lundi 29 juin 2015

Dernier meurtre avant la fin du monde, Ben H Winters, Super 8

À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir. A Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu'on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s'en tenir à l'évidence et, certain qu'il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête. Hank sait pourtant qu'elle n'a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre. Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d'exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon. Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d'autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s'accroche. Il a un boulot à terminer. Et rien, même l'apocalypse, ne pourra l'empêcher de résoudre son affaire. Sans jamais se départir d'un prodigieux sens de l'intrigue et du suspens, Ben H Winters nous y propose une vision douloureusement convaincante d'un monde proche de l'agonie. Le lecteur est tiraillé par cette interrogation lancinante : que ferions nous, que ferions nous réellement si nos jours étaient comptés.


Les éditions Super 8 nous ont habitué à des romans qui sortaient des sentiers battus et celui-ci avait un résumé qui laissait présager le meilleur. En effet, quoi de plus étrange que de vouloir résoudre un meurtre alors que la fin du monde est proche ? Alors que les principales préoccupations des gens est de vivre leurs rêves avant que tout s'écroule. Intéressant et fort original.
Pourtant ce roman ne tient pas ses promesses. Certes, il se lit vite et le lecteur rentrera facilement dans l'histoire mais il manque quelque chose. Je m'explique. 
Tout d'abord, les personnages : Hank, le personnage principal est un flic chargé d'enquêter sur ce qui semble être de prime abord un nouveau suicide. Envers et contre tout, il va s'acharner à démontrer qu'il s'agit bien d'un meurtre. Premier bémol. Dans une grande partie du roman, même le lecteur se demande bien pourquoi ce Hank continue à foncer tête baissée. Il est contre le légiste, contre son boss même. Il va abandonner ? Eh bien non, il s'acharne alors que tout part en vrille. Désolé mais pour moi, ça ne passe pas. 
Bref, Hank ne m'a pas plu comme personnage principal. Je n'ai ressenti aucune empathie pour lui, encore moins de l'admiration. Un perso pas assez travaillé à mon goût et qui manque d'épaisseur. 
Peter Zell, la victime, aurait peut-être été un type intéressant si l'auteur l'avait davantage sollicité. 
Tout comme la charmante Eddes, trop vite jetée à la fosse. 
Tout comme Nico, la soeur de Hank, qu'on pressent révolutionnaire mais qui ne fait que de brèves apparitions. 
Les collègues flics : Mc Gully et Culverson par exemple ont une personnalité qui aurait pu être riche mais là encore, ce n'est pas suffisant et c'est bien dommage. 
Fenton, le légiste est peut-être la femme qui a le plus de caractère finalement. 

Côté récit : l'intrigue est plutôt bien menée (mis à part le postulat de départ, suicide, pas suicide ?) et j'ai tourné les pages avec entrain. Tout se dénoue dans les cinquante dernières jusqu'à une fin ma foi... assez convenue. 

Bref, sentiment plus que mitigé à la lecture de ce livre qui avait les ingrédients pour être grandiose et qui finalement ne tient pas ses promesses. Je suis resté sur ma faim. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire