vendredi 3 février 2017

La voix secrète, Michaël Mention, Grands détectives, 10/18

Une enquête criminelle dans les bas-fonds de Paris en 1835, retraçant les derniers jours du célèbre dandy, assassin et poète Pierre-François Lacenaire
Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe, la police enquête sur des meurtres d’enfants. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, vers le célèbre poète et assassin Pierre-François Lacenaire. Incarcéré à la Conciergerie, ce dernier passe ses nuits à rédiger ses Mémoires en attendant la guillotine. Alors que les similitudes entre ces crimes et ceux commis par Lacenaire se confirment, Allard décide de le solliciter dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et le criminel s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation, qui les entraînera tous deux dans les bas-fonds d’un Paris rongé par la misère et les attentats.

Un roman historique inspiré des derniers jours du célèbre Lacenaire, signé par une étoile montante du roman noir français.


Michaël Mention fait son entrée dans la collection Grands détectives avec ce roman écrit il y a plusieurs années. 
Avec brio, il fait renaître le Paris poisseux, puant et violent du XIXème siècle. Son écriture résolument moderne et qui lui est caractéristique se conjugue très bien avec ce récit historique. 
Comme d'habitude, l'auteur malmène ses personnages autant que ses lecteurs. Il nous trouble, bouscule nos convictions, nous emmène à travers les ruelles sombres du subconscient de ses héros. Lacenaire, le poète criminel attend avec impatience son exécution. Au fond de sa cellule, cet impertinent et arrogant personnage donne du fil à retordre à ses geôliers. Seul Allard, le policier, parvient à devenir ami. Quelle étrange amitié d'ailleurs entre un assassin et un commissaire ? Qu'est-ce qui peut bien les lier, ces deux-là ? Qui manipule qui ? Qui a besoin de qui ? A moins que ce ne soit une vraie et solide amitié.
Et puis, il y a ces meurtres, horribles, effrayant, calqués justement sur ceux de Lacenaire. Complice ? Vulgaire imitateur ? 
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman (l'un des premiers de l'auteur) dont l'ambiance a été bien définie. Michaël Mention a réussi à dessiner cette France qui a peur, ce peuple qui souffre contre des élites arrogantes (tiens, tiens... ), ce Paris sale, vertigineux et ce roi détesté. Les conditions de vie des miséreux est bien mis en parallèle avec celles des nantis. Bref, une remarquable reconstitution historique. 
Un vrai roman policier également où l'auteur se joue du lecteur. Il l'emmène sur des fausses pistes, n'hésite pas à embarquer ses héros sur des pentes dangereuses. Il joue avec le feu et à la fin, le récit fonctionne. C'est haletant autant qu'instructif, distrayant autant qu'effrayant. 
Un plaisir à ne pas bouder. 

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