vendredi 14 novembre 2014

Le grand ménage du tueur à gages, Hallgrimur Helgason, Presses de la cité

Balles perdues, cavalcade et accents imprononçables : le voyage d'un tueur à gages en Islande, un pays où l'été est comme un réfrigérateur laissé ouvert, lumineux mais vraiment pas chaud !Avec soixante-six victimes et aucune balle perdue à son actif, Tomislav Boksic, alias Toxic pour ses camarades de la mafia croate, est le meilleur tueur à gages de New York. Malheureusement, quand il s'avère que sa dernière cible appartenait au FBI, il doit fuir les Etats-Unis. Après avoir usurpé l'identité de Father Friendly, un célèbre télévangéliste qu'il a mortellement assommé dans les toilettes de l'aéroport, Toxic embarque malgré lui pour l'Islande.

Là-bas, Father Friendly est accueilli comme le Messie... pour prêcher la bonne parole à la télévision ! Bien vite, Toxic s'habitue à ce pays si étrange et à ses habitants aux noms imprononçables. Mais le chemin vers la rédemption sera long, car tout le monde n'est pas prêt à passer l'éponge sur ses antécédents sanglants...

Un roman à l'humour décapant et à la verve provocatrice, sur les forces du bien, du mal, et de la destinée humaine.





Un titre cocasse, une couverture originale et étonnante, un pitch engageant pour un roman islandais rafraîchissant. Il faut dire que la situation de départ même si elle paraît banale (un tueur à gages qui prend le large pour se mettre au vert) dérive bien vite vers d'autres contrées. Et c'est en Islande que notre tueur se retrouve et par un malencontreux hasard, se voit contraint de jouer le Messie dans une communauté religieuse des plus surprenantes. Vite démasqué, il est ensuite pris en charge par les membres d'une congrégation aux méthodes non conventionnelles pour ramener les brebis égarées. 
Notre héros, donc, un tueur sans pitié, venu de l'ex-Yougoslavie s'avère être un personnages plutôt rigolo même s'il s'en défend. Il rencontre une panoplie de personnages tous plus profonds les uns que les autres et dont il ne parvient pas à prononcer les prénoms autrement que par des sonorités : Au-lit ; Hill-Gun, Torture, God-mon-Dur ou Tristeure.
Là sur cette île perdue au milieu de l'océan, il va trouver la rédemption et l'amour jusqu'au chapitre final où il est rattrapé par ses démons. 
"Le grand ménage du tueur à gages" est un roman intéressant et passionnant avec beaucoup d'humour mais pas seulement. J'ai aussi apprécié les passages sur la guerre en Yougoslavie, très émouvants par ailleurs et beaucoup plus parlants et percutants qu'un témoignage ordinaire sur ces terribles événements. 
Bref, une très bonne surprise de cette fin d'année 2014.
Disponible aux éditions Presse de la Cité.  


2 commentaires:

  1. je ne l'avais pas repéré celui là dans la profusion des titres parus ces derniers temps. Si tu me dis que l'humour s'acoquine à une histoire bien barrée, il se pourrait bien que ce titre m'interesse ! Par contre le gars va avoir du mal à se faire un nom chez nous ! :) Amitiés

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    1. hello, la Petite souris,
      Merci pour ton commentaire. Eh bien, si j'ai pu susciter une envie de lecture pour ce livre, j'en suis bien content. Effectivement, c'est un roman qui est passé plutôt inaperçu et dont le nom de l'auteur est imprononçable, en revanche il vaut vraiment le coup d'être lu. Je le répète mais pour moi, c'est une véritable découverte.

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