vendredi 3 juin 2016

Les noces macabres, Jean-François Coatmeur, Albin Michel.

Tout commence par un coup de fil. Une voix métallique qui menace tour à tour le père Gildas, cloîtré dans son abbaye de Kerascouët, le maire d’une petite ville de Bretagne, effrayé au point de renoncer à un mandat de député, et un médecin du Perche, qui prend la fuite.
Trois notables aux vies transparentes, qui avaient fait leurs études de médecine ensemble. Avec le chirurgien Alain Vénoret, revenu à Brest après de nombreuses années d’absence, ils formaient un joyeux quatuor : « la petite bande ». Pourquoi se sont-ils séparés brusquement ? Que leur a chuchoté cette mystérieuse voix pour les troubler à ce point ? Et pourquoi Alain a-t-il été épargné ?
 
Jean-François Coatmeur distille, avec une savante maîtrise, une sombre histoire dont on ne sort pas indemne.




Les fans -dont je fais partie- n'avaient pas eu l'occasion de lire Jean-François Coatmeur depuis 2012 et son machiavélique "Ouest Barbare". Quatre ans donc qu'on attendait le nouveau roman du lauréat du grand prix de littérature policière 1976 et de nombreux autres prix. Une éternité ! C'est dire notre impatience. Alors quand j'ai appris qu'un nouveau roman venait de sortir, je me suis jeté dessus. 
Le pitch ne paraît pas très original, disons-le. Un viol, une histoire de vengeance. Ouais, déjà lu ce genre d'histoire. Sauf qu'avec Jean-François Coatmeur, le banal se transforme vite en chemin sinueux dans lequel le lecteur se perd, s'égare et dont les certitudes s'ébranlent au fur et à mesure du récit. 
Dans ce roman, tous les ingrédients propre à Coatmeur sont réunis : une histoire familiale compliquée (Nanou et sa fille Chris dont la vie va basculer après la mort de sa mère), des notables à l'intégrité douteuse (Vénoret et ses amis), un cadre géographique propice aux mystères (Brest) et bien sûr un plan tortueux.
Les connaisseurs reconnaîtront la trame qui a servi de base à la nouvelle publiée dans le recueil "Brest, l'ancre noire" mais il ne s'agit vraiment pas d'une version allongée de "les mains qui s'ouvrent". Les noces macabres, c'est bien un roman, un vrai -certes un peu court- avec une vraie intrigue et des personnages dont on ne perçoit pas tout de suite les personnalités. 
Le récit se déroule sur deux périodes différentes. Tout commence en 1987 à Brest et finit en 2012 à Brest  aussi mais après avoir voyagé à Paris et du côté du Mans. La boucle est bouclée et Coatmeur nous convie même à une petite balade au grand rassemblement de bateau. 

Ouvrir un livre de Coatmeur, c'est toujours l'assurance de vivre un très bon moment. Avec les noces macabres, on ne déroge pas à la règle même s'il est lu très rapidement. Pour ma part, j'aurai bien aimé une cinquantaine de pages supplémentaires. 

"Les noces macabres" est disponible aux éditions Albin Michel. 



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