mercredi 25 mars 2015

Les 3 crimes de West Menphis, Mara Leveritt, L'archipel

West Memphis, petite ville de l’Arkansas. Le 5 mai 1993, trois enfants de 8 ans sont portés disparus. On les retrouve égorgés le lendemain dans un bois dénommé le « nœud du diable ». Ils auraient été tués suite à un rituel satanique.
Très vite, trois adolescents, Damien Echols, Jason Baldwin et Jessie Misskelley sont appréhendés suite au témoignage accablant de deux personnes.
Malgré une enquête bâclée et une absence totale de preuves, Baldwin et Misskelley sont condamnés à la perpétuité, Echols à la peine de mort…
Face aux incohérences du dossier, un détective privé décide de mener sa propre enquête.
En 2011, les accusés sont enfin libérés. En échange de leur remise en liberté, ils ont dû plaider coupable et s’engager à ne pas poursuivre l’État de l’Arkansas pour les dix-huit ans qu’ils ont passés en prison…



 

La journaliste Mara Leveritt s'est lancé dans une grande enquête où elle reprend point par point les détails des trois crimes de West Memphis. Ce n'est donc pas un roman que l'on tient entre les mains mais ce livre se lit comme tel.
L'auteur nous plonge donc dans une sordide affaire de meurtres d'enfants et dans une impitoyable erreur judiciaire que personne ne veut admettre. La police a trouvé des coupables idéaux. Bien. Dès lors, elle va s'acharner à leur construire une culpabilité et à démonter leurs alibis. C'est vicieux mais dans cette Amérique profonde, marquée par le poids de la religion, il FAUT des coupables. Les trois adolescents ont commis des méfaits, l'un est gothique ayant un passé judiciaire et une famille pauvre, un autre est attardé et déscolarisé. Le dernier est plutôt bon élève mais a le malheur d'être un ami du premier. Vous me suivez ? Bref, les inspecteurs de police vont multiplier les erreurs voire les bavures pour leur faire avouer les meurtres, que seul Misskelley avouera (sous la pression) d'ailleurs.
Quand le verdict tombe à l'issue d'un procès sans issue, les sentences sont implacables. Perpétuité pour Misskeley et Baldwin. La peine de mort pour Echols.
Enfermés dans leurs geôles respectives, les "trois de West Memphis" recevront le soutien inattendu de personnalités de la musique (le groupe Metallica ou le chanteur de Pearl Jam) ou du cinéma (Johnny Depp). Si les autorités refusent encore d'ouvrir une nouvelle enquête, les trois accusés sont aujourd'hui libres.
Ce livre est une enquête formidable et effrayante. Mara Leveritt décrit l'impitoyable machine judiciaire américaine qui peut parfois être sans concession et sans remise en question.
A lire aux éditions de l'Archipel.

2 commentaires:

  1. En échange de leur remise en liberté, ils ont dû plaider coupable et s’engager à ne pas poursuivre l’État de l’Arkansas pour les dix-huit ans qu’ils ont passés en prison…===> FOU !

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    1. En effet, ils ont du plaider l'Alford plea, un amendement qui leur permet de sortir de prison mais qui les interdit de porter plainte contre l'état et surtout, surtout, qui les maintient "coupable". Donc pour la loi américaine, ils sont ne sont pas innocents, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur leur avenir et leur vie quotidienne. Et pendant ce temps, le "vrai" meurtrier court toujours. A noter, le livre de Damien Echols sorti aux éditions Ring cette année.

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