dimanche 5 novembre 2017

Embruns, Louise Mey, Fleuve éditions


Béa, Chris et leurs deux rejetons de presque vingt ans sont charmants, sportifs, talentueux et, surtout, ils forment une équipe complice.

Voilà une famille qui a le bon goût dans le sang, chérit les matières nobles, les fruits du marché, le poisson jeté du chalutier, la tape amicale dans le dos des braves. Voilà une team unie qui porte haut les valeurs d’authenticité, d’équité, d’optimisme. Les Moreau – c’est leur nom – ne perdent pas une miette de leur existence. Ils sont insupportablement vivants.

Et comme le veut l’adage, les chiens ne font pas des chats : Marion et Bastien sont les dignes héritiers de leurs parents. Ils ne les décevront pas.

Pour l’heure, tous les quatre se sont réfugiés le temps du pont du 14 Juillet sur une île de Bretagne. Un coin de paradis si prisé qu’il est impossible d’y séjourner sans passe-droit. Mais, même l’espace d’un week-end, impossible n’est pas Moreau.

Seulement, quand au retour d’une balade Béa, Chris et Bastien trouvent la maison vide, la parenthèse enchantée prend soudain l’allure d’un huis clos angoissant. La petite île, devenue terrain boueux d’une battue sous la pluie pour retrouver Marion, va révéler un autre visage : celui d’une étendue de terre entourée d’eau où vit une poignée d’individus soudés comme des frères et aguerris aux tempêtes.




Ils sont beaux, ils sont forts, ils sont soudés, ils sont cultivés, ils forment une belle famille. Quand ils débarquent sur un îlot breton pour passer le week-end du 14 juillet, ils sont loin de s'imaginer ce qu'il va leur arriver. 
La rencontre avec les autochtones  est brutale. Ils sont rustres, pas forcément amicaux devant ces "parigots " qui débarquent. Leur sympathie sonne faux, leurs sourires sont méprisants. Et pourtant, ils vont vivre pleinement ce séjour jusqu'à ce qu'un drame survient et bouscule toute leurs certitudes. Marion va disparaître. Aussitôt, tout va voler en éclat. Béa si forte, Chris si maître de lui, vont tout faire pour retrouver leur fille. Tout le monde est suspect. Elle a forcément été kidnappée. Elle n'a pas fait une fugue, là sur ce rocher au milieu de l'Atlantique. Elle n'est pas partie se baigner, cette jeune fille qui déteste l'eau. Impensable. Le coupable est forcément caché parmi la quinzaine d'habitants réunis dans le bistrot. 
Ce roman est construit comme un huis clos implacable. Louise Mey nous décrit les acteurs de cette tragédie en même temps que les lieux. L'île à elle seule est un personnage. La tempête arrive, ils sont de plus en plus isolés. 
Que va t'il se passer ? Qu'est-il arrivé à Marion ? Qui sont vraiment les Moreau ? 
Peu à peu, la vérité apparaît. Le piège est machiavélique. 
Je n'en dirai pas plus de peur de dévoiler le noeud de l'intrigue. Ce roman est passionnant. Découpé en courts chapitres il se lit très facilement. L'auteur a une plume fluide et de fait on tourne les pages rapidement. On veut en savoir plus, on veut connaître la fin de l'histoire. 
L'ambiguïté des personnages vaut le détour. On ne sait jamais vraiment à qui on a à faire dans "Embruns". C'est l'une des forces de ce roman qui m'a bien bluffé. 
Tout se déroule sur un week-end pendant lequel l'assurance des Moreau va s'effriter. Et pourtant, ce sont des winners, des félins, ils ne lâchent rien. En même temps que la tempête se déchaîne, les éléments vont se mettre en place les uns après les autres. 
Jusqu'au coup de théâtre final, imprévisible, cruel. 

Embruns est un roman à découvrir car il est surprenant. Il sort des sentiers battus et c'est ce qui m'a plu. Même si le sujet n'est pas forcément très original, l'auteur a eu le mérite de le traiter par un nouveau prisme. 

Je remercie vivement les éditions Fleuve Noir pour leur confiance. 


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