mardi 20 novembre 2012

La veillée des ombres, Yann Tatibouët, Coop Breizh



1897, Bretagne, la fine fleur des conteurs doit se réunir dans le plus grand secret pour une joute orale.
Chim marche d'un bon pas vers le lieu du rendez-vous, convaincu d'emporter le titre de maître diseur. Une certitude qui lui en ferait presque oublier les motivations personnelles qui le mènent aussi à Kersabat, une ferme de Carnac : se faire reconnaître, demander réparation et récupérer son dû.
Il n'arrivera jamais à destination, assassiné en chemin.
Le capitaine chargé de l'enquête ne manque pas de suspects : les conteurs aux âmes lourdes de secrets, ou Maela la maîtresse de maison. Pour confondre le coupable, malgré l'hostilité ambiante, il décide de participer à la veillée.
Au matin, Dieu reconnaîtra les siens, à moins que le diable ne les emporte tous.

Petit dernier d'un auteur dont j'ai déjà eu l'occasion de parler en ce lieu. Mi-polar, mi-roman ethnologique, Yann Tatibouët  continue son exploration de la Bretagne à travers sa population, ses mœurs, ses traditions. Ce roman construit habilement se déroule en une nuit pendant laquelle chaque conteur en compétition va rivaliser d'imagination pour gagner le titre honorifique et très prisé de maître diseur.
Les discours des personnages sont donc entrecoupés de contes et de récits dont certains sont même inventés par l'auteur. Inutile de préciser que ces récits qu'on lisait au coin du feu dans les veillées bretonnes sont drôles, cyniques et truculents. Parfois violent et sombre comme peut l'être la société armoricaine dans laquelle la mort rôde.
La veillée des ombres est un roman habile, fin, intelligemment écrit et passionnant. Il a été également lauréat du Prix de littérature 2012 du Lions Clubs International.
Il est disponible aux éditions des Montagnes Noires et trouvera aisément sa place près de la cheminée.

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