samedi 4 juin 2016

The Whites, Richard Price, Presses de la Cité.

Milieu des années quatre-vingt-dix. Le jeune Billy Graves est flic au sein d'une brigade anticriminalité de l'un des pires districts du Bronx. Il fait partie d'un groupe de policiers prometteurs, les Wild Geese, et une carrière brillante lui semble assurée. Jusqu'au jour où il tire accidentellement sur un gamin. L'affaire, fortement médiatisée, lui vaut d'être mis au placard quelque temps.
Aujourd'hui, Billy est devenu chef d'une équipe de nuit du NYPD. Son quotidien : sillonner les rues de New York, de Wall Street à Harlem, pour en assurer la sécurité, même s'il sait que certains criminels passeront toujours au travers des mailles du filet. Ces derniers, il les surnomme les « whites », ceux qui s'en sortent blancs comme neige. Chaque policier en a un qui l'obsède.
Puis vient un appel qui change tout : un meurtre a eu lieu à Penn Station. Et la victime n'est autre que le white d'un de ses anciens coéquipiers. Lorsqu'un autre white est assassiné, Billy commence à s'interroger : quelqu'un serait-il en train de régler ses comptes ? Et qui est cet homme qui, soudainement, paraît s'intéresser à sa femme et à ses enfants, au point de les suivre en filature ?





Après de nombreuses années d'absence, Richard Price revient avec un polar urbain particulièrement percutant. L'idée de base est excellente : chaque flic à un white ! C'est à dire un criminel qu'il n'a jamais réussi à faire condamner et qui l'obsède. Quelques années avant le début du récit, Billy faisait parti d'un groupe de "superflics" redoutés par tous les criminels et délinquants de New-York. Aujourd'hui à la tête d'une brigade de nuit, les démons le hantent toujours et le passé se rappelle à son bon souvenir. Les Whites de son groupe commencent à tomber les uns après les autres. Dès lors, Billy qui a un sens aigu de la justice va mener son enquête jusqu'à soupçonner ses anciens collègues. 

Je ne vous en dis pas plus sur l'intrigue de ce roman particulièrement réussi. L'écriture de Richard Price va droit au but, sans fioriture mais avec une certaine subtilité et un brin d'émotion. De fait, on tourne les pages les une après les autres sans reprendre notre souffle. Ce qui ne veut pas dire que ça tiraille dans tous les sens. Non, c'est plus  que ça. Au contraire, il y a peu de fusillades et de dégainages de flingues. Bien sûr, il y a de nombreuses situations explosives dans lesquelles Billy et les siens doivent intervenir mais l'auteur nous décrit plutôt des moments difficiles où il pointe du doigt une certaine misère comme avec cet ancien champion olympique qui "pète des câbles" de temps en temps et veux jeter sa médaille. 
Très humain, Richard Price évoque aussi le difficile métier de ces policiers pas comme les autres. Il rentre dans l'intimité des gens, décrit sans pathos leur descente aux enfers, leurs doutes, leurs peurs. 
Billy n'est pas épargné non plus. Sa famille est en danger. Qui est cet homme qui les persécute ? Pourquoi s'acharne-t-il sur eux ? Quant à sa femme, a-t-elle quelque chose à cacher ? 
Tout au long de ce roman, on découvre des personnages cassés, abîmés par la vie, traînant des boulets dont ils aimeraient s'affranchir. C'est sans concession mais c'est émouvant. 

Richard Price frappe fort avec ses Whites. 
Disponible aux Presses de la Cité. 

1 commentaire:

  1. Il a l'air sympa celui-ci.
    Je conseille "Clockers" du même auteur, je l'avais lu il y a quelques années, du très bon, dans la lignée de ce qui fait le charme de la série tv "The Wire" (Sur écoute), série pour laquelle Richard Price a collaboré. Un film aussi a été tiré de "Clockers" mais jamais vu. Une lecture prenante et un récit réaliste.

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