mercredi 12 décembre 2012

Harpicide, Michel Vigneron, L'atelier Mosesu



Ancien légionnaire, Luc Mandoline, l'Embaumeur, est appelé en Guyane pour enterrer un camarade tombé sous les balles. La mission va tourner à l'expédition commando sur les sites d'orpaillage. En pleine jungle amazonienne, l'ennemi n'est pas toujours celui auquel on pense... Un retour aux sources violent et douloureux.

Premier d'une (longue) série de polars écrits par des auteurs différents, Harpicide vient d'être commis par Michel Vigneron, policier de son état mais pas novice en matière d'écriture : Maryline de Boulogne, Boulogne K ou encore le puits de la perversion ont été publiés chez Ravet-Anceau. On peut noter également qu'il a signé une superbe nouvelle dans le recueil les auteurs du noir face à la différence.
Ce roman inaugure donc une série mettant en scène Luc Mandoline l'embaumeur. Le personnage est assez singulier pour le souligner car, à la manière d'un Michel Klein parcourant les écoles primaires du pays sur sa moto dans l'instit', Luc vadrouille au gré des envies de ses différents auteurs pour des missions les plus délicates les unes que les autres.
Michel Vigneron le transporte en Guyane dont la "plupart des gens pensent, qu'elle est un caillou hostile au milieu de l'océan."
Dans cette enquête, le lecteur va faire connaissance avec Luc, Sullivan, son ami et Elisa, sa meilleure amie, son alter ego. Tous trois vont devoir démêler une sombre histoire d'exécution d'un légionnaire lors d'une expédition sur un site illégal d'orpaillage.
L'aventure est dangereuse dans ce no man's land que représente la forêt. Ici, les codes, les lois ne sont plus les mêmes et un meurtre peut être vite dissimulé, vite oublié et le coupable vite tranquille : "Quand t'es en forêt, loin de tout, tu peux te permettre beaucoup de choses, arranger le droit comme bon te semble sans risque de te faire piquer."
L'intrigue est simple mais l'écriture de Michel Vigneron n'est pas dénuée de violence, de sexe, d'alcool qu'il distille habilement avec une pointe d'humour qui fait du bien dans ce pays où la touffeur, la moiteur et l'humidité ramollit les crânes mais ne ralentit pas les muscles et les mitraillettes.
Morceaux choisis que le fantôme du capitaine Haddock aurait sans nul doute appréciés :
- Espèce d'abruti consanguin !
- Tu n'es qu'une merde infecte ! Enfoiré de toxico  !
- Regarde-moi cette merde sans fierté !

Vous l'aurez compris, ce livre est une pépite à lire sans modération. D'autres titres sont déjà dans les tuyaux : notons l'arrivée en 2013 du deuxième opus signé Hervé Sard : Ainsi fut-il.
Je souhaite aussi à Sébastien Mousse, l'éditeur et le créateur de Luc Mandoline, une grande réussite pour l'Embaumeur.


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