samedi 7 octobre 2017

L'homme feu, Joe Hill, JC Lattès.


Personne ne sait exactement quand et où cela a commencé.
Sur le corps des hommes et des femmes de magnifiques tatouages apparaissent et brûlent plus ou moins violemment les individus qui les portent… Boston, Détroit, Seattle… sont frappés. Il n’existe pas d’antidote.
Harper est une infirmière merveilleusement bienveillante. Le même jour, elle découvre qu’elle est enceinte et qu’elle est touchée par le virus. Paniqué son mari fuit.
Et dans ce monde en ruines où des micros sociétés se créent et des milices d’exterminations traquent les malades, Harper va rencontrer l’Homme-feu capable de contrôler le feu intérieur qui consume les humains. Ensemble, ils vont tenter de sauver une société terrorisée où chacun est prêt au pire pour tenter de survivre.
Une fresque aussi profonde que fascinante sur l’homme face à ses peurs vertigineuses et à sa puissance de vie.

Traduit de l’anglais par Antoine Chainas




Est-il besoin de présenter Joe Hill ? En seulement cinq livres, il a réussi à se hisser au top des auteurs de romans fantastico-horrifiques. Je ne reviendrai donc pas sur la généalogie de Joe Hill. 
Pour "l'homme feu", c'est un autre nom bien connu des services qui en assure la traduction : Antoine Chainas est aux commandes et nous offre une traduction qui restitue fidèlement l'univers de l'auteur. Il avait déjà eu l'occasion de le traduire avec son précédent roman : Nosfera2. 

L'homme feu est un roman apocalyptique mais aussi une fable sur l'humain. Il n'est pas sans rappeler - comme écrit sur le dos - "La route" de Cormac Mc Carthy ou encore "The Walking dead". On peut également faire le parallèle avec le roman fleuve du père de l'auteur : "Le Fléau". 
Il y a donc une vilaine épidémie qui se propage. Tout d'abord la peau des "infectés" est peu à peu couvertes de plaques ressemblant aux écailles d'un dragon, d'où l'un des noms de cette épidémie, l'écaille du dragon. Puis, sans aucun autre signe annonciateur, ils prennent feu et meurent brûlés vifs. Horrible. 
Harper est une infirmière dévouée et elle ne craint pas d'aider les malades. Elle  contractera finalement elle-même le virus à leur contact. A partir de ce moment, tout bascule pour elle. Son couple se déchire, elle doit finir d'autant qu'elle est ... enceinte. Elle rencontrera Le Pompier, John Rockwood. Un type bizarre qui a su dompter l'écaille. 
A la manière de The Walking dead, Harper va trouver refuge dans un camp où se rassemblent les infectés. Un camp aux accents légèrement sectaires dirigé par un vieil homme, mi-prédicateur mi-curé. Un type qui veut le bien de la centaine (un peu plus même) de personnes du camp. 

Le roman s'étire en longueur, parfois trop. On suit Harper, Allie, Nick et les autres à travers leur vie dans le camp, leur pérégrination pour trouver à manger, leur stratégie pour apprivoiser la maladie et leurs luttes internes. 
C'est habile et passionnant. Joe Hill écorche un peu les relations humaines. Un ami peut vite devenir un ennemi en tant de guerre ou comme ici, d'épidémie. 
L'ambiance est assez surréaliste où beaucoup d'humanité se dégage de ce roman. Et pour une fois, nous avons affaire à une héroïne enceinte mais qui n'hésite pas à donner de sa personne pour les autres. C'est assez remarquable. 

Il est a noté également les multiples références de Joe Hill au cinéma (Narnia, Mary Poppins) et à la musique (Bruce Springsteen, Dire Straits). Il fait aussi quelques clins d'oeil à l'oeuvre de son père qui sont sympathiques. 

"L'homme feu" est un roman surprenant à la croisée de plusieurs genres. Bien sûr le fantastique y est très présent, le côté apocalyptique également. Mais c'est bien plus que cela. C'est aussi un roman sur l'homme, l'avenir de l'homme et les relations humaines. 
Un vrai coup de coeur à découvrir aux éditions JC. Lattès. 



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