mardi 27 août 2013

Animaux solitaires, Bruce Holbert, Gallmeister.

Comté de l'Okanogan, État de Washington, 1932. Russel Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d’un tueur laissant dans son sillage des cadavres d'Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l'entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l'Ouest, là où les hommes qui n'ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n'a pas encore eu raison de la barbarie.  De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d'une vie qu'il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille.

    À l'instar des romans de Charles Portis ou de Cormac McCarthy, Animaux solitaires mêle avec brio les codes du western et ceux des plus grands romans noirs. Un premier roman remarquable dont on ne pourra oublier le héros mélancolique  qui rêve d'imposer la justice aux confins de la civilisation. Quel que soit le prix à payer.



Chouette, je me suis dit en lisant le 4ème de couverture et en découvrant les commentaires élogieux associés. "Un premier roman poignant et incandescent"; " Un premier roman captivant et une fable morale brûlante" nous dit The Seattle Times ! C'est dire si ce livre me démangeait. Et quelle ne fut pas ma surprise à sa lecture. Dès les premières pages, l'auteur nous emmène dans son univers. Les grands espaces du nord des Etats-Unis, pas très loin se trouve la frontière canadienne, ses indiens, ses mœurs -parfois sauvages et barbares.

Nous sommes en 1932 mais on a l'impression d'être plutôt en 1822 tellement la contrée est reculée, semble loin des préoccupations qui agitent le reste du monde. Et pourtant, les répercussions ne tardent pas à venir.
Comme le dit le résumé, on retrouve du Cormac McCarthy chez Holbert dans un savoureux mélange de romans noirs et de westerns. On pourrait aussi ajouter qu'il y a du Tony Hillerman chez Holbert tant l'analyse des personnages, des différentes tribus et de leurs coutumes est fine et subtile. Dans la construction du récit aussi. Pas de boum boum ! à toutes les pages mais une lenteur excessive propice à la (re)découverte du monde qui entoure les personnages du roman.
Tiens parlons-en des personnages ! Il y a d'abord Russel Straw, le héros pas vraiment sympathique et pas du tout gentil. Il reprend pour un temps son "costume" de policier afin d'enquêter sur une série de meurtres barbares. Il semble le mieux armé pour découvrir le meurtrier pourtant personne ne lui fait confiance, tout le monde a une dent contre lui et ne pense qu'à une chose : le faire tomber six pieds sous terre.
Il y a aussi Elijah, son fils adoptif, un peu chaman, un peu sorcier sur les bords. Qui part et qui vient. Qui a dilapidé l'argent de la vente du ranch de son père ! C'est moral, ça ? Et qui retrouve Russel dans son enquête.
Il y aussi les Woo, Jacob, Warren sans oublier les cheveaux Stick et Baal qui jouent un grand rôle.
Tous ces hommes et femmes vivent dans un monde dur et violent.

Animaux solitaires est un grand roman mais dont la lecture est parfois ardu. Il ne se lit pas forcément d'une traite. Il faut être concentré, prendre son temps car il est très riche.
Bref, un excellent premier roman et un auteur à surveiller de près !
Disponible dès aujourd'hui ici :

http://www.gallmeister.fr/livre?livre_id=561

3 commentaires:

  1. J'ai bien aimé aussi mais j'ai trouvé que c'était excessivement descriptif par moment. Certains comportements (notamment celui de Strawl) sont aussi très étonnants si bien que parfois j'ai eu du mal à trouver ça crédible encore que de tels comportements sont imaginables (c'est du ressenti).

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  2. Vous avez raison : les actes de Strawl sont parfois imprévisibles et violents (notamment dans les premières pages). Ceux de son fils et de quelques autres personnages le sont tout autant et cela surprend forcément le lecteur.
    Les descriptions sont parfois longues et peuvent déconcerter, c'est vrai. Mais elles font partie, je pense, d'un schéma narratif que l'on peut retrouver dans d'autres "polar-western" avec des auteurs comme Tony Hillerman chez qui le paysage est un personnage à part entière. Il n'en reste que "Animaux solitaires" est un excellent roman !

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  3. Le lecteur tétanisé dans son fauteuil, se gorge de ce récit le portant inéluctablement par delà le Bien et le Mal, heureux d’être enfin brutalisé par un auteur écrivant avec du sang et des trippes, mais anéanti devant tant de noirceur. Un polar dans un décor de western sur lequel plane l’ombre de Nietzsche…

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