vendredi 8 juillet 2016

La femme qui valait trois milliards, Boris Dokmak, La Mécanique Générale.

À Bruges, le lieutenant Borluut, flic obsessionnel, se refuse à lâcher l'enquête sur la troublante " momie du canal ". 
À Los Angeles, Almayer, un privé carburant à l'étherine et aux alcools blancs, se charge de remonter la piste de " P.H. ", la petite princesse blonde de Beverly Hills que les tabloïds ont oubliée. 
Entre eux, c'est le carnaval des pourris : narcotrafiquants, mercenaires, jet-setters cocaïnés, flics déglingués, agents corrompus du Secret Service, archéologues déjantés... 
Leurs routes, entre le désert brûlé du Mexique, la Californie crépusculaire et les neiges ternies de la Grande Russie se croiseront-elles un jour ? Car tous, sans le savoir, courent après la même ombre : la femme qui valait trois milliards. 

Grande révélation du polar de ces deux dernières années, Boris Dokmak retrouve l'esprit des grands romans noirs de Goodis, de Brautigan et de Jim Thompson. Il est également l'auteur du vertigineux polar ethnographique, Les Amazoniques (2015). 



La mécanique générale, c'est l'édition poche de Ring éditions dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici. La femme qui valait trois milliards est le premier roman de Boris Dokmak, celui qui l'a fait connaître au public. Depuis, il a publié les Amazoniques, terrible thriller ethnographique, chez Ring éditions. 
Les critiques sont dithyrambiques et unanimes me font toujours douter de quelque chose de suspect, autant pour un livre que pour un film d'ailleurs. Je me dis qu'il doit y avoir du copinage dans l'air. Cependant quand de nombreux journalistes d'univers différents, de nombreux critiques littéraires, blogeurs, lecteurs et j'en passe s'accordent pour dire que ce livre est époustouflant, il faut peut-être les croire. 
Ce roman est tout simplement énorme. Par la taille d'abord, plus de 700 pages. Par son développement ensuite et son intrigue ensuite. Les personnages sont nombreux et le livre commence par des sauts de puce dans plusieurs périodes différentes. On se dit alors que ça va être difficile à suivre tout ça. Puis tout prend son sens. En 2023, un futur proche de chez nous. Mais attention, adeptes de l'anticipation, ce livre n'est pas pour vous. Aucune science fiction. Juste l'occasion pour l'auteur d'anticiper. La femme qui valait trois milliards, c'est juste Paris Hilton. La riche héritière à disparue 10 ans auparavant sans laisser de trace. Les rumeurs les plus folles circulent : enlèvement, meurtre, fugues ?
Almayer, un ancien des services secrets, qui a jadis travaillé à la surveillance de Paris Hilton est rappelé à l'ordre par le père pour la retrouver. Sauf que Almayer est devenu une épave qui se shoote toute la journée au milieu de l'océan, seul sur son voilier. 
De son côté, à l'autre bout du monde, le lieutenant Borlutt enquête sur un crime aussi odieux qu'original. Une femme complètement momifiée est retrouvée dans un hôtel abandonné. La technique de momification rappelle celle des momies du Tophar, extrêmement rares. 
Les deux récits vont, bien sûr, se rejoindre à un  moment mais je ne dirai rien de plus sous peine de dévoiler l'intrigue, fouillée et minutieuse. 
J'ai beaucoup aimé ce voyage autant géographique (le récit se déroule en Belgique, aux Etats-Unis, en Egypte) que littéraire (le roman alterne le récit, les extraits de journal intime, l'étude de bandes vidéos, les comptes-rendus divers et variés). De fait, on ne s'ennuie pas une seule seconde et le lecteur en apprendra énormément sur de nombreux sujets. 
Par ailleurs, j'ai appris aussi de nouveaux mots que je n'avais encore jamais entendu. Quelques passages sont également truculents et exceptionnels : la scène de l'autopsie par exemple est inoubliable. 
La femme qui valait trois milliards vaut donc le coup d'être lu et ce serait un pêché de ne pas le faire d'ailleurs.
Disponible à La Mécanique Générale. 


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