dimanche 4 septembre 2016

La fille dans le brouillard, Donato Carrisi, Calmann-lévy



ANNA LOU EST UNE JEUNE FILLE EXEMPLAIRE.
ALORS POURQUOI AURAIT-ELLE FUGUÉ LA VEILLE DE NOËL ?
OU SERAIT-CE UN KIDNAPPING ?
MAIS QUI LUI VOUDRAIT DU MAL
DANS SON PAISIBLE VILLAGE DES ALPES ?
LE COMMANDANT VOGEL, STAR DE LA POLICE,
EST ENVOYÉ SUR PLACE.
ENTOURÉ DE SA HORDE DE CAMÉRAS, IL PIÉTINE.
AUCUNE PISTE, AUCUN INDICE NE S’OFFRE À LUI.
DEVANT SES FANS, IL NE PEUT PAS PERDRE LA FACE.
VOGEL RÉSISTERA-T-IL À LA PRESSION
DE SON PUBLIC QUI RÉCLAME UN COUPABLE ?


Une jeune fille disparaît dans un village perdu au fond d'une vallée italienne. La police ne trouve rien et doit faire appel à la star médiatique Vogel, le commissaire va essayer de se racheter après une affaire qui l'a secoué quelques mois plus tôt. 
Voici le point de départ du nouveau roman de Donato Carrisi sorti aux éditions Calmann-Lévy le 01 septembre et qui, j'en suis persuadé, devrait faire parler de lui. 

La fille dans le brouillard est un roman brillant, machiavélique et passionnant. 

Dans sa construction tout d'abord. L'auteur alterne les passages  qui ont précédés l'enlèvement de la jeune fille et se qui y succèdent. Il alterne aussi les points de vue. On passe du point de vue du policier à celui du présumé coupable. Car, en l'absence de preuves tangibles et en présence d'une horde de journalistes avides de scoops, il faut un coupable. Cela tombe bien, c'est la spécialité de Vogel. Le commissaire élégant, qui aime se vêtir de costumes hors de prix, tiré à quatre épingles même pour crapahuter dans la boue et l'eau des rivières. Il manipule les journalistes comme il dirige ses policiers. D'une main de fer et sans dialogue possible. C'est lui qui tire les ficelles quitte à arranger un peu la vérité, à fabriquer des preuves ou à orienter des témoins. Vogel n'a que faire de la vérité. Ce qu'il veut, c'est une couverture médiatique et des coupables. 

- Vous considérez n'avoir aucune responsabilité dans l'échec de cette enquête ?
- Je n'ai fait que mon travail.
- C'est à dire ? 
- C'est à dire : rendre les spectateurs heureux.

Le coupable du jour est un professeur de lycée dont le comportement est pour le moins étrange. Et c'est avec ce personnage que l'auteur fait preuve d'une extrême subtilité en perdant le lecteur : un coup, on le sent vraiment coupable, une autre fois, il est innocent. Mais qui est-il réellement ? Carrisi nous tient un haleine jusque dans les dernières pages. 

Avechot est un village perdu, dans une vallée encaissée, où le brouillard nappe d'un aspect fantomatique les champs, les routes et les habitations. L'ambiance est tendue, oppressante. Le décor est posé. 
Vogel rencontre Flores, le psychiatre du coin. A qui appartient le sang qui macule son costume ? Le policier le sait mais ne veut rien dévoiler. Alors le psy remonte le fil de l'histoire. Vogel se laisse aller en une longue confidence. 

Il parle aussi de Borghi, le policier que ses supérieurs lui ont confié. Il est novice mais apprend vite. Cependant, la relation des deux hommes n'est pas celle qu'on a l'habitude de voir dans les romans ou les films. Vogel ne l'apprécie pas. Il le manipule, lui cache la vérité, n'hésite pas à le remballer. 

Mais Vogel n'avait aucune intention de partager sa stratégie avec lui. 

Il le méprise même à certains moments : 

Comment crois-tu pouvoir comprendre mon plan ?  

Cette relation inédite est très intéressante et sors des sentiers battus. 

La tension augmente tout au long des pages. L'auteur fait durer le suspens et on arrête de respirer jusqu'au coup de théâtre final qu'on n'attendait pas. C'est génial, subtil et passionnant. 
A lire absolument. 

La fille dans le brouillard est disponible aux éditions Calmann-Lévy.



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