samedi 18 juin 2016

Carnets noirs, Stephen King, Albin Michel

En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s'emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes. 
Le bonheur dans le crime ? C'est compter sans les mauvais tours du destin... et la perspicacité du détective Bill Hodges.
Après Misery, King renoue avec un de ses thèmes de prédilection : l'obsession d'un fan. Dans ce formidable roman noir où l'on retrouve les protagonistes de Mr. Mercedes (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur... ou le pire. 
« Une déclaration d'amour à la lecture et à la littérature américaine... Merveilleux, effrayant, émouvant. » 
The Washington Post

Ici sur Terre du Noir, nous adorons Stephen King et c'est donc avec une impatience non dissimulée que nous attendions ce Carnets noirs, deuxième roman mettant en scène Hodges, après le superbe M. Mercedes. 
J'ôte tout suspens dès à présent : j'ai adoré ce roman. Comme j'avais aimé M. Mercedes l'année dernière. Reprenons rapidement l'histoire : un écrivain génial se fait assassiner par l'un de ses fans. Avec ces comparses, il vole de l'argent et aussi de nombreux carnets (les fameux Moleskine- tiens il faudrait que je m'en offre un !) dans lesquels Rothstein a écrit la suite (inédite donc) des aventures de Jimmy Gold. 
Pas de pot pour Bellamy, sitôt son forfait accompli, il fait le con et viole une femme, ce qui l'envoie direct à l'ombre pour trente ans. Auparavant, il avait pris soin de planquer l'argent et les carnets dans une malle enterrée derrière chez lui. Tout ça se passe en 1978. 
Parallèlement, en 2014, un gamin trouve la malle. Le père de celui-ci a été blessé par le tueur à la Mercedes (premier lien). Il a perdu son job et a donc besoin d'argent. La suite, vous la lirez...
Evidemment, on pense tout de suite à Misery et La part des ténèbres dans lesquels Stephen King évoquait déjà les relations entre un auteur et ses lecteurs, voire même entre un personnage de fiction et un lecteur. On se rappelle forcément de Annie Wilkes qui recueille, soigne puis kidnappe et torture son auteur favori Paul Sheldon. Dans carnets noirs, le point de départ est le même mais là s'arrête la comparaison. 
Carnets noirs est un polar bien mené. Dans la première partie, on navigue entre 1978 avec Morris Bellamy et ses (més)aventures. L'auteur plante le décor, prend son temps pour nous présenter les protagonistes et on sent que les deux récits vont se rejoindre. 
Dans la seconde partie, l'auteur écrit au présent. Le récit se passe en 2014. Bill et ses comparses apparaissent : Jérôme l'étudiant black et Holly, autiste asperger ultra efficace et attachante. D'ailleurs la meilleure copine de Barbara, soeur de Jérôme, n'est autre que la soeur de Peter, le gamin qui a trouvé la malle (deuxième lien) : euh, vous avez suivi ? 
Peter est dans la mouise après avoir voulu vendre les carnets. Donc, il va demander de l'aide à Bill et son équipe. 
Bellamy est un personnage ambigu : il est capable du meilleur comme du pire. Amoureux de la littérature et complètement obsédé par Jimmy Gold, il peut aussi tomber dans l'ultra violence et une sauvagerie animale. Peter est-il son miroir ? L'obsession mène t-elle toujours à une certaine forme de violence ? de transgression des règles ? Voilà deux des nombreuses questions que posent ce roman. 
Je trouve juste dommage que la deuxième partie ne soit pas plus longue. Bill et les siens font une brève apparition, ça va trop vite et j'aurais aimé les voir plus longtemps. Peut-être dans le troisième livre prévu l'année prochaine. 


1 commentaire:

  1. Je viens tout juste de le terminer, et j'avoue que je suis plutôt mitigée. Autant j'ai adoré "Mr Mercedes", autant celui-ci m'a quand même laissée sur ma faim. Comme vous le dites, Hodges & Cie sont un peu transparents, voire quasiment inactifs, se contentant d'intervenir dans la scène finale. C'est un peu maigrichon lorsqu'on présente ça aux lecteurs comme "les aventures de Bill Hodges". J'ai également été assez étonnée de voir une grosse ressemblance avec "Misery" dans le dénouement : la fin est pratiquement la même, à peu de choses près (des manuscrits, de l'essence, la mort de Bellamy ...). J'ai trouvé assez dommage que la chute ne se renouvelle pas plus, alors que j'avais globalement bien aimé la première partie.
    Cela dit, je suis impatiente de découvrir le dernier tome, ne serait-ce que pour Brady Hartsfield, qui apparaît comme un légume, mais semble jouer la comédie ou être doté de dons étranges (au choix, même si je penche plutôt pour la première solution, étant donné que le récit s'ancre dans un univers très réaliste). Ne reste plus qu'à voir Hodges replacé sur le devant de la scène, ce serait quand même la moindre des choses pour boucler la boucle. Affaire à suivre, donc.

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