dimanche 3 janvier 2016

L'enfer de Church Street, Jake Hinkson, Gallmeister


Geoffrey Webb est en train de se faire braquer sur un parking. Et cette situation lui convient bien, il en redemanderait même. À son agresseur, il propose un marché : empocher les trois mille dollars qui se trouvent dans son portefeuille, le dépouiller de tout s’il le faut, en échange de cinq heures de voiture jusqu’à Little Rock, en Arkansas. Webb a besoin de se confesser. Ce braquage et ce pistolet pointé sur lui, il les mérite. Et il est prêt à expliquer pourquoi. 



Voilà un roman que j’ai particulièrement apprécié, le lisant en un seul après-midi. Une fois débutée la lecture, impossible de lâcher ce roman que j’ai trouvé bien ficelé. Tout débute par Geoffrey Webb, un honnête citoyen, qui se fait braquer sur un parking par un homme qui vient de commettre un crime et cherche à fuir. Geoffrey ne cède pas à la panique, au contraire, il propose un marché à son agresseur : cinq heures de trajet jusqu’à l’Arkansas et il lui remettra tout l’argent qu’il souhaite. Débute alors une confession de deux-cent et quelques pages. Un roman noir teinté de nombreuses scènes d’humour grotesque, un Geoffrey, ancien pasteur d’une communauté, qui s’avère en fait être un vrai manipulateur, un être cynique, un salopard de la pire espèce, cela ne nous empêche pourtant pas de nous attacher à son personnage ainsi qu’aux nombreux autres dont il évoquera l’existence au cours de sa confession. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler trop de pans de l’histoire. 

Enfin, un mot sur l’auteur, Jake Hinkson, quarante ans et originaire de l’Arkansas. Elevé au sein d’une famille stricte et très portée sur la religion, il découvre les romans policiers en cachette lors de son adolescence et ces lectures deviennent une véritable passion. Aujourd’hui encore, sa vie est influencée par son enfance : c’est donc sans surprise que son premier roman concerne la vie d’un pasteur et qu’il ne se prive pas pour critiquer non sans humour noir la religion qu’il connaît si bien… ‘’L’enfer de Church Street’’ est son premier roman à être traduit en français (les deux autres qu’il a écrits devraient suivre prochainement) et inaugure la collection Néonoir des éditions Gallmeister. 
Un premier roman qui est une belle réussite, auteur à surveiller lors de ses prochains écrits.

Ben

1 commentaire:

  1. Une lecture originale, un bonne surprise pour ce premier roman au dénouement inattendu.

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