lundi 19 décembre 2016

Bienvenue à Cotton's Warwick, Michaël Mention, Ombres noires


Australie, Territoire du Nord. Dans l'Outback, on ne vit plus depuis longtemps, on survit. Seize hommes et une femme, totalement isolés, passent leurs journées entre ennui, alcool et chasse. Routine mortifère sous l'autorité de Quinn, Ranger véreux. Tandis que sévit une canicule sans précédent, des morts suspectes ébranlent le village, réveillant les rancoeurs et les frustrations. Sueur, folie et sang. Vous n'oublierez jamais Cotton's Warwick.




Les lecteurs de ce blog savent déjà que j'ai une affection particulière pour Michaël Mention dont je suis (et apprécie) la carrière depuis ses débuts.
Ils savent aussi que j'éprouve une affection particulière pour l'Australie, pays immense où tout est possible. 

Le nouveau roman de Michaël Mention est dans la continuité de son oeuvre. En ce sens, il est différent de tous les autres. Et oui, Michaël Mention est un auteur qui se renouvelle, qui tente des expériences, qui prend des risques, qui ne s'enferme pas dans un domaine. Il a tenté le huis clos (Unter Blechkoller), il a commis une trilogie bien noire (sale temps pour le pays, Adieu demain, Et justice pour tous), un pamphlet sur le PAF (la carnaval des hyènes) ou encore un docu-fiction sur un serial ailler (le fils de Sam). Tous avec un certain succès. 
Ce Bienvenue à Cotton's Warwick dépeint une petite communauté, repliée sur elle-même, oubliée du gouvernement australien, oubliée de tout le monde. Alors, ces gens survivent comme ils peuvent. Leurs relations se tissent, se déconstruisent à coups de poings avinés. C'est le choc, c'est violent. Soleil et alcool ne font pas bon ménage chez ces dégénérés menés par un chef véreux et sans scrupules. Les journées passent, les unes identiques aux autres. Les mois passent, pareil. Les années aussi. Karen, la seule femme, derrière le comptoir du seul bistrot, rêve de départ, d'une vie en ville, loin de l'Outback où chaque jour on peut y laisser sa peau. 
Et puis, il y a ce fameux razorback qui va bousculer ce fragile équilibre. A partir de là, tout s'écroule. Michaël Mention prend un malin plaisir à décrire la rapide décrépitude qui s'ensuit. L'apocalypse arrive à Cotton's Warwick. Comme le dit la bible, elle est incarnée par des animaux de toutes sortes. Comme dans le roman de James Patterson, Zoo, les animaux prennent le contrôle, se soulèvent contre l'être humain. Comme dans Les Oiseaux, la tension monte autour des volatiles qui font le siège de la bourgade. Acculés, les habitants pourront-ils s'en sortir ? 
Le nouveau roman de Michaël Mention est un survival que j'aimerais bien voir adapté au cinéma. Genre trop peu utilisé dans la littérature d'aujourd'hui, l'auteur nous ravit sur près de 300 pages pendant lesquelles on sourit (jaune), on frissonne, on vomit...

... car parfois, c'est un peu gore. Déjà, à certains moments dans ...et justice pour tous Michaël Mention nous avait montré qu'il pouvait l'être. Ici, il se lâche complètement. Cependant, on n'est pas dans la série B. On est dans un vrai roman bien écrit. Il n'y a jamais de sang pour rien, jamais de scène horrifique gratuite. Tout est savamment calculé. Les scènes découlent des actes des humains et comme dans The Walking dead, on peut se demander si le danger vient réellement des animaux. 
Je dois avouer malgré tout parfois, j'ai trouvé qu'il allait un peu loin, l'auteur. C'est hard, c'est cru mais, je le répète, toujours servi par une écriture fine, intelligente, travaillée. 
Je pense toutefois que l'éditeur aurait pu, à l'instar de certaines BD, indiquer la mention "pour lecteurs avertis" car ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Il faut être bien préparé pour rentrer dans le monde de l'outback. L'Australie ne se donne pas, elle se mérite, avec Michaël Mention. 

Disponible chez Ombres noires. 




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