samedi 27 février 2016

La route, Cormac Mc Carthy


L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur voyage ?

Né en 1933 dans l’État de Rhode Island, Cormac McCarthy, auteur de nombreux romans plusieurs fois primés, est l’un des écrivains américains les plus importants de sa génération, il est notamment l’auteur de No country for old men, adapté au cinéma par les frères Coen. La plupart de ses livres sont disponibles en Points.

« Ce roman vous étreint dans une émotion d’une intensité rarement atteinte dans la littérature. » Le Point


« La Route » fait partie de ces romans qu’il est difficile de classer tant ils apparaissent différents de tout, dans une catégorie à part. L’histoire est simple : dans un monde post-apocalyptique, poussant un caddie chargé de toutes leurs affaires, un père et son fils traversent le pays en direction de la mer. Pourtant, Cormac McCarthy réussit à donner un intérêt tout au long du livre pour ses deux héros, derniers vestiges d’une humanité qui a disparu de la surface de la Terre. 

Au fil des pages, on s’attache fortement à ce père qui fait tout pour protéger son fils, comme il se l’est promis au moment où l’apocalypse s’est abattue sur le monde. Une nouvelle réalité a alors débuté : les cendres, incendies, ruines, grisaille font partie du quotidien, tout est détruit, abandonné, tout a été pillé…et pourtant, nos deux héros doivent trouver un moyen de survivre tout en traçant leur route en direction de la mer… A première vue, tout cela est bien simpliste, pourtant, McCarthy réussit à transmettre de la peur, une forte empathie du lecteur pour ce père qui fait tout pour que son fils survive et ne souffre pas du monde dans lequel il vit, pour lui transmettre la valeur de la vie, un fils qui n’a jamais connu la vie telle qu’elle était avant l’apocalypse et qui questionne régulièrement son père à ce sujet. Le père et le fils sont les derniers représentants du monde tel que nous le connaissons : à eux deux, ils défendent une certaine vision de la vie, survivre oui, mais sans avoir à faire le mal autour d’eux, sans redevenir une espèce animale privée de conscience morale. Et aussi, toujours regarder devant soi, comme ces routes qu’ils empruntent tout au long du roman, plein d’espoir d’un monde peut-être meilleur au bout de celles-ci. 

Le final du roman est tout aussi puissant que l’écriture de McCarthy, il nous fait réfléchir à notre vision du monde, de la vie, de la condition humaine. Il est également intéressant de voir que tout au long du livre, jamais l’auteur ne nous dira ce qui a été le cause de cette destruction de notre monde, ni même qui étaient réellement nos deux héros avant cela…des éléments qui au final s’avèrent futiles face au message d’espoir et valeurs humaines délivré par McCarthy, ce qui peut paraître paradoxal devant un écrit empli de grisaille, tristesse, solitude… A de nombreuses reprises, l’homme dit à son fils qu’ils portent le feu…en effet, dans ce monde réduit en cendres, où l’Homme en tant que tel est revenu à son état sauvage, lui et son fils sont les derniers soubresauts de lumière, ils sont là pour trouver au bout de la route, un monde meilleur, un monde où l’Humanité qui est la leur pourra être transmise, ils sont les derniers témoins d’une vie qui n’existe plus, une vie qu’ils doivent transmettre afin de permettre une renaissance de l’Humanité telle qu’on la connait. 

Au niveau de l’écriture, je dois reconnaître que ma troisième tentative en quelques années aura – enfin - été la bonne pour venir à bout de ce roman ! Les deux premières fois, je n’avais pas tenu très longtemps, ayant du mal face à l’absence de ponctuation et à ces phrases ‘’taillées à la serpe’’…mais au final, une fois passé le choc des premières dizaines de pages, on se laisse emporté et il devient difficile de lâcher le livre…un livre que j’aurais regretté ne jamais lire tant il est exceptionnel. « La Route » a été adapté au cinéma, un véritable succès que je n’ai jamais vu mais nul doute que je vais prochainement le visionner afin de voir s’il atteint la force que l’on peut ressentir en lisant le texte de Cormac McCarthy.

Ben

2 commentaires:

  1. Salut Ben,
    Tu as très bien résumé ce que je pense aussi de formidable roman dans lequel on peut souligner aussi bien la relation père/fils que voir le côté apocalyptique/survival/espoir que tu soulignes parfaitement. C'est un roman prodigieux et tu as vraiment bien d'insister pour le lire. Le film est aussi exceptionnel. Une énorme tension (à tel point qu'à un moment j'ai du appuyer sur pause car je ne pouvais plus...) et beaucoup d'émotion. Dans certains passages, je n'ai pas retenu mes larmes.

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  2. Concernant la relation entre le père et le fils, elle me fait un peu penser à celle existant dans "La vie est belle" de Roberto Benigni. Durant tout le film, le père fait en sorte de sauver son fils tout en prenant le parti de faire croire à son fils que la vie dans le camp n'est rien d'autre qu'un grand jeu permettant une récompense aux vainqueurs...

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