelligence chez Glass, trop de culture pour une meurtrière de la sorte. Elle est capable de réciter des vers longs comme la bible ( elle récite par exemple un extrait du paradis perdu de Milton) et puis la phrase d'après, elle est vulgaire et interpelle la policière sur sa vie privée : 
" Pensez-vous que Nick fantasmait sur moi ? "

Je n'ai donc pas trop aimé ce côté Silence des agneaux mélangé à Seven. Milton ou Dante sont des auteurs que l'on croise beaucoup dans ce genre de roman depuis le film de David Fincher. Pas très original. 

Un piège qui se referme

La force de ce roman se trouve dans l'intrigue en elle-même si on met de côté la relation précédemment évoquée. Hart enquête. Elle est accompagné par Will, son équipier. Celui-ci pourrait être intéressant mais n'est pas assez approfondi à mon goût. Son rôle est secondaire, ce qui est dommage. Il aurait pu gagner en profondeur. Mais l'auteur s'attarde davantage sur Hart et son mari Nick. Flic lui aussi, il a quitté la criminelle. Hart et Nick ont passé des heures sombres, ont rompu mais se sont remis ensemble. Il est compréhensif et gère le côté matériel de leur vie pendant qu'elle plonge dans le boulot. 
L'auteur tisse un piège dont le couple sera l'une des composantes. Au fil des pages, la police s'enferme, les attaques se multiplient et les pistes se brouillent. 

Un jeu de piste peu convainquant 

Le meurtrier promène les enquêteurs avec des énigmes et des jeux de pistes, des messages codés et des études d'oeuvres d'art qui ont plus ou de moins de rapports avec l'enquête. Glass est chargée d'aider la police à les décoder. 
Mum Mum... Un thriller ésotérique ? Un nouveau Da Vinci code ? 

Et pourtant...

Malgré les côtés négatifs que je viens de citer, j'ai plutôt bien aimé ce roman qui se lit très vite. L'action est omniprésente et même si on découvre l'identité du meurtrier très tôt, on plonge dans ce récit tête la première. 
Hart se fait manipuler, elle le sait mais est obligée de faire avec pour stopper le monstre. Le dénouement de Love Murder m'a réconcilié avec les passages précédemment indiqués. Là, j'ai compris la construction de ce roman : " ah, voilà où Saul Black voulait nous emmener ! "

Ne passez donc pas à côté de cet habile Love murder. Je remercie les éditions Presses de la Cité pour cette découverte. 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire