mardi 27 décembre 2016

Dans les brumes du mal, René Manzor, Calmann Lévy


Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent,
ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour?





Dans les brumes du mal est le troisième roman de René Manzor. Pour ma part, le premier que je lis de cet auteur. Qu'on se le dise tout de suite, ce roman a tous les ingrédients pour être un parfait thriller  : une intrigue solide, des décors fantastiques, un sens du suspens, une écriture rapide, des personnages sortis d'un film, des chapitres courts qui facilitent la lecture. Pourtant, je n'ai pas été séduit. Bien sûr, comme de nombreux lecteurs j'ai moi aussi tourné les pages avidement. J'ai voulu savoir la vérité. J'ai voulu aller au bout de ce roman. 

Un roman techniquement parfait

Je m'explique. Ce roman est techniquement très bien fait dans sa forme. Comme je viens de le dire, dans sa construction il n'y a rien à lui reprocher : chapitres courts qui alternent différents points de vue, suspense en fin de chapitre, maîtrise de l'auteur qui connaît ses classiques. Quelques fausses pistes subtilement amenées entretiennent la tension. Une atmosphère propice aux mystères dans les marais parachève le tout.
Mais voilà...

Un manque d'âme

Ce que je vais dire n'engage que moi mais exprime mon ressenti. Il manque je trouve une âme dans ce récit, juste ce qu'il faut pour qu'il passe du bon moment au thriller excellent. C'est difficile à expliquer mais je n'ai pas réussi à éprouver la moindre empathie pour les personnages. 
Tout d'abord l'agent Rhymes me paraît très dure. Les rares fois où ses sentiments s'expriment, c'est légèrement ridicule comme le moment où elle va rencontrer le révérend en prison. On ne peut pas dire cependant que ce personnage manque de profondeur. L'auteur l'a bien travaillé. Il donne des détails sur sa vie actuelle, son enfance, la façon dont elle s'est construite et c'est plutôt intéressant. Cependant, elle ne m'a pas paru sympathique. Elle est froide et distante. De fait, je n'ai pas éprouvé de sentiments particuliers à son égard.
Miller est l'un des personnages importants du  roman. Mais, comme pour Rhymes, j'ai trouvé qu'il lui manquait quelque chose. Sans rentrer dans les détails, on sait qu'il a perdu sa femme et qu'il élève seul sa fille de 11 ans. On sait aussi qu'il a fréquenté la rue durant sa jeunesse et qu'il était un petit truand des rues. Je n'ai pas non plus apprécié les relations qu'il a tissé avec sa fille. Je les trouves surfaites, caricaturales. La petite fille qui prend soin de son papa et qui lui parle d'égal à égal, pour moi, ça ne passe pas.

Un thriller implacable cependant

Malgré toutes les réserves que je viens d'émettre, j'ai bien apprécié cette lecture. On tourne les pages à une vitesse surprenante car l'écriture de René Manzor s'y prête. On a envie de savoir ce qu'il va se passer.
Je reconnais aussi avoir éprouvé quelques difficultés à écrire cette chronique. J'ai trop de sentiments contradictoires. J'espère donc que le lecteur ne m'en voudra pas.

Ce roman est disponible aux éditions Calmann Lévy que je remercie.






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