dimanche 6 novembre 2016

En douce, Marin Ledun, Ombres noires.



Sud de la France. 
Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l’avoir séduit, sa geôlière, Émilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit seule dans son chenil, au milieu de nulle part. 
Elle lui apprend que, cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d’un chauffard. 
L’accident lui a coûté une jambe. Le destin s’acharne. 
La colère d’Émilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance.



Le nouveau roman de Marin Ledun est sorti depuis quelques semaines au éditions Ombres Noires. Deux ans après son (d)étonnant L'homme qui a vu l'homme, l'auteur change complètement de sujet. Il reprend toutefois des thèmes déjà abordés dans de nombreux romans et des sujets qui lui sont chers. Emilie est handicapée suite à un accident de la route. Cinq ans plus tard, elle kidnappe Simon. 
Pendant 250 pages qui se lisent en quelques heures, Marin Ledun va disséquer les relations entre le geôlier et sa victime. Mais contrairement aux autres romans qui évoquent des séquestrations, il part du point de vue du coupable. Emilie est à la dérive. Elle a raté sa vie. Elle prétexte son accident mais au fur et à mesure des flashback, elle se rend compte que sa vie avait commencé à se déliter bien avant. Incapable de se fixer, elle a multiplié les aventures jusqu'au jour où elle décide de mettre en oeuvre sa vengeance. 
Elle travaille dans un chenil, sordide. Elle habite mobile-home dans ce même chenil, glauque. Elle ramasse la merde des chiens toute la journée, sinistre. Elle s'enivre dans les boîtes de nuit où elle pêche les hommes, pathétique. 
Simon aussi ne parvient pas à trouver l'amour. Lui aussi multiplie les conquêtes mais n'arrive pas à garder une femme chez lui. Il bosse, il picole, il décuite, il retourne bosser et ainsi va sa vie. Jusqu'à ce fameux jour de juillet où il rencontre Emilie. 

Mon avis sur ce roman est mitigé. 
Je dois reconnaître que Marin Ledun a su me surprendre en développant un thème éculé : la vengeance et la séquestration du point de vue du coupable. 
Pourtant, je n'ai pas vu vraiment où il voulait en venir avec Emilie. Désir de vengeance qui s'installe plusieurs années après les faits ? Quant au plan de la jeune femme, il me paraît un peu tiré par les cheveux. A plusieurs reprises l'auteur évoque un fin inéluctable et imminente. Et pourtant, pourtant, jusque dans les dernières pages on se demande ce qu'elle cherche vraiment et comment elle souhaite en finir avec tout ça. 
Pour moi, la fin n'est pas à la hauteur du reste du roman. C'est dommage mais j'aurais préféré d'ultimes chapitres plus percutants que ceux écrits par l'auteur où l'on tombe dans une sorte de mélodrame niaiseux. 

Pour conclure, En douce est un bon roman mais avec une fin un peu bâclée. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire