mercredi 27 septembre 2017

Dark Net, Benjamin Percy, Super 8 éditions


Le Dark Net, vous connaissez ? Sous les fondations du réseau, un second Internet prospère : un eldorado sulfureux où rien n'est impossible et où on trouve de tout - drogues, armes à feu, instructions terroristes, etc. 
Mais aujourd'hui, les forces obscures s'assemblent dans ces profondeurs. Des démons qui menacent d'envahir notre mon physique en "hackant" les esprit des utilisateurs pour les transformer en tueurs psychotiques. 
Pour les arrêter, quatre personnages que rien ne destinait à se rencontrer : Hannah, une jeune aveugle de 12 ans ayant récemment recouvré la vue (mais pas seulement) grâce à une prothèse futuriste ; Mike Juniper, un ancien évangéliste qui combat ses propres démons et veille, dans le sous-sol de son refuge pour sans-abri, sur un impressionnant arsenal d'armes à feu ; Derek, un hacker aux allures d'Anonymous qui entend faire régner la justice au sein du réseau ; et Lela, une journaliste technophobe persuadée d'être tombée sur une histoire que personne ne veut entendre. 
Bientôt, les portes de l'enfer vont s'ouvrir. Sont-ils prêts ? 


Les éditions Super 8 nous ont habitué à de belles découvertes, originales et passionnantes. Avec ce nouveau roman de Benjamin Percy, nous sommes toujours  dans la même lignée. 
Ce techno-apocalypto-thriller est une véritable plongée dans les ténèbres de l'internet noir. Le dark net représente la partie immergé de l'internet classique. Infiniment plus grand, monstrueusement plus sombre. En dessous, il n'y a pas de règles, que des internautes sans foi ni loi, des escrocs, des voleurs, des psychopathes, des meurtriers et des violeurs. Dit comme cela, on n'a pas trop envie d'y traîner d'autant que le dark net est conçu pour dissimuler les adresses IP et devenir intraçable. 
J'avais déjà entendu parler de ce Dark Net et je n'y avais pas compris grand-chose. Après la lecture du roman de Benjamin Percy, je vois un peu mieux de quoi il s'agit mais cela reste toujours un peu nébuleux. 
Au départ, le lecteur fait connaissance avec plusieurs personnages qui vont jouer un rôle central dans le récit. On découvre Hannah, la petite aveugle qui expérimente un nouvel appareil qui va lui permettre de recouvrer la vue. Il y a aussi Cheston, geek, hacker, solitaire et missionné pour le jour zéro dont il ignore tout. Lela est la journaliste tenace, un brin associable et anti-nouvelle technologie. Elle s'avère être aussi la tante de Hannah. Enfin, pour compléter le tout, on a Mike Juniper, responsable d'un refuge pour SDF, au passé trouble et qui noue une relation énigmatique avec Sarin, personnage également énigmatique. 
Cette galerie de personnages est bien travaillée cependant, je trouve qu'ils sont parfois à la limite de la caricature. Des profils différents voire opposés qui se rejoignent et mène l'enquête, on a déjà vu. Pour autant, ce n'est pas dérangeant car l'auteur nous fait vivre un rythme d'enfer. Pas de temps mort dans son récit. 
Bien sûr parfois, il explique les méandres d'internet, les réseaux, les fils, les data center... (j'avoue m'y être un peu perdu) mais c'est pour mieux expliquer les ténèbres qui s'abattent sur Portland, le berceau, la porte d'entrée d'un nouveau monde. 
Quelques scènes sont vraiment très bonnes, notamment celles où les molosses attaquent. J'ai bien aimé ces créatures même si finalement on les voit peu. 
D''autres reflètent davantage le cliché : la course poursuite de Juniper en 4X4 par exemple ou encore le conciliabule entre Lela et Daniel dans la librairie (scène qu'on croirait sortie d'un roman de Dan Brown et heureusement, cela ne va pas plus loin). Ce n'est pas dérangeant pour autant et n'hypothèque pas la lecture. 
Au final, Dark Net est un roman très cinématographique dans lequel le lecteur s'imaginera sans mal les scènes. Il faut dire que Percy est aussi scénariste pour Marvel. Roman apocalyptique ? Un peu. Thriller techno ? Un peu aussi. C'est un mélange subtil de plusieurs styles sans que l'un prenne le pas sur l'autre. En tout cas, un bon page turner
Bref, un bon roman même pour les réfractaires aux nouvelles technologies. 

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