lundi 6 février 2017

Treize marches, Kazuaki Takano, Presses de la Cité


Ryô Kihara, trente-deux ans, est condamné à la peine capitale. Il a déjà passé sept ans dans le couloir de la mort sans connaître la date de son exécution, comme le veut la loi japonaise. Bien qu'amnésique au moment du procès, il a reconnu sa culpabilité. Un matin, il entend les gardes venir chercher son voisin de cellule pour l'exécuter. Traumatisé par les hurlements, Kihara a soudain des flashes, comme si son amnésie se dissipait : il se revoit en train de gravir un escalier, dix ans plus tôt. Il décide d'écrire à son avocat.
Jun'ichi Mikami, vingt-sept ans, a été incarcéré deux ans pour homicide involontaire. Remis en liberté conditionnelle, il croise celui qui était son gardien de prison, Shôji Nangô, qui s'occupe aussi de la réinsertion des anciens détenus. Ce dernier lui propose de l'aider à prouver l'innocence d'un certain Ryô Kihara. Voyant un moyen de se racheter aux yeux de la société, Jun'ichi accepte...

Un thriller au suspense savamment distillé. Une plongée angoissante dans le système judiciaire japonais. Saisissant.



Première immersion au Japon et plutôt une réussite. Alors qu'un condamné à mort attend son exécution, un mystérieux client va diligenter une nouvelle enquête pour le disculper. Voilà comment va se créer le duo entre Jun'ichi et Nangô. L'un sort de prison pour meurtre, l'autre vient de démissionner de son poste de surveillant pénitentiaire. Autant dire que ces deux là sont sensibles à la problématique de la peine de mort !

L'intrigue est posée. L'histoire est ancienne mais comme la date de l'exécution semble approcher, l'enquête doit avancer vite. Le duo (improbable) d'enquêteurs dispose de trois mois pour résoudre leur affaire. 
Amateurs de thrillers sanguinolents, passez votre chemin. Nous avons ici un roman dont le rythme est plutôt lent mais qui se lit très vite et dont on a du mal à décrocher. 
J'ai beaucoup apprécié la description de la société nippone et en particulier du fonctionnement du ministère de la justice et de la question de la peine de mort. On peut repérer une certaine frilosité des responsables à signer les actes d'exécutions et voir qu'il ne suffit pas de grand-chose pour faire basculer une décision. C'est fascinant et effrayant en même temps. On peut aussi approcher les spécificités japonaises au travers des dialogues où l'on ressent toute la retenue et la bienséance des habitants de cet archipel. Jamais vulgaires, jamais d'emportement. Du moins, en surface. 

Je conseille donc fortement la lecture, sélectionné pour le Prix découverte Polars Pourpres, qui est dépaysant, distrayant et efficace. 
Une très bonne surprise. 

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