lundi 31 octobre 2016

Manta, Yann Julien, auto-éditions


"Meurtres, enquêtes, poursuites... 

Le domicile d’une riche résidente visité par des « déménageurs ». Le butin s’élève à 4 millions d’euros. 

Une équipe de cinq jeunes gens avaient déménagé plus tôt dans la journée du mobilier au domicile de Mme Madeleine Douglas ; ils sont suspectés d’avoir procédé à un repérage, puisque quelques heures plus tard, la riche veuve recevait la « visite » de l’un d’eux. Elle l’a formellement reconnu et a pu dresser un portrait-robot aux enquêteurs. 

L’affaire se déroule dans la soirée, la police est appelée pour intervenir au domicile de Madeleine Douglas : elle a surpris un malfaiteur qui s’est introduit par effraction. Après avoir tenté de le rattraper sans succès, le cambrioleur a réussi à prendre la fuite. 

On ignore si le suspect a agi seul, mais il aurait procédé à l’effraction, la fouille et le vol du contenu du coffre-fort de Madeleine Douglas : principalement des bijoux. Le montant du vol s’élève à plusieurs millions d’euros."





Un des objectifs de Terre du noir, c'est de donner une (modeste) visibilité à des auteurs et des livres qui ne bénéficient pas forcément de publicité. Tenir un blog tel que celui-ci peut être l'occasion de faire des rencontres et des découvertes. Avec Yann Julien et son Manta la surprise était belle. 
Un cambriolage chez une riche veuve. Des suspects et une enquête qui débute. Voilà le point de départ assez classique de ce polar. Pourtant, l'auteur va nous emmener ailleurs, loin des clichés auxquels on pourrait s'attendre. Son récit est rapide, ses descriptions limitées, ses personnages décrits succinctement nous font penser aux romans policiers épurés des années 70. 
Yann Julien conduit ses protagonistes et ses lecteurs entre Paris et Dijon. Alan et Tim sont deux personnages bien travaillés et le duo fonctionne à merveille. Tim est un geek un peu immature. Alan est un type qui a soif de vengeance. Le premier n'a jamais fait de bêtise, le second a passé quelques mois à l'ombre. On aussi un vrai méchant servi par une horde de brutes : Faust et ses sbires. Je dois dire que j'ai bien aimé les scènes dans son domicile. Enfin, on a un policier, Lebreuil qui traîne quelques casseroles dont il aimerait bien se débarrasser. Donc côté personnage, on a ce qu'il nous faut. 
Ensuite l'intrigue en elle-même est simple et efficace. L'auteur distille quelques indices et des fausses pistes. Il prend du plaisir à écrire et à raconter une histoire et ça se voit. Il y a de l'humour dans ses dialogues et Tim est l'un des personnages qui ne se prend pas au sérieux et qui se demande dans quel guêpier il a été mis. Malgré lui, il va donc être entraîner dans des situations qui le dépassent et qu'il ne pensait pas trouver ailleurs qu'au cinéma. Le côté décalé de ce personnage m'a séduit. 

Cependant, il est dommage que ce roman soit si court. Il se lit très vite, en quelques heures. En ce sens, il remplit très bien son rôle : un polar qui va vite, qui ne s'encombre pas de descriptions et psychologie inutile. J'aurais toutefois aimé un peu plus de matière. 

L'auteur : en naviguant sur internet, on peut remarquer que Yann Julien n'en est pas à son coup d'essai. Manta est en effet son quatrième roman qu'il publie à compte d'auteur. Par choix ? Par défaut ? En tous les cas, je pense qu'il pourra très bientôt rejoindre une maison d'éditions car cet auteur a du talent. 











Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire