mercredi 18 février 2015

L'ouest barbare, Jean-François Coatmeur, Albin Michel

Tout accusait Jérôme de la mort de son beau-père : il a été condamné à vingt ans de réclusion. Mais l'entrée des Allemands en France va changer son destin. En pleine Débacle, il réussit à s'échapper en compagnie d'un codétenu, un criminel endurci. Jérôme n'a qu'une idée en tête, rejoindre son village près de Douarnenez pour revoir sa femme avant de tenter de rejoindre l'Angleterre. Au fil de leur cavale, les deux hommes se lient d'amitié, se confient leurs secrets. Mais leur arrivée à Pouldavid ne va pas faire que des heureux...
Personnage ambigus, atmosphère oppressante, piège machiavélique... Jean-François Coatmeur n'a pas son pareil pour sonder les abysses de l'âme humaine. Un grand suspense psychologique avec en toile de fond une des pages les plus noires de notre Histoire.


Autant le dire tout de suite, je risque de manquer d'objectivité dans cette chronique tant cet auteur m'embarque dans son univers.
Publié en 2012, ce roman est pour l'instant le dernier écrit par un des piliers de la collection suspense des éditions Albin Michel. 
Jean-François Coatmeur nous entraîne dans son Pouldavid des années 40. C'est la première fois dans toute son oeuvre qu'il situe son intrigue dans son village natal (disparu depuis). Tous les ingrédients qui ont fait le succès de cet auteur sont réunis ici et sans trop en dévoiler on peut citer un vrac les relations familiales (forcément compliquées), le poids de la culpabilité, les entourloupes, les non-dits et les rumeurs qui font le pain quotidien des villages reculés. Surtout en ces temps de guerre où Jérôme par un malheureux concours de circonstance est accusé du meurtre de son beau-père. Lui qui avait pourtant un excellent mobile est-il si innocent qu'il le prétend ? 
Il prend 20 ans de prison mais à la faveur d'un bombardement, il se retrouve en liberté au milieu du pays en compagnie d'un vrai criminel. Les deux acolytes vont donc traverser la France pour retrouver la Bretagne chère à Jérôme. Ce dernier veut revoir son épouse avant de s'exiler en Angleterre. 

Un roman qui se dévore du début à la fin. Les personnages sont finement travaillés. l'intrigue quant à elle sans être des plus originales est taillée à la serpe. Coatmeur fait à nouveau preuve d'une extrême habileté à transporter le lecteur, à le perdre dans les méandres retors de l'humain. Et tout ça dans le contexte de la fin de la seconde guerre mondiale où de milliers de personnes fuyant l'ennemi errent sur les routes. 
Bref, encore une belle réussite pour Jean-François Coatmeur. 
Vite ! On attend le prochain !

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