lundi 21 juillet 2014

La nuit Mac Orlan, Briac, Arnaud le Goëfflec, Sixto

Marin arrive à Brest pour y rencontrer un bouquiniste qui posséderait un manuscrit inédit de Pierre Mac Orlan, l'auteur du célèbre "Le quai des brumes". Bientôt, il se retrouve en cavale dans la nuit brestoise, traqué par la police, cherchant à reconstituer les morceaux d'un puzzle diabolique. 


Zoom sur une BD. J'avais découvert le dessinateur Briac grâce à Armen, publiée en 2008 aux éditions Télégramme. Aujourd'hui, c'est avec "La nuit Mac Orlan" que je poursuis mon exploration.
Briac s'est associé à Arnaud Le Gouëfflec pour créer ce one-shot singulier et sombre.
L'histoire ? Marin est un éternel thésard qui traîne pour finir son travail sur l'écrivain Mac Orlan. Un jour, il est appelé par un bouquiniste de Brest qui prétend être en possession d'un manuscrit inconnu de Mac Orlan. Piqué au vif, Marin s'en va donc à Brest rencontrer ce curieux bonhomme mais sitôt arrivé, il est assommé.
Je n'en dirai pas plus et laisserai au lecteur la joie de découvrir la fin de ce récit.
Je ne suis pas connaisseur ni de BD ni de Mac Orlan. Cependant, ce livre est passionnant. Le récit se déroule en une nuit qui paraît ne jamais finir. D'ailleurs, Marin ne demande t-il pas : "Il fait toujours nuit dans cette ville ?"
Le scénario de Le Gouëfflec est précis et sans fioriture. Les discours touchent toujours au but :

"- Il est mort ?
- Sûrement plus que nous..."

Je dois avouer que celle-là, j'ai adoré !
Tout au long du récit, on navigue entre le réel et le fantastique, ne sachant pas vraiment lequel va prendre le dessus sur l'autre. Comme pour perdre aussi le lecteur dans cet univers bien particulier. Je suppose que les amateurs de Mac Orlan prendront beaucoup de plaisir à la lecture de cette "nuit" mais les novices, comme moi, ne sont pas en reste également.
Le dessin. Parlons du dessin maintenant. Je vous l'ai dit plus haut, j'avais découvert le style de Briac avec Armen, l'histoire du célèbre phare breton pendant la seconde guerre mondiale m'avait accroché. Plus encore, les dessins de l'artiste. Comme pour les tableaux de maître, je préfère nettement les styles dépouillés que les reproductions parfaites d'un personnage ou d'un paysage. Et avec Briac, je suis servi ! Tout comme le scénario, le dessin ne s'encombre pas de détail. Décors et personnages sont dépouillés mais cela confère à la BD une force et une originalité certaine. Certaine planche de la BD pourraient aisément trouver leur place sur un mur tant elles ressemblent à des tableaux.
Quelque chose qui est facilement identifiable et ça, c'est plutôt une excellente chose dans un monde où la tendance est plutôt à l'uniformité et l'aseptisation de tout ce qui nous entoure. Enfin deux auteurs qui osent prendre la tangente pour s'éclater dans ce qu'ils font !
Ah oui, avant de finir : Les personnages sont très bien travaillés. Aussi bien au niveau de l'écriture que du dessin. Ce sont de VRAIS personnages, avec un vrai physique chacun, une vraie personnalité et ça s'est typique d'un bon roman noir.
Enfin, le clin d'oeil de la dernière planche est génial.
"La nuit Mac Orlan" est disponible auprès des éditions Sixto.

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