mardi 10 janvier 2017

Toxique, Nico Tackian, Calmann-lévy

Ils aiment entrer dans votre vie,
certains aiment exercer leur pouvoir sur vous,
Certains aiment vous séduire pour vous détruire.
Ce sont les toxiques. 

 
Janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crime dépêche le commandant Tomar Khan, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes. À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 h », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il y paraît. 




J'aime bien les livres qui se lisent vite. Avec ce Toxique, j'ai été comblé. A peine quelques heures, sur trois jours pour le lire, un vrai page turner comme on les aime, un polar brut. 

L'histoire n'est pas banale. Une directrice d'école étranglée dans son bureau. Un suspect et une affaire qui semble facile pour Tomar et son équipe. Mais on se doute que ça ira plus loin. Bien sûr, l'auteur trompe le lecteur, l'emmène sur de fausses pistes, creuse ses personnages. A l'instar de ce Tomar, origine Kurde, né en France, ça le démange de plus en plus de connaître ses racines. Et que dire de ses cauchemars qui le hantent depuis son enfance. Comment ont-ils façonnés cet être brute mais pas dénué d'humanité ? 
Difficile d'évoquer l'autre personnage central du roman sans dévoiler l'intrigue. Ce que je peux juste vous dire,c 'est que Niko Tackian nous a concocté un coupable assez original et bien pervers. Peut-être plus terrifiant que certains serial killer bien connus. 

Si le roman tourne beaucoup autour de son héros, Tomar, l'auteur n'oublie pas non plus de peindre des personnages crédibles et intéressant. Rhonda, par exemple est une policière attachante, forte et fragile à la fois. J'ai bien aimé ce personnage qui, comme Tomar, n'est ni tout blanc ni tout noir.
C'est d'ailleurs ce qui fait l'essence de ce roman. Nico Tackian évite le manichéisme simplet dans lequel les flics sont forcément gentils et les coupables forcément méchants. Ici, on se pose des questions dont la première : et moi, comment j'aurais réagi ? 

A travers une histoire sensible, Nico Tackian dresse le portrait d'un nouveau type de coupable dans le polar français, une image que je n'ai pas l'habitude de voir dans les romans. Il dessine aussi un héros violent, en proie à de nombreux questionnements - mais en évitant de tomber dans le caricatural flic pochard et revêche- sur son passé, son avenir et même son présent. Un personnage dont l'origine (Kurde) est très intéressante. Les passages avec sa mère, ancienne combattante, sont passionnants et les dialogues empreints d'une grande tendresse. 

Une très bonne découverte ! 
Merci aux éditions Calmann Lévy pour leur confiance. 



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