mardi 22 mars 2016

Le visage de Satan, Florent Marotta, Taurnada éditions

Un hurlement. Là, quelque part, qui se répercutait sur les murs poisseux et humides de la pièce. L'endroit ressemblait davantage à une cave avec ses murs bruts et ses parois voûtées. Puis un râle d'agonie s'étouffa, comme si même la mort prenait plaisir à attendre. L'homme pendait comme une vulgaire carcasse de viande accrochée à une esse de boucher. Son visage n'était que souffrance, rictus d'agonie et d'abomination. « Faites que je meure », implora-t-il en silence.



Sur Terre du noir, nous souhaitons mettre aussi en valeur les petites maisons d'éditions et les auteurs peu connus qui nous semblent prometteurs. 
Florent Marotta et les éditions Taurnada entrent donc dans cet objectif. 
J'ai donc commencé ce roman sans grand enthousiasme à la lecture du pitch. Personnellement, je ne suis pas en phase avec les tortures, les messes noires, l'adoration de Satan et tout le folklore qui tourne autour. Et pourtant, je me suis laissé prendre au jeu car l'auteur a réussi à me faire oublier le noeud de l'intrigue grâce à des personnages subtilement travaillés. 
Prenons Gino Paradio, personnage central. Ancien flic marié porté sur la bouteille, devenu détective abstinent et célibataire il tente de se reconstruire. cependant, Il plane toujours au-dessus de lui un autre drame familial dont la vengeance le maintient en vie. On pourrait croire alors que Gino en veut à tout le monde, qu'il broie du noir seul dans son bureau sombre, qu'il déteste les gens. Point du tout. On découvrira au fil de l'enquête un détective tenace parfois agaçant pour les autres qui a beaucoup d'humanité et qui se pose de nombreuses questions sur lui-même. Surtout avec l'arrivée d'un second personnage, Morgane. 
Pour elle aussi, l'auteur aurait pu tomber dans les stéréotypes faciles mais il réussit à dresser un personnage plutôt attachant, sensible et humaine et qui comprend bien les préoccupations de Gino. 
Alors certes parfois, le lecteur pourra trouver quelques clichés (les messes noires qui se transforment en orgie, procédé également utilisé par J.C Grangé dans Lontano) mais ceux-ci ne gênent pas la lecture. En même temps, je ne sais pas si on peut éviter cet écueil quand on traite ce genre de sujet. 
Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus à commencer par Arthy ou encore la "veuve éplorée" qui ont chacun leur lot de mystères. 
L'intrigue, j'ai dit plus haut que l'auteur avait réussi à me la faire oublier, et c'est vrai que je n'ai pas vraiment accroché aux motivations du tueur mais qu'importe, j'ai passé un bon moment en compagnie de Gino que j'espère revoir.
Ce roman est disponible en format papier ou en e-book aux éditions Taurnada. 
N'hésitez pas à jeter un oeil sur leur catalogue ici :

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