samedi 18 juin 2016

Magnificence, Lydia Millet, éditions du Cherche Midi


Peu de temps après la perte de son mari, Susan hérite de la maison d’un oncle qu’elle connaissait peu. En visitant la demeure, elle découvre la passion de celui-ci pour la taxidermie. Chaque pièce, chaque chambre est remplie d’animaux empaillés, certains dans des décors artificiels. Dans cette immense maison, Susan évolue et se perd au milieu des animaux, des souvenirs et des fantômes. Mais, bientôt, sa solitude est rompue. Jim, un homme marié qu’elle fréquente, la rejoint, ainsi qu’un groupe de vieilles femmes. En même temps que la paix, Susan cherche l’entrée d’un sous-sol figurant sur les plans de la maison mais dont l’accès demeure introuvable…
Dans la veine de Comment rêvent les morts et Lumières fantômes, Lydia Millet interroge la manière dont nous affrontons la perte, que ce soient la mort, la séparation ou l’extinction. Peut-on vivre avec ses peurs et ses fantômes ? Sont ici décortiqués, avec un talent et une précision hors pair, les ressorts de l’anéantissement et de la réinvention, de la parentalité et de l’acceptation.
 


Roman étrange que ce Magnificence de Lydia Millet, auteur que je ne connaissais pas. Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. Tout d'abord, ce n'est pas un polar ni un roman policier, ni un thriller. C'est bien un roman, contemporain, qui raconte avec intelligence et brio la vie d'une femme, Susan, volontiers adultère, et qui vient de perdre son mari dans d'atroces conditions, poignardé loin de chez lui, seul dans un caniveau. Donc, Susan hérite d'une grande bâtisse tout droit sorti de l'univers de Shirley Jackson, les fantômes en moins. Cette maison, elle l'a héritée d'un oncle fraîchement décédé, qu'elle ne fréquentait pas et dont elle ne se souvenait même pas. 
Bref, la voilà qui déménage dans cette énorme maison dans laquelle l'attend des milliers d'animaux empaillés. Animaux dont elle va vite s'éprendre - moi perso, j'aurais tout jeté à la déchetterie- et qu'elle va même jusqu'à faire restaurer. 
Sa fille, clouée en fauteuil roulant, déboule de temps en temps quand elle n'est pas partie avec son nouveau petit ami à l'autre bout de la planète. 
Et puis, arrivent aussi des petites vieilles qui squattent  la maison mais sans embêter plus que ça notre chère Susan qui a trouvé du réconfort avec son ami avocat. On se croirait ici dans un roman de Paasilinna. C'est cocasse et rigolo. 
Donc, si Susan fait vite son deuil, l'ombre de son mari plane autour d'elle même si celui-ci n'a jamais mis les pieds dans cette foutue baraque. C'est mélancolique. 
Magnificence est donc un roman qu'il est difficile de classer, et pour ma part de chronique. Je ne sais pas si je l'ai vraiment aimé, si je l'ai détesté. Toujours est-il qu'il ne laisse pas indifférent. Les personnages crées par Lydia Millet sont bien travaillés et ont tous un caractère bien affirmé. Le suspens n'est pas au rendez-vous mais on se laisse aller à divaguer dans les pièces de cette maison, à errer à travers un musée qui ne dit pas son nom, au milieu des animaux de toute la planète, disparus à jamais pour certains. 
J'ai beaucoup aimé les relations qu'entretiennent les deux femmes : Susan et sa fille, on ne sait jamais vraiment qui s'occupe de qui et les apparences peuvent être trompeuses entre une femme endeuillée et la fille handicapée. La plus forte n'est pas forcément celle qu'on pense. 

A découvrir aux éditions le Cherche Midi. 


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