mardi 2 avril 2013

Road Tripes, Sébastien Gendron, Albin Michel.


ROAD TRIPES, Sébastien Gendron


« Aujourd’hui encore, je ne sais pas pourquoi je suis monté dans cette voiture. Sans doute parce qu’un autre que moi en avait décidé ainsi. Je sais juste que la portière s’est ouverte, la portière s’est refermée. Entre les deux, j’ai eu le temps de m’asseoir et de boucler ma ceinture. »

Quand deux paumés décident de jouer aux cow-boys sur des routes où les pompes à essence ont remplacé les Indiens, cela donne une course folle et déjantée entre Bordeaux et Montélimar, soient 4000 kilomètres en dents de scie à manger des sardines à l’huile et des gâteaux secs, à foutre le feu aux forêts et à vider un fusil pour secouer le décor… Un polar délirant signé Sébastien Gendron, dans la lignée de Donald Westlake, Joe R. Lansdale et Christopher Moore.

 

C'est vrai que le quatrième de couverture donne furieusement envie ! Quelles références : Westlake, Lansdale et Moore ! Rien que ça !!! Eh bien, espérons que Sébastien Gendron tienne promesse dans les quelques 285 pages de ce nouveau roman. La barre est haute et l'attente du lecteur tout aussi.
Donc, c'est avec une impatience que j'ai ouvert ce livre (au demeurant bel objet. La couverture est superbe, les couleurs frappent et la texture en relief du titre est très agréable.) et entamé la lecture de Road Movie littéraire.
J'ai embarqué avec Vincent et Carell, deux complices improbables, dans cette aventure entre Bordeaux et Montélimar qu'ils atteindront après moult détours. L'un est posé et réfléchi, cultivé et paumé. L'autre est dézingué et impulsif, barbare et... paumé également. L'un ne sait pas où il va et suit le second qui ne le sait pas non plus, d'ailleurs. Ils avancent en volant des voitures et des cartes bleues. Ils dorment dans leur véhicule ou dans des hôtels, se font pourchasser par un gourou furieux qui pense qu'une planète mystérieuse se cache au fond de notre système solaire et qui va provoquer la fin du monde.
Tout au long de ce récit épique, les deux protagonistes vont rencontrer de nombreuses personnes aussi déjantées les unes que les autres.
Parfois on rigole et à d'autres moments on grince des dents et on sert les poings. C'est âpre et dur, bourré d'humour et d'action.
Revenons sur le titre qui se veut, bien évidemment, un jeu de mot. Trip signifie voyage en anglais. Ici, Sébastien Gendron y adjoint un E et un S pour bien montrer que le voyage sur la route de ces deux loosers, ils le sortent avec leurs tripes. Ils donnent tout ce qu'ils ont dans le ventre pour atteindre leur but. Mais lequel ?
L'écriture de Gendron, eh bien en effet, on peut la comparer à celle d'un Westlake ou d'un Lansdale. C'est beau et poétique, cru mais dénué de vulgarité. Comme ce passage que je ne peux m'empêcher de noter une partie :

"Pourquoi t'es moche, hein ?Carell, pourquoi elle est moche, tu peux me dire ? Pourquoi on croise que des thons depuis qu'on est partis ? Ouais, désolé mademoiselle, mais c'est vrai : vous êtes pas la première."

Bref, vous l'aurez compris, ce livre à paraître demain chez Albin Michel est un vrai coup de cœur. Une pure merveille que j'ai dévorée en 2 jours.
Souhaitons à Sébastien Gendron une belle et longue carrière !

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